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Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga


par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
  

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II.1.2.5 Le docteur Tchi (Tchichialia)

Dans La Vie et demie de Sony Labou Tansi, ce personnage occupe une place prépondérante. C'est un vrai partisan du pouvoir dictatorial du guide. Il est ministre de la santé nationale, ancien ministre de l'éducation, ancien président de l'assemblée des élus, ancien ministre des affaires extérieures, ancien chef du gouvernement. Docteur Tchi mène vraiment une vie ministérielle de son temps du point de vue de ses avoirs. Selon SEMUJANGA, le docteur, Tchi se présente comme :

« Le prototype du Nègre jouisseur comme ces guides providentiels qui dirigent la République de Katalamanasie avec leur style de vie VVVF (villas, voitures, vins et femmes) [...], le narrateur raconte que celui-ci a construit quatre villas, acheté une voiture à huit belles filles et a construit la maison pour deux maîtresses avant d'ajouter que "c'était l'époque ou les femmes bureaux et où l'on parlait sans gêne d'une neuvième ou d'un dixième bureau". C'est ainsi que le docteur Tchi a vécu "une vie vraiment ministérielle" »43(*).

Cependant, dans l'évolution de l'intrigue, le docteur Tchi aide Chaïdana à sortir de la chambre du guide providentiel et lui donne l'argent pour s'évader. Il lui donne aussi la clé de l'hôtel « La vie et demie » où elle va s'installer :

« Il lui tendit une grosse liasse de billets de banque enroulée dans un chèque [..]

- vous connaissez l'hôtel La vie et demie ?

- Allez m'attendre là-bas [...] je suis un client spécial. J'ai loué la chambre pour trois ans. Ils ont confiance en moi. La dernière fois, j'ai payé pour huit ans. Ils ont confiance en moi. Bonne chance » (V.D. : 30).

Après ce geste à la fille de Martial, on ne tarde pas à découvrir sa grande part lors de son évasion. On lui réserve une mort atroce par une fourchette. On le traite comme un traître et d'ailleurs « un traître doit mourir comme un traître » (V.D. : 42).

Ainsi, à travers cette mort de Tchi, on ne peut pas ne pas penser aux dictateurs africains qui, souvent, éliminent leurs collaborateurs pour une raison vraie on fausse, cela dépend de leur entendement. On se sert vite de la mort. Ceci constitue le non-respect des droits de leurs compatriotes en particulier et les droits humains en général.

II.1.2.6 Layisho

Dans La Vie et demie, Layisho est un vieux pêcheur. Dans le déroulement de l'histoire, Layisho montre une certaine humanité envers Chaïdana et a toujours pitié d'elle. Il héberge celle-ci lors de sa poursuite et devient par après son père d'identité. Il l'aide à mettre au monde ses triplets qui prennent d'ailleurs son nom : Chaïdana Layisho, Martial Layisho et Amendandio Layisho.

Du point de vue politique, Layisho joue un grand rôle. Il distribue les écrits de Chaïdana pour inciter le peuple à se révolter contre le pouvoir du guide providentiel. Dès qu'il est arrêté par la police du guide providentiel pour avoir hébergé Chaïdana et distribué ses écrits, Layisho est torturé pendant quatre-vingt-huit ans. Ce vieux Layisho moura à l'âge de cent-trente ans et neuf mois.

A la mort de Layisho, le guide Jean-Coeur-de-pierre qui a succédé au successeur du guide providentiel, attend le début de sa putréfaction pour enterrer son corps au cimetière des maudits. Le début de sa putréfaction ne viendra qu'un an et douze jours après sa mort. Nous apprenons à la page 137 de La Vie et demie que le jour de l'enterrement de Layisho, Martial accompagne les personnes qui sont chargées de ça. Quand les prisonniers jettent le corps dans le trou et qu'ils ne jettent qu'un peu de terre sur le mort, laissant même les jambes dehors, Martial recommence l'enterrement et mit une couronne sur la tombe et une croix de pierre merveilleusement jolie. La couronne porte l'inscription suivante : « A Layisho Obabrinta, de la part de Martial » (V.D. : 137).

* 43 SEMUJANGA, J. , « De l'intérgénéricité comme forme de baroque dans le roman de Sony Labou Tansi », in Nouvelles écritures francophones vers un nouveau baroque, Montréal, Presses Universitaires de Montréal, 2001, p. 206.

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