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Lecture structurale de "Vautrin" d'Honoré de Balzac

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par Nour El Houda BOUDEMAGH
Université Mentouri -Constantine- Algérie - Master 2 sciences des textes littéraires 2012
  

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2-2- L'action

Selon la tradition aristotélicienne l'action est « l'ensemble de faits qui constituent l'histoire et le sujet d'une pièce de théâtre, [...] résultants du comportement des personnages »23(*).

Effectivement, Comme le souligne Patrice Pavis dans son Dictionnaire du théâtre : l'action pour le théâtre dramatique est à rattacher à  « l'apparition et la résolution des contradictions et conflits entre les personnages et entre un personnage et une situation. C'est le déséquilibre d'un conflit qui force le(s) personnage(s) à agir pour résoudre la contradiction ; mais son action (sa réaction) amènera d'autres conflits et contradictions. » .

Ces conflits et ces contradictions qui constituent l'action selon P. Pavis se révèlent parfaitement à l'analyse des liens qu'entretiennent mutuellement les personnages et que la sémiologie regroupe dans le model actantiel.

Une notion développée dans les années soixante- dix à partir des travaux de V. Propp (Morphologie du conte russe) et Etienne Souriau (Les deux cent mille situations dramatiques) et que A-J Greimas précise le modèle pour les spécialistes comme Anne Ubersfeld qui l'applique au théâtre : « Sous l'infinie diversité des récits ( dramatique et autres) peut être repéré un petit nombre de relations entre des termes beaucoup plus généraux que les personnages et les actions et que nous nommons actant. »24(*) .En remettant en question la vision classique de l'étude dramaturgique (unité d'action), elle préfère au simple travail sur « la surface » de saisir les structures profondes par la mise en place du schéma actanciel, un outil d'analyse qui prend en compte d'une manière parfaite l'action de n'importe quelle pièce de théâtre à n'importe quelle époque.

Le modèle actantiel met en exergue les structures profondes de l'oeuvre et se présente de la façon suivante :

Destinateur Destinataire

Sujet Triangle de la motivation.

Objet Triangle du conflit.

Adjuvant (s) Opposant (s)

Figure -I-25(*)

Ø Sujet/ objet:

C'est le principal axe qui exprime la dynamique de l'oeuvre c'est «son moteur». Cette relation ne peut être déterminée qu'à l'identification du sujet (dans le texte) qui est indissociable de l'objet constituant sa quête, cependant le repérage de cette relation doit s'accomplir hors toute psychologie puisque c'est les actions qui accordent au personnage son caractère (Aristote).

Ø Adjuvant /opposant :

Il s'agit des forces qui aident le sujet à accomplir sa quête ou au contraire tenter de l'en empêcher.

Ø Destinateur/ destinataire :

Leur repérage fait entrer dans le schéma les enjeux idéologiques. Le destinateur indique tout ce qui fait agir le sujet (à cause de qui, ou de quoi le sujet agit-il ?). Le destinataire représente ce à quoi il attribut sa quête (pour qui, ou pourquoi le sujet agit-il ?).

Il s'agit donc pour l'analyse d'une oeuvre dramatique (sur le plan de l'Action), d'identifier les actants qui occupent ces six fonctions, actants qui peuvent être des individus, ou des entités abstraites. Un Sujet veut un Objet, ce "vouloir" est manié par un destinateur et entretenu pour le compte d'un Destinataire. La relation entre le sujet, l'objet, le destinateur et le destinataire correspond à ce qu'Anne Ubersfeld appelle le Triangle des motivations. La partie inférieure du modèle, le Triangle du conflit, où elle présente les difficultés ou les obstacles qui empêchent la réalisation du désir. C'est à ce niveau que s'opposent, autour de l'objet, des Opposants et des Adjuvants.

De ce fait l'action se passe dés qu'un des actants prend l'initiative d'un changement de position dans « la configuration actantielle », troublant ainsi l'équilibre des forces du drame. Si après avoir définit au sujet l'objet vers lequel il tend, ses adjuvants et ses opposants le schéma venait à se transformer et les actants prenaient d'autres valeurs et de nouvelles positions, le cours de l'histoire changerait et les actions changeraient avec, car elles sont la suite « logico- temporelle  des différentes situations »26(*) .

Nous remarquons que l'action dans le drame est étroitement liée aux comportements des personnages. Il est toutefois nécessaire de savoir - comme le note Aristote - que ces derniers « n'agissent pas pour imiter des caractères, mais ils reçoivent leurs caractères par surcroit et en raison de leurs actions. »27(*). Une analyse rigoureuse du drame s'efforce de comprendre alors que la psychologie du personnage -que la dramaturgie classique appelle le caractère- est le résultat de l'action et non sa source. C'est-à-dire que ce n'est pas le caractère qui pousse un personnage à agir, mais c'est l'action qui attribut à un personnage son caractère.

Aristote dit clairement : « sans action il ne saurait y avoir tragédie, tandis qu'il pourrait y en avoir sans caractères. »28(*)

Quant aux caractères, qu'ils soient apparents ou dissimulés par les personnages, se transposent dans le triangle des motivations pour autant qu'ils soient mentionnés dans les répliques.

2-2-1Les différents moments de l'action

Ø L'exposition

Premier moment de l'action théâtrale, l'exposition permet de présenter aux spectateurs les éléments qui leurs seront nécessaires pour comprendre l'action : lieu, temps, raisons de la présence des personnages et relations qui existent entre eux, événements récents, indices de la crise à venir.

Ø Le noeud

Dans la Poétique d'Aristote, ce mot est la traduction du grec de dèsis (action de lier) par opposition à lusis, (action de délier). C'est le mélange inextricable des fils de l'intrigue lors qu'elle est nouée. « Il s'agit de la partie de la pièce qui s'étend entre le moment où, après l'exposition, le conflit se noue dans une confrontation ou à la suite d'un événement extérieur, et le moment où, après la péripétie, il se dénoue.  Le noeud se situe, en un mot, entre l'exposition et le dénouement, au moment où apparaît l'obstacle qui détermine le conflit. »29(*)

Ø La péripétie

« Un événement qui va permettre de dénouer le conflit et de conduire l'intrigue à son achèvement. »30(*). Elle est un changement de situation qui intervient dans l'action.

Ø Le dénouement

« Dernier moment de l'action, ou de l'intrigue dans le système dramatique classique. Après la péripétie commence le dénouement qui en résulte comme naturellement et qui lui est lié. Le noeud se défait, les tensions qui le constituaient s'apaisent. La situation revient à l'équilibre. » 31(*)Le dénouement peut se créer par l'effet d'un récit, ou se produire « en action », c'est-à-dire sous les yeux des spectateurs.

* 23 Lexique des termes littéraires, coll Livre de poche, éd .LGF.2001.Cité dans, file,/// G:/action.html.

* 24 Anne Ubersfeld, cité in, Existe- t-il une spécificité du texte de théâtre ?, Jean-Pierre Ryngaert, Nathan Université, Paris 2000. P 59.

* 25 Anne Ubersfeld, cité, in Méthodes et problèmes, L'oeuvre dramatique, Danielle Chaperon, Dpt de Français moderne - Université de Lausanne(c) 2003-2004. file:///H:/odintegr.html.

* 26 Patice Pavis, Dictionnaire du théâtre, termes et concepts de l'analyse théâtrale, Ed, Sociale, Paris 1980. P 26

* 27 Aristote, Poétique ,1540a, cité, in, P. Pavis, op, cité, P 28.

* 28 Ibid.28

* 29 Lexique des termes littéraires, coll Livre de poche, éd .LGF.2001. Cité dans : file,/// G:/action.html.

* 30 Ibid.

* 31 Ibid.

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