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Problématique du financement extérieur et ses corollaires sur la croissance économique en RDC de 1980 à  2009

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par Rémy MUNGANGA SHUNGI
Université de Kisangani RDC - Licence en sciences économiques 2011
  

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Chapitre deux :

FINANCEMENT EXTERIEUR DE L'ECONOMIE

DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE

DU CONGO

Dans ce deuxième chapitre, il est question d'expliciter le mode de financement extérieur de l'économie de la République Démocratique du Congo. Nous allons comprendre au mieux les retombées de l'application des conditionnalités du financement extérieur sur la croissance et le développement économique en République Démocratique du Congo après l'entrée, la suspension et la reprise de programme avec une coopération financière formelle ; puis dégagerons les effets d'investiments chinois sur le développement économique du pays.

Section 1 : BREF APERÇU SUR LE MODE DE FINANCEMENT EXTERIEUR DE L'ECONOMIE CONGOLAISE

Cette première section se propose d'appréhender les retombées du mode de financement extérieur à travers sa restructuration, son poids sur la croissance et le développement économique partant l'accroissement du revenu par habitant. L'entrée, la suspension et la reprise de programme avec les institutions de Bretton Woods nous aidera dans la compréhension de cette section.

II.1.1. L'entrée en programme avec les Institutions de Bretton Woods

Avant d'entrer dans le fond de ce point, rappelons que les négociations de Bretton Woods à la fin de la seconde guerre mondiale regroupaient 45 pays et avaient pour objet l'établissement d'un système monétaire international stable, susceptible de favoriser la reconstruction des économies des nations dévastées par la guerre, puis d'assurer le développement des échanges internationaux.46(*)

L'économie de la République Démocratique du Congo se caractérise par une faiblesse de l'épargne interne, qui constitue la fraction du revenu qui n'est pas consommée. Le revenu par tête d'habitant étant particulièrement dérisoire, il n'apparait donc pas évident qu'on puisse dégager une épargne conséquente. Sachant que la croissance économique ne peut s'obtenir sans investissements souvent massifs et que ces derniers ne peuvent provenir que de l'épargne accumulée dans le pays ou transférée de l'étranger, il fallait trouver un palliatif extérieur pour combler le déficit interne. Désormais, le financement extérieur ou l'assistance de l'étranger prend une forme directe, à savoir les prêts publics ou les aides publiques et les investissements privés réalisés par les entreprises multinationales ou autres.47(*)

D'où viennent alors les milliards de dollars empruntés par le Zaïre aujourd'hui la République Démocratique du Congo depuis 1965 ?48(*)

Dans le cas précis de la République Démocratique du Congo, à la date du 1er janvier 1989, les créanciers dans le cadre du club de Paris qui est « un forum de négociation où sont rééchelonnées les dettes publiques ou garanties par les gouvernements ; n'a ni statut légal ni règles formelles, mais il se réunit à la demande du pays débiteur. Crée en 1956, le club de Paris regroupe les représentants du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale, de la CNUCED et du ministère des finances des pays concernés. Ses interventions se fondent sur les règles du consensus et de l'égalité de traitement et sont soumises à la conclusion préalable d'un accord avec le FMI49(*), représentent 67,4% du total des engagements internationaux et 72% du total de l'encours.

Elles comprennent essentiellement la dette rééchelonnée 4,78 milliards de dollars et des prêts privés garantis et mécanisme de paiement de la Société Nationale d'Electricité (SNEL).

En dehors du mécanisme SNEL, tous les autres prêts du Club de Paris proviennent d'organismes officiels tels que Kreditanstatt FW (Allemagne), USAID (Etats-Unis), ACDI (Canada), CCCE (France), Ducroire (Belgique), ECGD (Arabie Saoudite), Fonds de Coopération Japonaise (JICA), SIDA (Suède), AFD (France) et les autres.

Les prêts gouvernementaux sont assortis des conditions suivantes : 1,90% de taux d'intérêts, un délai de grâce de 6 à 7 ans et une échéance maximum de 17,6 ans ; conditions de loin meilleures que celles des crédits privés garantis : 3,5% de taux d'intérêt, 3 à 5 ans de délai de grâce et 11 ans d'échéance maximum.

La deuxième catégorie de créanciers de la République Démocratique du Congo est constituée de créanciers hors Club de Paris, qui représentent 32,6% des engagements initiaux et 28% de l'encours au 1er janvier 1989. Ces créanciers proviennent essentiellement des institutions multilatérales (2,265 milliards de dollars) tels que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, la Banque Africaine pour le Développement, l'IDA-FIDA 501,76 millions de dollars de l'accord de Londres.

Comme on peut le constater, le financement extérieur qui explique la dette extérieure (publique) provient essentiellement de sources officielles. Cette structure de financement extérieur explique le rôle important que joue de plus en plus le Club de Paris dans la sphère de l'endettement extérieur de la République Démocratique du Congo. Elle explique également l'état de sous-développement de l'économie congolaise.

Les investissements initiaux dont on vient d'analyser la provenance (dès l'entrée en programme avec les institutions de Bretton Woods) ont été utilisés dans divers secteurs de l'économie congolaise. Le secteur des transports et communication a eu une part importante dans les crédits extérieurs.

Pour l'infrastructure, on peut citer le Pont Maréchal sur le fleuve Congo à Kinshasa (255 millions de dollars) et l'Office des Routes, la Cité de la Voix du Zaïre à Kinshasa (158,6 millions de dollars), les aéroports de Goma et de Kisangani (135,5 millions de dollars).

Pour les équipements, il s'agit de l'équipement fluvial au profit de l'ONATRA, de l'équipement maritime au profit de la Compagnie Maritime du Congo (CMC), de l'équipement ferroviaire, etc.

Ensuite, il y a le secteur énergétique, près de 478,4 millions de dollars, consacrés à la production de l'électricité (construction des barrages d'Inga et de Mobayi) et de 771,4 millions de dollars consacrés à la distribution de l'électricité (ligne haute tension Inga-Shaba).

Les financements extérieurs qu'a bénéficié la République Démocratique du Congo en entrant en programme avec les institutions de Bretton Woods, ont été ainsi utilisés pour l'essentiel dans l'infrastructure au sens large, secteur à gestation très longue, ou dans les secteurs à rentabilité douteuse comme la sidérurgie de MALUKU et la Cité de la Voix du Peuple ; alors que les secteurs réellement productifs ayant une incidence favorable sur la balance des paiements ont été négligés. C'est le cas de l'agriculture et des industries manufacturières, même dans le secteur extractif, la totalité du pays vers la monoproduction de l'exportation.

* 46 LELO DI MBOKO, Théorie de l'échange international, L1 Economie, Cours inédit, FSEG, UNIKIS, 2009-2010.

* 47 MOKONDA BONZA, Syllabus de politique économique, L2 économie, Cours inédit, FSEG, UNIKIS, 2010-2011, p.91.

* 48 KAWATA BWALUM, Endettement extérieur du Zaïre, in Zaïre-Afrique, éd. CAPAS, Kinshasa, 1989, p.356.

* 49 BRUNEL S., Tiers-Monde : Controverses et réalités, éd. Economica, 1987, p.367.

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