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Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga


par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
  

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I.4.1.4 Le détournement des fonds publics

A travers La vie et demie, Sony Labou Tansi révèle aux lecteurs une société dont les dirigeants dilapident le trésor public. Les guides font des dépenses énormes dans des projets qui ne profitent pas au peuple. A ce sujet Célestin BIZIMUNGU nous dit : « Les guides investissent là où ils ont un intérêt personnel certain. Leur souci majeur est de construire des bâtiments, extrêmement coûteux qui servent pour des résidences des dignitaires »22(*).

Les caisses de l'Etat sont semblables à de véritables puits où chacun vient puiser des richesses à son aise. Effectivement, cette pratique est monnaie courante en Katalamanasie où les finances publiques sont mal gérées et sont à la merci de ceux qui participent au festin du pouvoir. Les ministres et autres hauts cadres s'enrichissent rapidement sans que personne n'ose leur faire aucun reproche. Tous les grands du pouvoir partagent une même conception de la vie, celle de rechercher les femmes, les vins et l'argent. Ils inventent alors de faux projets de développement ou des réaménagements inutiles au sein du ministère pour pouvoir alimenter leurs comptes dans des banques. L'exemple type est le conseil du ministre de l'Education à son homologue de la santé nationale :

« ne pas faire comme tout le monde, c'est la preuve qu'on est crétin : « tu verras : les trucs ne sont pas nombreux pour faire de toi un homme riche, respecté, craint. Car, en fait, dans le système où nous sommes, si on n'est pas craint, on n'est rien. Et dans tout ça, le plus simple, c'est le pognon. Le pognon vient de là-haut. Tu n'as qu'à bien ouvrir les mains. D'abord tu te fabriques des marchés : médicaments, constructions, équipements, missions. Un ministre est formé - tu dois savoir cette règle du jeu - un ministre est formé de vingt pour cent de dépenses de son ministère [...]. Comme tu es à la santé, commence par le petit coup de la peinture. Tu choisis une couleur heureuse, tu sors un décret : la peinture blanche pour tous les locaux sanitaires. Tu y verses des millions. Tu mets ta main entre les millions et la peinture pour retenir les vingt pour cent. Puis tu viendras aux réparations » (V.D. : 34).

Pour les dirigeants de la Katalamanasie, une vraie vie, comme nous l'avons dit, est celle menée avec des VVVF qu'on appelait communément dans tout le pays la vie au trois V c'est-à-dire villas, voitures, vins et femmes. Ils ne se soucient guère des problèmes du bas peuple ni des salaires des fonctionnaires car aussitôt que l'argent leur manque, l'Etat fait directement appel à la puissance étrangère qui fournit des guides et le pays est obligé de s'endetter auprès des pays étrangers. Ce qui est malheureux est que la grande somme contractée rentre dans les poches du Guide ou dans celles des techniciens ou conseillers militaires étrangers qui sont bien payés. Certaines dépenses dans le pays s'avèrent inutiles ou exagérées. L'enterrement du guide Mallot - l'enfant - du tigre coûte sept milliards. La construction de la maternité où naît Patatra, le futur guide Jean-coeur-de-pierre, coûte douze milliards. Les travaux de construction des « regardoirs » coûtent une bagatelle de quatorze milliards empruntée à la puissance étrangère.

Par ailleurs, les finances publiques souffrent de la fantaisie des guides qui semblent ne pas être sérieux. Tout ce qu'ils font est ridicule. Cette fantaisie laisse penser à une certaine folie.

* 22 BIZIMUNGU, C., Op. cit., p. 24.

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