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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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b- La philosophie des banquets grecs

Si les banquets mésopotamiens exigent la sobriété, les banquets grecs ne sont pas aussi rigoureux quant à l'ivresse. Le vin, ce présent de Dionysos, était apprécié par-dessus tout par la civilisation grecque. Elle développe d'ailleurs une véritable "philosophie de la table centrée autour du vin"18(*). La civilisation grecque permet à la vigne d'imposer sa royauté au monde occidental. Si Dionysos instaure à travers le vin une sorte de passion où l'homme exerce une violence contre lui-même et autrui, le vin est aussi un principe de philosophie et de socialité. C'est à partir de Platon que le banquet devient symposion (une réunion de buveurs exclusivement masculins, où la consommation de vin incite à philosopher). Loin de l'ivresse violente dionysiaque, il devient "un espace pacifié d'où la vigueur héroïque et brutal des anciens banquets homériques a été chassé"19(*).

Je me suis amplement appuyée sur les récits de Michel Faucheux qui décrit avec précision le déroulement de ces soirées. Les Grecs, dit-il, boivent peu en mangeant. Le vin est servi avant et après le repas. L'ancêtre de l'apéritif, une coupe de vin aromatisé appelée propoma, est d'abord proposée avant que le repas commence. Puis, ils se réunissent entre amis pour boire exclusivement du vin dans un symposion, en prolongement du dîner. Ce dernier répond à de règles définies. On commence par des libations en l'honneur de Dionysos. C'est le président du banquet, ultérieurement élu, qui fixe le dosage d'eau et de vin20(*). Il décide du nombre de coupes servies aux participants. On boit alors à la santé de chaque convive. Lors de ces banquets, on joue la démocratie. D'une part avec l'élection du président dont la tache est de modeler un ensemble de libertés, de mesures et une harmonie citoyenne ; d'autre part à l'occasion des grandes discussions. Le vin devient le médium avec lequel l'homme philosophe. Il se questionne sur sa condition humaine, sur la réalité, il fait de la politique et parle de l'amour. Le banquet grec se caractérise par la recherche constante de la vérité.

c- L'abondance romaine

Il en est autrement pour la civilisation romaine qui accorde, lors de ses banquets, une place nettement plus importante aux plats servis et à leur profusion. Parce que les Romains sont amateurs de bons vins, ils sont tout de même servis en abondance "selon les rites de la commissatio qui achève toujours la cena"21(*), mais ils ne possèdent pas la même valeur que dans le symposion. Le banquet grec est un espace de vérité alors que le festin romain illustre une philosophie de la gloutonnerie, une philosophie du ventre. La quantité et la démonstration des mets prédominent la saveur et le goût. D'une certaine manière, la civilisation romaine tend à s'éloigner des dieux par leur talent d'invention culinaire et par la maîtrise du corps, alors que les Grecs sont en perpétuelle communion avec les dieux par le biais de la boisson.

* 18 _ FAUCHEUX, Michel. 1997. Op. cit., p. 40.

* 19 _ FAUCHEUX, Michel. 1997. Op. cit., p. 43.

* 20 _ Les Grecs, comme les Romains, boivent leur vin mélangé à de l'eau.

* 21 _ FAUCHEUX, Michel. 1997. Op. cit., p. 52.

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