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La monétisation des contenus musicaux dans l'espace numérique: la téléphonie mobile

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par Paméla MICHEL
Paris IV Sorbonne - Master 2 Administration et gestion de la musique 2009
  

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2.1.3 Téléchargement et interopérabilité dans la téléphonie mobile

À l'heure des échanges d'une technologie qui rend infinie les possibilités de partage, de nombreux acteurs se sont positionnés dans le marché de la musique en élaborant des sites Internet qui ont pour capacité de permettre le téléchargement légal d'oeuvres à travers la notion d'interopérabilité afin de développer l'offre et l'engouement des consommateurs. Car comme nous l'avons vu plus haut, les DRM ont pendant longtemps détourné les usagers vers des services «peer to peer» illégaux parce qu'ils présentaient avant tout une facilité d'utilisation du contenu.

Depuis le premier trimestre 2009, les industries de la musique et les constructeurs se sont mis enfin d'accord pour ouvrir le catalogue à un usage simplifié et libre dans son utilisation. Observons à présent quels sont les modèles économiques qui tentent de franchir le cap de l'interopérabilité entre Internet et la téléphonie mobile.

Notons que déjà en 2007 la plateforme musicale MusicStation, avait franchit un pas dans la gestion des DRM. Cette plateforme de téléchargement de musique a été conçu pour le téléphone mobile.

«Au-delà d'un accès sans limites aux catalogues, notamment Universal Music, MusicStation permettra de stocker ses morceaux favoris sur la carte mémoire de son téléphone dernière génération. Et pour les plus accros, et plus fortunés à près de 4 €/mois quand même, il sera possible de transférer la musique de son mobile vers un ordinateur personnel sans restriction par la DRM (Digital Right Management). Si les forfaits de MusicStation semblent élevés, ils ont l'avantage d'autoriser un usage illimité dans le temps des titres téléchargés, sans limites de supports en passant du mobile à l'ordinateur113(*)».

La Major Universal Music a alors décidé d'assouplir sa position sur la question des droits d'usage. Cette stratégie s'ancre dans la volonté de proposer une offre facile d'usage pour le consommateur tenté par le piratage.

Pour développer le marché, les exploitants de produits musicaux et les sociétés détentrices des droits doivent travailler en meilleure concertation pour conjuguer leurs savoir-faire respectifs et développer, dans une coopération la conception de produits associés à un Marketing innovant. Les conditions de cession des droits doivent être également aménagées pour prendre en compte la réalité économique du marché, et permettre une meilleure répartition de la valeur.

Les droits pourraient être différenciés suivant les titres, en faisant, par exemple des conditions plus attractives sur les titres du fonds de catalogue. Ceci permettrait notamment d'encourager la diversité musicale en rémunérant mieux les efforts Marketing faits sur les fonds de catalogue, alors même que le faible espace disponible sur l'écran d'un téléphone mobile privilégie les titres du Top 50.

«De cette façon, les acteurs de la distribution de produits musicaux sur les mobiles doivent s'entendre pour aménager ensemble et dans la concertation, la construction des produits que le marché attend ainsi que les conditions d'achat de droits plus attractives et mieux adaptées.114(*)

Observons de plus près les offres des opérateurs en rapport avec les questions d'interopérabilité :

Orange

«Orange annonce le lancement d'une nouvelle offre permettant à ses clients Internet haut débit et mobiles de télécharger 500 musiques par mois, musiques qui seront acquises de façon définitive.115(*)»

Musique MAX116(*) est un service de téléchargement de musique proposé par Orange présent sur Internet. L'option Musique Max donne droit aux téléchargements sur PC pour les abonnés Orange Haut Débit et aux téléchargements sur PC et mobiles pour les abonnés Origami.

Le service permet de télécharger de façon illimitée sur ordinateur et mobile plus d'un million de titres musicaux en provenance des Majors : Universal music, Sony BMG, Warner, EMI mais aussi deux labels indépendants Believe et Scorpio Music.

L'offre de téléchargement en illimité donne accès à un catalogue de 500 000 chansons pour 12€/mois sans engagement, sur téléphone portable ou sur votre ordinateur. L'offre est disponible pour 12€/mois sans engagement et accessible aux forfaits Orange Haut Débit (ADSL, ReADSL et Fibre) et aux forfaits Origami.

Le catalogue est disponible depuis le logiciel Orange Media player pour un accès depuis un mobile, et afin d'assurer la synchronisation avec les PC, les baladeurs et les téléphones mobiles, la lecture des contenus, requiert l'utilisation de Windows Media Player. «Orange précise dans son communiqué que tous les titres téléchargés dans le cadre de l'offre musique max pourront être conservés à vie et transférés vers différents supports numériques (baladeurs et mobiles compatibles117(*)».

Cependant, notons que le téléchargement et la lecture des fichiers ne sont compatibles qu'avec Windows Media Player et exclu les autres logiciels de lecture. Il y a ici un problème d'interopérabilité technique. Aussi, Le format et les DRM utilisés rendent les fichiers téléchargés incompatibles avec Mac et Linux et limitent le téléchargement à 5 PC et 5 baladeurs numériques.

SFR

Fin 2007, l'opérateur de téléphonie mobile SFR a lancé une offre de téléchargement de musique sans verrous numériques (DRM). L'offre concernait en exclusivité le catalogue d' EMI, avec 200.000 titres vendus au tarif imposé par EMI de 1,29 euros par titre contre 0,99 euro actuellement.

«C'est la première fois qu'un opérateur mobile annonce ainsi le retrait des DRM sur une offre musicale. L'opération est d'autant plus remarquable que la musique mobile est vue d'ordinaire comme une vache à lait par l'industrie du disque, et les DRM sont généralement mieux acceptés par les consommateurs mobiles que par les internautes. Elle va aussi permettre pour la première fois de télécharger de la musique directement sur un téléphone portable en 3G et de transférer cette musique sur un PC, un Mac ou un baladeur MP3 sans surcoût ni contrainte118(*)

« Le format MP3 est reconnu désormais par la quasi totalité des téléphones du marché, alors qu'il existe plusieurs normes de DRM mobiles qui s'affrontent, notamment celle de l'OMA (Open Mobile Alliance) et le Windows Media de Microsoft. Avant d'achever la transaction, SFR doit donc pour le moment demander au client le type de mobile qu'il possède pour vérifier la norme de DRM reconnue, et accepter ou non la transaction en fonction de son propre support du format client. Un calvaire avec toutes les chances de voir de nombreux clients fuir ou ne pas revenir»

En 2009, SFR qui revendique la position de 1ère plateforme de téléchargement de musique sur mobile a annoncé que sa plateforme musicale sur mobile a enregistré plus de 10 millions de titres téléchargés en 2008, soit une progression annuelle de 60%, a indiqué l'opérateur dans le cadre du Marché international du disque (MIDEM) qui se tenait à Cannes en janvier 2009 119(*).

Vodafone

Vodafone120(*) qui se positionne comme le premier opérateur mondial de téléphonie mobile a lancé en 2009 un service de téléchargement musical dépourvu de verrous numériques et pouvant potentiellement fonctionner avec n'importe quel baladeur du marché. En effet, l'opérateur a affirmé que les morceaux proposés au téléchargement seraient écoutables aussi bien sur un téléphone mobile que sur un ordinateur ou un baladeur numérique. Vodafone se place alors comme précurseur dans la nouvelle ère qui met fin aux conditions d'utilisation restrictives pour les consommateurs.

La firme a signé des accords avec les maisons de disques du groupe Universal Music Group, Sony Music Entertainment et EMI Music pour proposer des titres libérés de tout DRM.

«Cet accord intervient au moment où les groupes de téléphonie cherchent à se diversifier en proposant de nouveaux services destinés à accroître la fidélisation de leurs utilisateurs, alors que l'industrie musicale de son côté est confrontée à une baisse de revenus liée au piratage sur Internet121(*) ».

L'industrie de la musique avec les DRM avait l'espoir d'une réponse au piratage. Mais l'année 2009 voit tomber ses croyances ainsi que ses verrous numériques. Le constructeur Apple à travers son site Itunes, a été le premier à vendre des titres sans DRM, il a aussi été le premier à fixer un prix de 0,99 euros pour un titre de musique sur sa plateforme. De cette façon Apple, s'est érigé comme leader dans le marché de la musique via les nouvelles technologies. Mais la grande place occupé par Apple est-elle bénéfique pour l'avenir du marché de la musique enregistrée et des nouvelles technologies ?

* 113BENIA Mourad : «Musique sur mobiles : ça bouge» 29/02/2007. youvox.fr.

* 114DEFLINE Jean-Christophe : Les nouveaux formats musicaux mobiles, 5 propositions pour pérenniser et dynamiser le marché. 29 juin 2006. p46. Ed.copilot partners. 26/06/2006.

* 115Dimitri.T : «Orange musique max : 500 musiques pour 12 euros». generation-nt.com 10/06/08.

* 116echosdunet.net : musique max. consulté le 17 avril 2009.

* 117Idem.Dimitri.T

* 118CHAMPEAU Guillaume : «SFR va retirer les DRM de son offre de musique mobile».2 Juillet 2007.numerama.com.

* 119RESEAUX-TELECOMS.NET : «Musique en ligne sur mobiles : SFR annonce 10 millions de téléchargements». 20/01/2009.

* 120Vodafone est un opérateur anglais.

* 121Lepoint.fr : «Vodafone va lancer un service musical sans verrous numériques ».8/05/2009.

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