WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga

( Télécharger le fichier original )
par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
   Télécharger le fichier original

précédent sommaire suivant

I.4.2 Le refus du pouvoir dictatorial

Le groupe qui se porte volontaire pour lutter contre le pouvoir dictatorial des guides est composé premièrement de Martial. Celui-ci meurt mais s'incarne dans sa fille Chaïdana qui, à son tour, décide de conquérir la Katalamanasie par son sexe et par sa beauté. Chaïdana est épaulée par les jeunes pistolétographes qui se chargent d'écrire « la célèbre phrase de son père ` je ne veux pas mourir' » (V.D. : 44) pour déstabiliser le pouvoir des guides et leur rappeler que l'opposition est toujours là. Dans cette partie, il est question de dégager sommairement le rôle de chacun, car nous y reviendrons en long et en large dans l'étude concernant les personnages et leurs actions.

I.4.2.1 La révolte de Martial

Dans La Vie et demie, Martial pose les jalons de la lutte contre la tyrannie des guides. Sa révolte est très puissante et terrible car celui que le guide croit avoir tué continue à déranger son esprit et celui de ses successeurs par ses apparitions subites et répétées, surtout avec des tâches à l'encre noire dont il ne cessait de barbouiller tous les lieux. « Ses apparitions répétées troublent le Guide Obramoussandro Mbi et le conduit au désespoir. Il salit les draps de lit du guide en les noircissant. Celui-ci ne parvient pas à dormir »26(*). En faisant ces apparitions, Martial veut déstabiliser les dirigeants en place et surtout protéger sa fille Chaïdana contre le guide et la police du guide, car chaque fois qu'on va mettre la main sur elle, il lui ordonne de quitter les lieux dans les meilleurs délais.

Par la suite, beaucoup de gens de la masse populaire se réclament du côté de Martial et se donnent le devoir de continuer la lutte contre les tyrans sanguinaires de Katalamanasie. Ils sont connus sous le nom de « gens de Martial ». Amedandio et Layisho sont sans doute les plus remarquables de tous les partisans de Martial. Ces gens de Martial jouent un rôle capital dans l'opposition contre le pouvoir despotique des guides. Leur action se situe surtout dans les meetings organisés par le Guide où Martial apparaît en sa qualité de prophète Mouzediba et où ils entonnent directement le chant de la résurrection du prophète.

« Le meeting s'était terminé en queue de tortue pour la simple raison qu'il avait commencé en queue de poisson. Au moment où les éléments de la milice mettaient les présences sur les cartes de fidélité en attendant l'arrivée du Guide providentiel, la foule avait cru entrevoir Martial sur le podium. La blessure au fond saignait sous le tampon de gaz, sur sa poitrine pendait la croix du prophète Mousediba, tout le monde eut la gorge morte pendant un instant. Après un long murmure qui permit aux assistants de confirmer leur vision, la foule explosa en délicieux délire. En plusieurs régions de la multitude monta le chant de la résurrection du prophète Mouzediba [...] On avait dû abattre cinq jeunes cons qui avaient crié « à bas la dictature ». Trois autres cons avaient été abattus pour un délit plus grave : ils avaient crié « Vive Martial ! » (V.D. : 38).

Martial n'apparaît pas seulement sous le règne d'Obramoussando Mbi. Les différents guides qui ont régné sur la Katalamanasie sont tourmentés par les apparitions obsessionnelles de Martial qui se manifeste souvent en saignant et portant atteinte à la physiologie du guide et empêchant le bourreau de dormir. Dans sa révolte et sa lutte contre les tyrans, Martial est grandement aidé par sa fille Chaïdana.

* 26 BIZIMUNGU, C., Op. cit., p. 28.

précédent sommaire suivant