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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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b- L'héritage gréco-romain

L'anthropologue Martine Xiberras10(*) retrace l'histoire des psychotropes, celle de leur usage et de leur connaissance dans les civilisations. Elle entreprend une recherche pour mettre en lumière les affinités entre ce qu'elle nomme les "Phantastica" et chaque territoire. Tenons-nous au choix de l'Occident et son goût privilégié pour les "Inibriantia". Ce sont les propriétés doubles de l'alcool conduisant à l'euphorie puis à la sérénité béate, qui ont intéressé la sensibilité occidentale. Ces états modifiés de conscience permettent, comme le suggère Martine Xiberras, "cette libération de l'âme de ses entraves terrestres, et procurent cette illumination intérieure, due au contact avec les formes surhumaines"11(*).

Ce sont les Grecs et leur culte voué à Dionysos qui scelle le lien des Européens avec l'alcool. Ce dieu du vin et de la musique est réputé pour son action d'exaltation sur les hommes et par ses cérémonies orgiastiques. Il prend possession de ses fidèles grâce à l'intermédiaire de ses pouvoirs ou de ses attributs pour leur donner l'enthousiasme et le dépassement de soi. La vigne et le vin firent ainsi, dans la Grèce Antique, l'objet d'une grande vénération, procurant l'ivresse mais aussi la richesse. Ils sont un symbole de puissance et de majesté divine, un signe de prospérité et de possession de la terre. Cette culture du vin sera reprise par les Romains. Ces derniers exploiteront le vin à des fins commerciales et étendront ainsi leur vigne sur les terres de Provence12(*). Les Romains, comme les Grecs, honoraient le dieu du vin, Bacchus, et Patina, déesse de la boisson. Les dieux, regardant les hommes manger, protègent la maison et s'assurent de la bonne marche du repas. En échange, les hommes nourrissent les dieux en leur donnant en offrandes prières et aliments ou en se livrant à des libations de vin13(*).

c- Le symbole du christianisme

La civilisation gréco-romaine lègue un riche héritage au christianisme. En effet, la Bible également abonde en référence à la vigne, symbolisant le terroir, le patrimoine, l'abondance, la fertilité du sol et la fécondité. Le vin devient alors le trait d'union entre le monde divin et la communauté humaine. La transformation de l'eau en vin par le Christ fait du vin le symbole naturel de ce dernier. Mais, comme nous le précise l'historien Jean Verdon14(*), si l'Église l'attentionne, sa diffusion profane est autant populaire. Avant l'ère chrétienne, la première représentation du vin incarnait la force fusionnelle entre le groupe et l'au-delà. Au départ, la recherche de l'ivresse correspondait à une démarche universelle souvent lors de manifestations festives à caractère religieux. Ensuite, souligne Robert Chapuis, le commerce profitera du succès du vin pour exporter le "bon vin". Peu à peu sa valeur religieuse, s'en jamais disparaître complètement, ira en décroissant.

On constate que les hommes, les boissons fermentées et les dieux forment un trio spécifique où chacun trouve sa place. On y repère une compréhension logique de l'ordre cosmique. Les hommes, en tant que créateur d'une substance "magique", soumis aux forces de la nature ; les boissons fermentées, permettant la rencontre avec l'au-delà ; et les dieux, donnant un sens à ces échanges, régulateurs de tensions. Quoi qu'il en soit, les boissons fermentées, particulièrement le vin, véhiculent symboliquement la vie.

* 10 _ XIBERRAS, Martine. 1989. La société intoxiquée. Paris : Meridiens Klincksiek. Chap. II : « L'historicité des produits et les toxicomanies classiques », p. 63-108.

* 11 _ XIBERRAS, Martine. 1989. Ibid ., p. 68.

* 12 _ CHAPUIS, Robert. 1989. Op. cit., p. 47.

* 13 _ FAUCHEUX, Michel. 1997. Op. cit., p.21.

* 14 _ VERDON, Jean. 2002. Boire au Moyen Age. Tours : Perrin, p. 102.

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