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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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C - Les règles du savoir-vivre et du savoir-boire dans la socialisation

Au cours de mes lectures, la distinction entre dégustation et gloutonnerie est mis en lumière. Savoir vivre en société et apprécier de vivre en collectivité, c'est pouvoir assimiler ces notions. Cette satisfaction passe par des règles à suivre, de manière à être en harmonie avec son groupe. Les règles de l'alcoolisation sont ainsi soumises à une volonté de partager un moment privilégié entre amis, famille, intimes, collègues ou simples connaissances. Le plaisir gustatif et socialisant découle alors du respect des règles du savoir-vivre.

a- La cohésion du groupe

On peut considérer l'apéritif comme une activité structurante et organisatrice du lien social, à partir du moment où les individus suivent des règles communes. Ces règles de la pratiques apéritives fondent les normes de l'alcoolisation de la société française. Par le biais d'un modèle culturel d'alcoolisation, elles deviennent dés lors socialisantes. Ainsi, le savoir-boire comme le savoir-vivre fonctionne, nous dit Dominique Picard, comme "tous rituels sociaux"157(*). Répondre aux mêmes codes renforce la cohésion d'un groupe et permet de l'opposer à un autre groupe. En partageant un même "rite", les individus se sentent proches et solidaires. Le savoir-vivre permet de rendre compte des différences entre membres de catégories par des pratiques apprises. Ainsi, renchérit le psycho sociologue, les codes du savoir-vivre "bourgeois" n'ont pas cours dans d'autres milieux ou prennent d'autres formes. D'ailleurs, l'apéritif rassemble plutôt des voisins ou des amis des milieux populaires158(*).

b- L'apéritif dans les manuels de savoir-vivre

Des manuels de savoir-vivre suggèrent, souvent de manière succincte, les façons de concevoir l'apéritif. Des nuances selon les époques et auteurs semblent se révéler. Si l'apéritif se répand après la seconde guerre mondiale, il apparaît qu'au début des années soixante, l'"apéritif" n'est pas un terme très réputé. Effectivement, Berthe Bernage, dans un ouvrage datant de 1962159(*), consigne au lecteur qu'il vaut mieux éviter le mot "apéritif", sans donner de raisons. Était-il un mot à consonance péjorative car trop populaire ? Cette connotation n'apparaît plus dans le guide du savoir-vivre des années quatre-vingt-dix de Sabine Denuelle160(*). Dans les deux cas, il y a une confusion entre le cocktail et l'apéritif. Une seconde divergence se situe au niveau du temps. Le premier précise que l'on doit attendre tous les convives avant que le "maître de maison" serve à boire. Le second précise que l'apéritif aide à faire patienter en attendant les derniers arrivants. Enfin, il apparaît clairement qu'il est plus actuel de servir des petits plats cuisinés en accompagnement alimentaire (mini-pizzas, canapés...) en faveur des traditionnels gâteaux apéritifs (amandes grillés, cacahouètes...).

* 157 _ PICARD, Dominique. 2003. Op. Cit., p. 92.

* 158 _ PICARD, Dominique. 2003. Ibid., p. 114.

* 159 _ BERNAGE, Berthe. 1962. Op. Cit., p. 38.

* 160 _ DENUELLE, Sabine. 1999. Op. Cit., p. 69.

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