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Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga

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par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
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I.4.2.3 Le rôle des pistoletographes

Il s'agit en fait de jeunes adolescents ayant la volonté de se libérer des injustices qui s'abattent sur eux à tout moment. Ils se portent volontaires pour aider Chaïdana à lutter contre le tyran oppresseur qu'est le guide. Aidée par les jeunes pistoletographes qui se chiffrent à plusieurs centaines, Chaïdana peut organiser une « véritable campagne d'écritures » dont l'objet primordial est d'écrire des injures et toutes sortes de menaces sur les murs et les maisons de Yourma. Certains de ces pistoletographes, les moins craintifs sont parvenus à se faufiler chez les grands du régime et à écrire sur leurs maisons et même sur leurs corps. Cette campagne d'écriture est terrible et bien préparée.

« Elle acheta de la peinture noire pour trois millions, engagea un gérant avec fausse mission de revendre la peinture. En réalité, elle organisa une véritable campagne d'écriture. Elle recruta trois mille garçons chargés d'écrire pour la nuit de Noël à toutes les portes de Yourma la célèbre phrase de son père : « je ne veux pas mourir cette mort ». Le beau bataillon de pistoletographes avaient fonctionné à merveille : ils avaient pu écrire la phrase jusqu'au troisième portail des murs du palais excellentiel. Certains d'entre-eux, les plus audacieux sans doute, avaient réussi à écrire la phrase sur le corps de quelques responsables militaires tels que le général Yang, le Colonel Obaltana, le lieutenant Colonel Fursia et bien d'autres. Amedandio disait avoir écrit la phrase sur mille quatre-vingt-dix uniformes [...] Et Amedandio proclamait [...] qu'il écrirait la phrase sur le cul du Guide Providentiel » (V.D. : 44-45).

Ces jeunes pistolétographes s'illustrent également par les tracts dont ne cessent d'inonder les rues de Yourma et où ils jurent de traîner le guide nu dans toute la ville.

Nous voyons donc, en somme, que les guides se heurtent à une résistance bien organisée, menée par Martial qui continue à apparaître sur scène même après sa mort. Le règne de ces guides n'allait pas se terminer en beauté car le pays devait se scinder en deux camps, la Katalamanasie d'un côté et le Darmellia de l'autre.

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