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Essai sur les élites traditionnelles au Maroc

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par El Mostafa AAOURDOU
Université Moulay IsmaàŻl Meknes - Maroc - Master en science politique 2012
  

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Section II : similitude des facteurs de l'ascension de l'élite 

Au Maroc, l'élite est un ensemble des groupes minoritaires, stratégiquement placée, susceptibles de prendre une décision à haut niveau ou du moins participer d'une manière ou autre à sa formulation. Il s'agit d'une catégorie de marocains pouvant influencer pour différentes raisons, le pouvoir décisionnel à l'échelon national81(*). En outre ces mêmes groupes peuvent intervenir dans la distribution des bienfaits de l'Etat et ses avantages, leur influence peut être liée à un réseau de fidèles et de clients. L'élite au Maroc est un énorme réseau tissé des relations et d'intérêts. J.Waterbury a précisé que l'élite domine toutes les couches, et s'enracine de cette manière au sein de toute la société. Ils sont des groupes d'origines différentes. Un mélange d'arabes, d'andalous, de juifs et d'européens convertis à l'islam82(*). Mais, ils sont tous voraces du pouvoir, ils veulent l'exercer à perpétuité. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas contacté les procédés démocratiques modernes de la gestion des affaires privées et publiques. Au contraire, ils sont diplômés des grandes écoles à l'instar de leurs homologues français. Mais les marocains, tombent sous l'autorité paternaliste qui, fabrique des hommes privés de toute autonomie de jugement. Ils sont en conséquence contraints à défendre les intérêts de la famille, de la filiation, il faut rester au pouvoir et respecter la règle de l'hérédité des fonctions, des ordres et des professions. Pour se faire, les élites procèdent à des méthodes à même de pourvoir leur ascension sociale. Ils sont issues de groupes distincts pourtant leurs moyens de promotion sont identiques. Comment cette élite se forme-t-elle, et comment elle est intégrée ?

Aborder ce sujet légitime une série de question qui sautent à l'esprit : est ce le jeu de la démocratie est respecté et tous les candidats peuvent être traité de la même manière, est ce que la compétence est le seul critère ? Ou il existe d'autres obstacles à franchir pour être enfin admis au sein de l'élite ?

L'origine noble et la fortune peuvent dans certaines mesures ouvrir le chemin de l'élite, renforcée par le facteur de la compétence. Le Makhzen a été le maitre de la scène, personne n'est autorisé à faire partie de l'élite sans recevoir son aval (Paragraphe I), ans négliger le rôle de la famille dans la réussite individuelle (Paragraphe II). La culture traditionnelle des marocains, tient encore place dans la scène politique, deux moyens d'ascension subsistent aux différents changements (Paragraphe III).

Paragraphe I : le makhzen reproduction des anciennes pratiques

L'élite politique est un facteur de continuité des systèmes de la monarchie et de ses structures. Elle entretient un réseau de relations de connaissances et de reconnaissances mutuelles et de conspirations, dont tous les membres s'impliquent y compris l'opposition. Ils s'alignent avec la monarchie, pour sauvegarder leurs intérêts, en contre partie, le roi a besoin d'eux pour contrôler la société. Cette élite commande la société et détient les moyens de production, tente de limiter les ambitions des autres catégories qui cherchent à jouir, elles aussi, des mêmes prérogatives liées à celles du makhzen. Celui-ci n'est qu'une continuité du jeu de l'ancien makhzen et des notables avant et après le protectorat. Dans cette période, pour consolider et étaler son autorité, et alimenter sa trésorerie, le sultan bataillait tout le temps contre les tribus. Une série d'alliances et contre alliances se lancent, par la suite, sans fin. Il devait négocier la paix avec les unes contre la terre, et acheter les autres. Après l'indépendance, les mêmes méthodes ont été adoptées à l'égard des partis politiques. Le makhzen est étranger à la société, il puise sa source en dehors des sphères rurales, il est d'essence urbain. Partant de là il n'a jamais contracté des alliances en dehors des élites (A). Compte tenu de la particularité de sa genèse, il tend échapper à toute institutionnalisation (B)

A- Des alliances en dehors de l'élite : Une stratégie dangereuse

La monarchie s'est investie, depuis son avènement, comme le porte parole d'une élite technocratique urbaine. Celle-ci est issue des familles de la bourgeoisie citadine qui conservant des attitudes identiques envers le pouvoir au même titre que les pratiques de spéculations foncières et commerciales similaires. Ces familles résidaient à l'intérieur des villes qui étaient en permanence menacées par les attaques des tribus dissidentes. Cette élite commerçante n'a jamais tenté de changer la nature du makhzen, c'est lui qui assurait sa sécurité et celle de ses transactions.

Les familles composants cette bourgeoisie étaient au nombre de trois groupes interférents. Leur cohésion et solidarité a été à l'origine de l'augmentation de leur fortune et influence. Au lendemain de l'indépendance, le roi avait assuré la participation au pouvoir, de cette élite moderne hautement instruite, qui composait une classe de technocrates qualifiés. Pour garantir la continuité de ce régime la monarchie, devait contrôler les cercles d'ascension sociale des élites83(*). Elle tenait à réaliser deux objectifs : la continuité du caractère religieux ayant justifié une efficacité politique, ainsi que la stabilité par le monopole du dossier sécuritaire. Pour se faire, une politique de domestication, segmentation, captation des élites a été menée. Les ambitions des groupes sociaux qui se servent de la crise économique comme un prétexte pour intégrer l'élite, constituent une vraie menace au régime. Le contenement des élites est plus facile que celui de la jeunesse qualifiée de «  prolétariat instruit ». La monarchie préfère la voracité de l'élite, sur l'accès des éléments des classes défavorisées, aux positions qui, historiquement ont constitué un héritage réservé aux notables et bourgeois. La monarchie consolide la position de l'élite, car même si l'accès au champ politique est devenu libéral et large, son intégration est conditionnée par des situations et positions spéciales. En outre l'élite en tant que minorité dominante affronte les franges dominées afin de réduire leurs ambitions et prévenir toute atteinte à ses privilèges. En conséquence l'ascension sociale au Maroc, est soumise à la logique de l'origine familiale et sociale.

* 81 - ?EI C????? C?????- ??C?E C??IEE EC??U?E? C??I?? ?C??C? ?C???E ?C???I? ??? C????? ??? C???E? I?CE? ???E ?U? C??II:9? ?:22

* 82 - Ali Benhaddou, opt. cit. p. 27

* 83 -??I ???E- C??IEE C??I???E ?C?????E: E?C?? ?? ??? C?I?? ?C?C?E??C? ??? ??? C????C? IIC? C??I?? ?C?C?E??C?? ???E ?U? ?II 43???E 2010 ?? ?? 30 -

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