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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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B - La convivialité des banquets et symposions

Boire et manger est un acte essentiel à la survie de l'homme. La nourriture (aliments et boissons) revêt, de ce fait, un caractère spirituel. Les hommes établissent des règles culinaires et hygiéniques. Ils organisent des temps pour s'alimenter donnant lieux à des réunions familiales et tribales. Ces réunions sont l'occasion de remercier et de faire honneurs aux dieux. Mais un caractère profane s'en dégage également, permettant des entretiens concernant les préoccupations familiales et politiques. Le caractère profane accompagne le sacré, il est nécessaire à l'organisation et au fonctionnement de la communauté. Jean-Louis Flandrin souligne : "On pense généralement que le comportement alimentaire de l'homme se distingue de celui des animaux non seulement par la cuisine - plus ou moins étroitement liée à une diététique et à des prescriptions religieuses - mais par la convivialité et les fonctions sociales du repas"15(*). Se nourrir est ainsi une activité sociale et culturelle, les banquets en constituent le point d'orgue. Voyons ce que les historiens nous enseignent à ce sujet.

a- L'enjeu politique et social des banquets mésopotamiens

Dés le début du troisième millénaire à Sumer et au plus tard au deuxième millénaire dans d'autres régions de Mésopotamie et de Syrie, Jean-Louis Flandrin note que d'innombrables textes attestent l'existence de "banquets aux rites précis". Il s'agit essentiellement de banquets des dieux ou de princes. Ces banquets sont indispensables à l'élaboration d'une société où l'on tente d'harmoniser les rapports entre hiérarchies et entre associés : "Manger et boire ensemble, cela servait déjà à conforter l'amitié des égaux, à renforcer les relations du seigneur avec ses vassaux, ses tributaires, ses serviteurs, et mêmes les serviteurs de ses serviteurs. De même, à un moindre niveau social, les marchands scellaient leurs accords commerciaux au cabaret, devant un « pot » "16(*). L'alcool ("les boissons fermentées, cervoise, bière forte, boissons de dattes fermentées, vin, etc.") est caractéristique de la fête et de la relation conviviale.

En collaboration avec Jean-Louis Flandrin, Francis Joannès présente les deux fonctions essentielles des réjouissances mésopotamiennes à Sumer, en Babylonie ou en Assyrie. Celles de se réunir en un groupe célébrant sa solidarité et la mise en place d'un cérémonial. Quelque soit le type de banquets _ réunissant les dieux, la cour royale ou des particuliers _ les convives sont regroupés par ensembles distincts. Ces ensembles sont le signe de l'"expression d'une hiérarchie omniprésente"17(*). La circulation des mets et boissons entre les groupes donne lieu à des échanges de politesse. La retenue est une qualité essentielle à ces réunions. Bien que la consommation de boissons alcoolisées soit primordiale, il est tout aussi important de savoir se tenir correctement, pour le plus grand respect des convives. Les fonctions sociales du banquet mésopotamien sont ainsi régies par un ensemble de règles de courtoisie, auxquelles il sied de se conformer.

* 15 _ FLANDRIN, Jean-Louis et MONTANARI, Massimo (dir.). 1996. Op. cit., p. 25.

* 16 _ FLANDRIN, Jean-Louis et MONTANARI, Massimo (dir.). 1996. Ibid., p. 59.

* 17 _ JOANNES, Francis. 1996. « Les fonctions sociales du banquet dans les premières civilisations ». In J.L. Flandin (dir.) : Histoire de l'alimentation. Paris : Foyard, p. 59.

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