WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga

( Télécharger le fichier original )
par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
   Télécharger le fichier original

précédent sommaire suivant

III.1.3 Les figures de styles

Tout texte devient très intéressant dans la mesure où il est animé de tournures littéraires techniquement appelées « figures de styles. Est figure de style :

« L'expression d'une idée dans un état d'âme déterminé. La figure nous présente non pas l'idée isolée, mais l'idée dans son milieu d'éclosion, c'est-à-dire qu'elle révèle, en même temps l'idée, l'état d'imagination ou de sensibilité qui l'a fait ce qu'elle est »78(*).

Ainsi, Sony Labou Tansi n'hésite pas à utiliser des figures de styles pour capter l'attention du lecteur. Parmi celles recensées dans La Vie et demie, il emploie souvent la comparaison, la métaphore, la répétition, l'euphémisme, la périphrase et la personnification.

III.1.3.1 La comparaison

La comparaison est une figure de style facile à relever dans La Vie et demie. Elle opère une confrontation entre deux objets ou réalités plus ou moins apparentés. Elle sert de référence pour mieux expliquer une réalité quelconque. Dans ce cas, on rapproche deux objets dont le premier terme doit être mieux connu pour pouvoir concrétiser le sens premier. Il importe de signaler maintenant que ce roman contient beaucoup de comparaisons. Des exemples sont nombreux, laissons alors le texte parler pour retenir quelques-uns qui frappent dès la première lecture :

« Le soldat s'immobilisa comme un poteau » (V.D. : 11).

« le visage de la loque-mère s'était rempli d'éclairs ténébreux comme celui d'un mort dont on n'a pas fermé les yeux » (V.D. : 12).

« La loque-père [...] respirait comme un homme qui vient de faire l'acte » (V.D. : 12).

« Le Guide providentiel se leva [...] vint devant la loque-père, les dents serrés comme des pinces et lui cracha au visage » (V.D. : 12).

« Je ne veux pas mourir cette mort, dit la loque-père toujours debout comme i » (V.D. : 13)

« C'était pour la plupart des hommes grands comme deux, forts comme quatre et velus comme deux ours » (V.D. : 20).

« Chaïdana tremblait comme une feuille » (V.D. : 26).

« Le Guide providentiel vit sa femme étendue au pied du lit, nue comme un verre de terre, belle comme un songe de pierre » (V.D. : 55).

« Le corps [...] resta frais comme celui d'un homme qui sort des bains ».

« Patatra grandissait. On l'élevait comme un tigre, comme un lion » (V.D. : 130).

III.1.3.2 La métaphore

Selon Larousse, la métaphore est « une figure de rhétorique qui consiste à donner à un mot un sens qu'on ne lui attribue que par une analogie implicite »79(*). Pour DOUTREPONT, la métaphore « consiste à transporter un mot de sa signification propre et physique à une autre signification d'ordre intellectuel ou moral en vertu d'une comparaison implicite et sous-entendue. La métaphore est une comparaison abrégée »80(*). Dans La Vie et demie, les exemples ne manquent pas pour illustrer ce que nous venons de dire : « J'en ai mal de frotter tout seul. Je me blesse la queue » (V.D. : 24). Ici Sony utilise la queue pour signifier le sexe de l'homme.

« Le guide providentiel eut une écoeurante surprise. Il avait laissé tous ses habits devant la porte verte, il voulait impressionner son épouse par son corps broussailleux comme celui d'un vieux gorille et par son énorme machine de procréation [...] » (V.D. : 54).

Ici, ce qui se dégage très vite c'est que Sony utilise « machine de procréation » à la place du « sexe d'un homme » c'est-à-dire le pénis.

« Quand le Guide providentiel entra [...], il ne vit que la forêt d'inscription au noir de Martial qui pavoisaient la pièce » (V.D. : 67).

« [...] Le Directeur central des Affaires protocolaires arrangea la venue du guide qui arriva au milieu d'une forêt de fusils » (V.D. : 37).

« La liste des interdits s'allongea rapidement et on arriva à une forêt d'interdits » (V.D. : 135).

Dans ces trois passages, le mot « forêt » revêt un autre sens, c'est-à-dire « beaucoup ».

« [...] cette sève qui vous gardait mort pendant quinze soleils et quinze noirs » (V.D. : 95).

Dans cette phrase, Sony compare les soleils aux jours et les noirs aux nuits.

« Il luit tendit une grosse liasse de billets de banque enroulée dans un chèque [...] Nous sommes dans la ville à problèmes, ici le seul chemin, ce sont les chiffons-là. Ça vous sauve de tout » (V.D. : 30).

Par chiffons, Sony Labou Tansi veut dire l'argent.

On pourrait multiplier les exemples des métaphores dans La Vie et demie, car ce roman en comporte un grand nombre, mais celles qui viennent d'être citées parlent à haute voix et nous pouvons passer à une autre figure qui a retenu beaucoup notre attention, c'est-à-dire la répétition.

* 78 DOUTREPONT, C., Littérature française, Namur, Wesmael-Charlier, 1944, p. 27.

* 79 Larousse, Op. cit., p. 631.

* 80 DOUTREPONT, C., Op. cit., p. 34.

précédent sommaire suivant