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Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga

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par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
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II.1.2.4 Chaïdana - aux - gros - cheveux

Chaïdana - aux - gros - cheveux est, elle aussi, un grand personnage dans La Vie et demie de Sony Labou Tansi. Elle est la fille de Chaïdana, la première. Elle est très belle comme sa mère. Le narrateur nous apprend qu' « elle est la plus belle du monde » (V.D. : 114). Elle a « les seins techniquement fermes, le menton sensuel » (V.D. : 104). Le Guide Henri-au-coeur-tendre la trouve «  merveilleuse, pétillante, appétissante » (V.D. : 121).

A la mort de sa mère, elle décide de continuer le combat. Le narrateur précise ses objectifs dans les mots suivants : « si le temps veut, je repartirai et je prendrai la ville avec mon sexe, comme maman. C'est écrit dans mon sang » (V.D. : 99).

Chaïdana - aux - gros - cheveux, bien qu'elle poursuive les mêmes visées que sa mère, une légère différence les sépare. Elle se prostitue aux grands sans la moindre idée de les tuer. Elle compte sur sa beauté et son sexe pour atteindre son but. Ici encore, comme le note Drocella RWANIKA

« Le sexe apparaît encore comme l'arme la plus sûre pour attraper les hommes. Avec Chaïdana - fille, la guerre prend une autre envergure et commémore l'historique des Dona Batrice du Congo et d'Anne Zingha d'Angola, toutes deux personnages historiques célèbres par leur bravoure et leur endurance dans le combat pour libération de leurs peuples respectifs »42(*).

Au sujet de cette détermination pour la libération du pays secoué par la dictature et l'injustice sociale, interrogeons le passage suivant pour être sûr :

« Mon grand-père avait perdu la guerre. Il avait perdu une guerre. J'en inventerai une autre. Pas celle que ma mère avait perdue. Si je ne gagne pas, la terre tombera. Ces choses me viennent comme si elles m'avaient habitée longtemps avant ma naissance. Mon sang les crie. Va vaincre ! sans penser, car penser est défendu ». Vaincre - respirer, le plus fortement du monde » (V.D. : 99-100).

Il est clair que ces paroles se traduisent en détermination qui devient presque un défi à lever. La victoire longtemps recherchée par le grand-père Martial doit être remportée à n'importe quel prix ; soit se réfugiant dans la forêt chez les pygmées puis retournant en jolie pygmée à la Katalamanasie.

Un peu plus loin dans La Vie et demie, considérée comme une pygmée parce qu'elle y était née, Chaïdana - aux - gros - cheveux atteindra ses objectifs après avoir exploité son sexe et épousé le guide Jean-Oscar-de père. Elle va rejoindre bel et bien le combat de son père et concevoir une nouvelle force de guerre, c'est-à-dire la lutte armée. C'est donc à ses trente petits-fils de Jean de la série C qu'une guerre beaucoup plus redoutable, mais plus digne, mettra fin à la tyrannie de la Katalamanasie.

* 42 Idem, p. 101.

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