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Regard des acteurs de terrain sur les conduites addictives des jeunes (représentations sociales, pensée sociale et logique d'accompagnement )

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par Julie Boussoco
Université de Provence Aix en Provence - Master II psychologie sociale de la santé 2012
  

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2. Qu'est-ce qu'une conduite addictive ?

4 De la toxicomanie aux conduites addictives

La « toxicomanie », les « dépendances », puis les « usages de drogues », ont d'abord été

considérés comme un « fléau social » (Vaille & Stern, 1955, cités par Beck, 2010, p.517), comme un marqueur de marginalité sociale, de déviance. Mais, à partir des années 1980, afin d'endiguer la propagation de l'épidémie du SIDA, le phénomène a été vu différemment, et une stratégie de prévention et de santé publique a été mise en place. La consommation de drogues a commencé à être considérée comme une pathologie individuelle. La notion d'addiction, apparaît à la fin des années 1980 dans le monde médical et est largement reprise dans les politiques de santé publique.

4 Prises de risques, conduites à risque, et conduites addictives... Une question d'usages.

Avec l'application plus systématique du « paradigme épidémiologique » (Peretti-watel,

2004, p.103) à l'étude des comportements humains et la « médicalisation de l'existence » (Gori, 2006), on assiste à la prolifération de la notion de risque. Elle s'attache aussi bien aux grandes menaces planétaires (destruction de la couche d'ozone, effet de serre...) qu'aux comportements individuels qui ponctuent notre quotidien (tabagisme, conduite automobile...). Derrière la prise de risque chez les jeunes, nous avons une multitude de comportements dont « le trait commun consiste dans l'exposition de soi à une probabilité non négligeable de se blesser ou de mourir, de léser son avenir personnel ou de mettre sa santé en péril. » (Jeffrey, Le Breton & Josy Lévy, 2005, p.18). Cependant, ces comportements ne sont pas listés une fois pour toutes et la liste s'allonge avec les nouvelles données épidémiologiques. Ainsi, dès qu'un facteur de risque découvert correspond à un comportement, ce dernier devient une conduite à risque. Et, comme le soulève Przygodzki-Lionet (2009), peu importe que l'individu ait ou non le sentiment de prendre un risque, c'est à l'expert de déterminer « objectivement » si sa conduite comporte ou non des risques pour sa santé. Peretti-watel et Moatti (2009, p.18), parlent de « mise en risque » du monde. Pour faire reculer l'éventualité de la maladie, la mort, il devient nécessaire de traquer le risque, quitte à stigmatiser ceux qui transgressent « ce culte de la santé » (p.26) ; et ceci par le biais la prévention.

Selon Dessez (2006), il faut différencier « Prises de risques » et « Conduites à risque ». Il le fait selon la fréquence des comportements. En effet, les « prises de risques » seraient des comportements qui se caractérisent par la mise en danger (de soi, de sa santé, de sa vie, etc.). Les comportements d'essai ou d'expérimentation de substances psychoactives font partie des prises de risques. Elles surviennent souvent dans des « temps à côté » (Le garrec, 2002), les

temps de loisir à caractère festif ou amical, quand se produisent des relâchements du contrôle social des conduites et que de nouveaux rites individuels apparaissent. Tandis que « Les conduites à risque » seraient des comportements répétés de prises de risques qui correspondent à une recherche de plaisir et au soulagement d'un malaise intérieur. Elles se présentent sous des formes diverses qui sont déterminées par les identités sexuées, les contextes sociaux, les histoires de vie et les états psychopathologiques : violences itératives, scarifications multiples, conduites suicidaires, troubles des conduites alimentaires, addictions. Dany (2010), ajoute à la prise de risques, la notion de perception consciente (même si elle peut être inexacte) des probabilités non souhaitées associées au comportement à risque ainsi qu'une estimation de la gravité des évènements non souhaités.

Les conduites addictives ont été définies par Goodman, en 1990, comme « processus par lequel un comportement, pouvant permettre à la fois une production de plaisir et écarter ou atténuer une sensation de malaise interne, et employé d'une façon caractérisée par l'impossibilité répétée de contrôler ce comportement et sa poursuite, en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives » (p.1403). Depuis quelques années on entend parler de plus en plus d'addictions sans substances (mobiles, consoles de jeux...), de cyberaddictions : par l'intermédiaire d'Internet à travers les jeux d'argent en ligne, les jeux vidéo massivement multijoueurs (World of Warcraft, Dofus...), les réseaux sociaux (Facebook, Tweeter...). Les nouvelles technologies ont rejoint le banc des conduites à risque. Notamment pour les risques de perturbation du sommeil, d'isolement social et financiers... Ainsi, selon le Plan de prise en charge et de prévention des addictions 2007-2011, la notion de conduite addictive couvre aujourd'hui :

- Les conduites de consommation de substances psychoactives, quelque soit le statut légal de la substance.

- Les addictions dites comportementales, ou addictions sans drogues, qui correspondent à des comportements compulsifs, notamment le workaholisme (les « accros » au travail), la dépendance aux moyens de communication (Internet et e-mail, téléphone portable...), le jeu pathologique...

La notion de conduite addictive s'inscrirait dans un continuum de comportements d'usage. Ainsi, d'après les définitions de l'Organisation mondiale de la santé (CIM 10) et de l'Association américaine de psychiatrie (DSM IV), on distingue trois catégories de Comportements d'usage : usage simple (qui n'entraîne pas de dommages et peut être expérimental, occasionnel ou régulier), l'usage nocif/à risque (consommation qui implique, ou peut impliquer, des dommages sanitaires, sociaux ou juridiques) et la

dépendance/conduite addictive (comportement psychopathologique présentant des caractéristiques biologiques, psychologiques et sociales ). Les principaux critères contribuant à la définition de la dépendance sont le désir compulsif de produit, la difficulté du contrôle de la consommation, la prise de produit pour éviter le syndrome de sevrage, le besoin d'augmenter les doses pour atteindre le même effet et la place centrale prise par le produit dans la vie du consommateur.

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