WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Regard des acteurs de terrain sur les conduites addictives des jeunes (représentations sociales, pensée sociale et logique d'accompagnement )

( Télécharger le fichier original )
par Julie Boussoco
Université de Provence Aix en Provence - Master II psychologie sociale de la santé 2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Introduction

Ce mémoire répond à une demande de diagnostic pour l'Atelier Santé Ville (ASV) d'Aix en Provence. Les ASV ont pour but de réduire les inégalités sociales de santé à un niveau local. Selon Joubert, Chauvin et Richard (2010), les diagnostics locaux sont l'un des outils clés des ASV. Ils servent à explorer des facteurs de vulnérabilité de la population (ici les jeunes) et les facteurs facilitateurs. Cette année, la thématique « addictions » précédemment gérée de façon indépendante, est ajoutée au champ d'intervention de l'ASV. Il est donc nécessaire de recueillir des données locales. La demande de diagnostic est intégrée au cadre de l'action RAAP (Réseau Adultes-Acteurs de Prévention des conduites à risque des jeunes) du Contrat Urbain de Cohésion Sociale de la ville d'Aix en Provence, menée par le PAEJ et TREMPLIN (Annexe 1). Ainsi, le diagnostic portera sur la thématique « jeunes et addictions », en consultant les acteurs de proximité en charge de la population jeune du territoire sur leurs représentations de la situation, leurs besoins et attentes en terme de prévention des conduites à risque. L'accent étant particulièrement mis sur les comportements addictifs : alcool, tabac, substances illicites et addictions « sans produits » (jeux, nouvelles technologies).

Nous proposons donc de répondre à cette demande en nous appuyant sur des théories de la psychologie sociale de la santé. Selon Morin et Apostolidis (2002, p.465), « La Psychologie Sociale de la Santé propose un ensemble de savoirs dans le domaine de la santé et de la maladie s'appuyant à la fois sur les outils théoriques et méthodologiques de la Psychologie (Psychologie Sociale, Psychologie de la Santé, Psychologie Clinique) et sur les approches des Sciences Sociales (Épidémiologie, Sociologie, Économie, Anthropologie, ...). Elle est centrée sur l'étude et la résolution des problèmes de santé dans les différents contextes sociaux et culturels dans lesquels ils se manifestent. »

Nous nous sommes donc appuyés méthodologiquement sur la triangulation et sur une approche psychosociale des conduites addictives des jeunes. Grâce à ces concepts, nous nous proposons d'apporter un éclairage sur l'approche des professionnels au sujet des conduites addictives des jeunes sur le territoire Aixois.

Contextualisation de la recherche

1. Qu'est-ce qu'un jeune ? Un ou plusieurs jeunes ?

C'est entre la fin XIXe et le début du XXe siècle, avec le développement de l'enseignement secondaire, que l'on a vu apparaître, chez les jeunes de milieux aisés, une période de transition entre l'enfance et l'âge adulte. Naît la notion d'adolescence. Cette période de transition va ensuite, après la seconde guerre mondiale, se répandre progressivement, avec la massification de l'enseignement, à l'ensemble des couches sociales. Dans son appréhension, l'adolescent est alors psychologisé, marginalisé. En effet, limitées à cet aspect pubertaire, les études du XIXe siècle sur l'adolescence se sont attelées à déceler les « troubles causés par la puberté » (goût du viol, agitateur politique, etc.) afin d'essayer d'y remédier. L'approche psychologique de la première moitié du XXe siècle va continuer dans cette direction en focalisant sur la « crise d'adolescence », ou « crise d'originalité juvénile » (Hall, 1905 & Debesse, 1941, cités par Evart-Chmielnski, 1958, p.419). Dans l'entre deux guerres, avec Parsons (1942 cité par Galland, 2002), naît la sociologie de la jeunesse aux États-Unis et il faut attendre la fin des années 60 pour que cette appréhension réductrice de « période de crise », soit remise en question. Avec Edgar Morin, (1962, 1965, cité par Galland, 2011) la jeunesse est appréhendée sous un angle culturaliste : la jeunesse comme sous-culture. Puis, en 1980, Bourdieu, propose une vision idéologique : « la jeunesse n'est qu'un mot. » (p.143). La catégorie jeunesse est analysée comme l'enjeu et le résultat de luttes de pouvoir et de classement entre les générations. Mais les visions fonctionnalistes, culturalistes ou idéologiques ne satisfont pas les nouveaux sociologues français qui, comme Galland (2011), proposent de définir la jeunesse autrement. En effet, la jeunesse est souvent abordée selon des tranches d'âge (Le garrec, 2002). Ainsi, d'après la psychologie, les sciences de l'éducation et les enquêtes de santé publique, la jeunesse peut être plus ou moins découpée en trois âges, selon trois critères : préadolescence (vers 11 ans, capacités à raisonner ), adolescence (vers 15 ans, évolutions physiologiques) et post-adolescence (vers 25 ans, indépendance assumée). Pour Galland (2011), la jeunesse serait un passage entre un âge et un autre, comme un « temps » dans le cycle de vie. Percevoir la jeunesse comme ce moment de transition entre la période d'identification aux parents (l'enfance) et celle où les individus ont construit leur propre identité et leurs propres normes (l'adulte), implique pour la sociologie de la jeunesse d'en faire un « processus de socialisation » et non plus une simple « catégorie ». Cette approche est critiquée par les tenants d'une approche « identitaire » de la jeunesse, tel De Singly (2000).

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net