I.3.2. Revue de la
littérature empirique sur la relation investissement épargne dans
les pays en voie de développement.
Cette section présente les différents
résultats empiriques. Tout d'abord, nous faisons une analyse des
différentes variables étudiées.
Cette étude consiste à faire une analyse des
différentes phases de croissance de la côte d'ivoire de 1965
à 2002. De cette façon, il a été question de mettre
en relation le taux de croissance économique et le taux d'investissement
privé avec l'offre de crédit au cours des différentes
sous périodes.
De nombreuses études empiriques ont cherché
à analyser la contribution du développement financier à la
promotion de la croissance économique par le canal du crédit
(King et levine, 1993 ; De Gregorio et Guidotti ,1995 ; Levine ,
1997 ; Loayza et Beck, 2000 ; Liu et Calderon, 2002). De Gregorio et
Guidotti (1995) établissent sur un panel de 98 pays une relation
positive entre le développement financier et le taux de croissance de
long terme du produit national brut par tête.
Ces auteurs trouvent que le crédit exerce un effet
positif sur l'activité du secteur réel à travers
principalement la productivité de l'investissement plutôt que par
son volume. L'intensité de la causalité est plus forte dans les
économies à faibles revenus que dans ces pays riches.
Levine, Loayza et Beck (2000) analysent un panel de 74
pays développés et en développement et concluent à
l'existence d'une relation positive et significative entre le
développement financier et la croissance.
Plus récemment, Christopoulos et Tsionas (2004) ont
utilisé une analyse de cointegration sur un panel de 10 pays en
développement pour établir une causalité à long
terme allant du développement financier à la croissance.
Certaines études apportent une contradiction quant à la
portée générale de cette causalité. Ainsi, Andersen
et Tarp (2003) ont montré que la relation positive mise en
évidence par Levine, Loayza et beck ne se vérifie plus que
lorsque l'échantillon est réduit aux seuls pays d'Afrique
Subsaharienne et d'Amérique Latine. Ils soulignent aussi que l'analyse
par pays sur séries temporelles ne permet pas d'établir
clairement une causalité allant du développement financier
à la croissance. D'autres inversent le sens de la causalité en
montrant que la croissance du secteur réel entraîne le
développement du système financier. La contribution de Greenwood
et Jovanovic(1990), puis de Lui et Calderon(2002) a été de
montrer que la causalité entre le développement financier et la
croissance joue dans deux sens. La contribution du développement
financier à la promotion de la croissance étant plus forte dans
les pays en développement que dans les pays
industrialisés.
L'analyse en terme de causalité indique que le
crédit du secteur privé n'exerce pas d'influence significative
à la fois sur le taux d'investissement et le taux de croissance par
tête.
Au contraire, c'est la croissance qui stimule le
crédit du secteur privé. Pour élucider cette
incohérence empirique, on a utilisé la notion de la non
linéarité éventuelle dans la relation entre le
crédit, l'investissement et la croissance. Ensuite de cette approche, on
identifié que l'effet du crédit sur le taux d'investissement ne
se manifeste pas sous une forme linéaire mais plutôt à
travers un effet de seuil. Il apparaît aussi une double causalité
entre l'offre de crédit et l'investissement. Toutefois, l'offre de
crédit des banques ne stimule pas le taux de croissance par
tête.
Ces résultats permettent de considérer que
l'impact du crédit sur la croissance économique dépend de
la nature des projets financés par les banques et de la capacité
du secteur privé à innover des projets productifs. C'est donc
l'efficacité, toutefois, en présence d'un rationnement volontaire
du crédit par les banques.
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