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Lecture structurale de "Vautrin" d'Honoré de Balzac

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par Nour El Houda BOUDEMAGH
Université Mentouri -Constantine- Algérie - Master 2 sciences des textes littéraires 2012
  

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2-Notions spécifiques au théâtre

Dans cette partie, nous allons nous concentrer que sur les notions opératoires pour notre travail.

2-1 Le drame :

S'étendant sur plus de deux mille cinq cent ans d'histoire, le théâtre connait non seulement divers aspects mais aussi de multiples théoriciens à l'instar d'Aristote qui dans  La Poétique  avait mis en évidence ce qui fonde le théâtre à savoir l'action. Opposant le genre épique (qui représente les actions en les racontant) au genre dramatique (qui les représente en les montrant), il avait transformé l'écriture en une parole dynamique que les acteurs sont chargés d'exprimer devant un public, sur un lieu physique où des forces qui habitent des corps, qui prennent des noms et coïncident avec des caractères ( bien/mal, humain/divin, passé/présent...etc.) se font face, s'équilibrent, ou bien manifestent leurs suprématies.

Ce primat de l'action donne naissance au drame qui fut l'outil privilégié des dramaturges, alors à la quête d'un nouveau souffle théâtral après avoir constaté vers 175020(*), la profonde lassitude du public des deux genres extrêmes que sont la Tragédie et la Comédie , car ni les émotions trop fortes ni les personnages auxquels on ne peut croire tant l'excès du ridicule, n'attiraient le public sûre de trouver refuge dans le juste milieu .

Ce public dont la majeure partie était issue de la bourgeoisie éclairée et qui donnait le début d'existence d'un nouvel ordre à sa mesure, voulait contempler sa propre image dans le reflet des productions que donnait un théâtre où les maitres- mots sont le quotidien et l'ordinaire, il voulait voir sur scène, la famille ses joies, ses peines sa stimulante et passionnante épopée ; plus de Roi, de valet sournois, le mariage devient une institution trop respectable pour qu'on ose en rire.

Le théâtre et avec ses pouvoirs d'illusion et de conviction se métamorphose et devient l'expression de la « "vraie vie" bourgeoise »21(*) qui le prend comme un miroir prêt à réfléchir ses valeurs et sa vision "symbiotique" de la société, il est en accord et adhère à ses idées et ses usages, comme elle l'avait voulu il illustre sa propre morale.

En réaction à ce drame bourgeois et à cette "dramaturgie du miroir"- pour reprendre une expression de Marie-Anne Charbonnier- se voit naitre le drame romantique qui comme son nom l'indique est une des manifestations du romantisme. Ce mouvement littéraire (pictural et musical aussi) de la première moitié du XIX e siècle dont la doctrine affirme la liberté créatrice contre l'imitation de l'Antiquité. En effet, la littérature romantique avec toutes ses facettes refuse les idées acquises des aïeuls ; la liberté du génie doit s'affranchir des règles tout comme l'individu doit s'émanciper de la société.

Sans être l'exception le théâtre confirme la règle quand-t-il brave toutes les entraves en imposant le  mélange des genres et la diversité, le drame romantique préconise le mélange des tons, récusant ainsi qu'il n'y ait que du tragique dans une tragédie et que du comique dans une comédie. Certes cette position a été déjà adoptée au XVIIIe siècle avec Diderot et Beaumarchais en mettant au jour le drame bourgeois, cependant la prééminence du drame romantique se remarque non seulement à travers le rejet du moralisme, mais aussi à travers de ce refus de la règle fondamentale la plus célèbre du théâtre classique celle dite « des trois unités » (d'action, de temps, de lieu),[(selon laquelle, l'intrigue forme une succession complémentaire d'actions (unité d'action). Le temps de la fiction doit se rapprocher du temps de la représentation en ne dépassant pas vingt-quatre heures (unité de temps) et enfin pour une « imitation » parfaite, d'éviter une rupture spatio-temporelle : la scène ne peint qu'un seul lieu (unité de lieu),]

Cette illusion de faire un "vrai " fade et plat au nom de l'imagination et de l'expression du génie, s'est livré pour céder place aux nouveaux préceptes, ceux de l'Histoire dans toute sa complexité, représentant les bouleversements politiques avec l'idée que « le passé illustre le présent »22(*), et en mettant au premier plan un héros singuliers remplacent les personnages figés des XVIIe et XVIIIe siècles : le héros romantique est un individu original, qui évolue et dont le destin est illustré par la pièce. Marginal, il incarne le « mal du siècle », porté par ses désirs il définit le rôle de l'individu dans l'évolution de la société.

Enfreignant encore une fois tous les canons de la tradition classique le drame romantique met en scène l'action, car comme nous l'avons présenté au début le genre dramatique diffère du genre épique en ce qui concerne la manière de représenter l'action.

Alors qu'entendons nous par : Action ?

* 20 Marie -Anne Auteur de : Esthétique du théâtre moderne, Armand Colin / Masson, Paris, 1998. P10.

* 21 Ibid.

* 22 Ibid.

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