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Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga

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par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
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I.4.3.2 La guerre entre Katalamanasie et son territoire Darmellia

Il faut signaler d'emblée que cette guerre est hâtée par la Katalamanasie qui d'ailleurs va subir des conséquences provoquant beaucoup de pertes en vies humaines et de lourdes pertes matérielles. Cette guerre est sanglante et atroce du côté de la Katalamanasie.

« Ici la guerre ne peut venir que des voisins [...] Nous devons connaître les faiblesses de nos ennemis, évaluer leur force, les connaître le plus profondément possible pour que, si jamais ils nous imposent la guerre, nous répondions en connaissance de cause [...] Des années plus tard, quand Félix attaqua pour la première fois le Darmellia, les théories de Jean Canon prouvèrent leur diabolique efficacité. En quelques heures les mouches de Jean Calcium avaient causé autant de ravages dans le camp ennemi que n'en auraient causé dix années de guerre classique. Les Fusils de la paix avaient attaqué quinze points stratégiques à la même heure dans la même nuit du 12 avril, détruit soixante-trois ponts routiers ou ferrés, bombardé le quartier général de l'armée du Guide Félix, lui-même enlevé et emmené comme otage au Darmellia [...] C'était l'époque où Jean Calcium construisit des mouches d'une capacité de trois cents-douze piqûres. Deux jours après, Félix-ville puait » (V.D. : 167-168).

Cette guerre dont nous parlons entre Katalamanasie et Darmellia est baptisée la guerre de Martial. En effet, les armes de Félix le Tropical combattent à l'arme ordinaire tandis que les adversaires utilisent les mouches qu'ils fabriquent dans leurs industries.

L'armée darmellienne encadrée par Jean Canon appelé « Sergent terrible » inflige beaucoup de défaites à l'armée Katalamanasienne qui, semble-t-il, n'a pas de chef et qui est tout le temps en déroute.

Conclusion partielle

A la fin de ce chapitre, il faut préciser que Sony Labou Tansi, par le biais de La Vie et demie, nous met devant une société où le peuple est ballotté entre la tyrannie des guides et la misère créée par un régime totalitaire dont les autorités gaspillent l'argent de l'Etat pour leurs affaires personnelles et se partagent le patrimoine du peuple.

A écouter ce qui se raconte dans ce roman et les objectifs des romanciers de la deuxième génération, c'est-à-dire de l'Afrique d'après les indépendances, qui se faisaient compteurs des erreurs politiques ; sans pour autant oublier les mots de Falola Toyin que : durant cette période

« Le silence est imposé pour permettre aux dictateurs arrogants de gouverner comme ils l'entendent. On sait que les opposants ont été tués, emprisonnés et les plus chanceux vivent en exil. Plusieurs dirigeants africains ont lutté pendant de nombreuses années pour conserver ce pouvoir à tout prix, en bafouant les libertés »28(*),

on ne peut ne pas affirmer que La Vie et demie est une violente satire contre certains régimes africains. Ceux-ci dénient à l'homme les droits même les plus sacrés notamment le droit à l'existence.

Le récit se déroule dans la République imaginaire de la Katalamanasie. Le Président qui incarne la dictature, se heurte à une violente opposition menée par Martial. Celui-ci est tué atrocement, mais continue de vivre à travers sa fille Chaïdana. Celle-ci poursuit la lutte et par un procédé diabolique extermine beaucoup de dignitaires au pouvoir. Toutefois, cette dictature sera déposée et détruite par une longue guerre qui opposera la Katalamanasie à son territoire de Darmellia.

* 28 TOYIN, F., «L'Afrique en perspective », in L'Afrique maintenant, Paris, Karthala, 1995, p. 43.

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