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Essai sur les élites traditionnelles au Maroc

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par El Mostafa AAOURDOU
Université Moulay IsmaàŻl Meknes - Maroc - Master en science politique 2012
  

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Paragraphe II : le rôle de la famille pour l'accès à l'élite

Au Maroc, l'ascension sociale d'un individu reste tributaire de sa famille ou de son groupe. C'est l'appartenance qui lui confère le statut de l'élite et non sa situation administrative. La famille prépare et assure l'insertion de l'individu dans son futur milieu, s'il existe une mobilité c'est à l'intérieur de la classe dirigeante. Le rôle de la famille, dans l'accès des membres de l'élite aux postes de décision, constitue un aspect de l'hérédité86(*) . L'élite est un monde fermé, une société distincte de la masse, cet esprit est renforcé par des pratiques courantes d'intermariages. La descendance et l'alliance à une grande famille constituent les moyens d'assurer la permanence et l'expansion de ce groupe.

A- l'ascendance et l'autorité paternaliste socle de l'élite

En France, l'école partage le rôle de la famille, comme lieu de formation sociale87(*), au Maroc, ce que font et pensent les gens de l'élite, échappent complètement à l'action de l'école. Au Maroc, faire partie de l'élite, fuit les lois politiques et démocratiques et devient un système social héréditaire. Un système asservit par l'autorité paternaliste, qui fait tout pour le fils, elle s'infiltre dans la vie individuelle pour faire de lui un homme dépendant de la tradition paternaliste, incapable d'agir sur son propre sort. Rares sont les marocains instruits qui ont renié leur famille. C'est l'hérédité des ordres, des fonctions et des professions qui est la règle, le livret de famille remplace le diplôme et la compétence. Parce qu'il n'y a pas eu de révolution industrielle, ni culturelle, et le progrès n'a pas pu briser les liens de consanguinité ou de mariage qui continuent à produire des castes et des classes dominantes, c'est l'héritage du passé qui prévaut88(*). Comme le dit Paul Pascon, le Maroc traine derrière lui les casseroles de l'histoire89(*).

B- l'alliance 

La bourgeoisie marocaine se prétend issue d'origines civilisatrices de l'orient et de l'occident, persuadée par la noblesse de son origine, de sa supériorité éthique, ethnique et sociale, elle tient à assurer sa permanence par les relations d'alliance. En effet les mariages consanguins assurent la conservation ou l'acquisition des postes et des positions. Pour ce groupe le mariage est une décision familiale et non personnelle. Les familles issues de ce groupe cherchent une exploitation optimale des ressources des autres groupes. Les chorfas sont convoités pour leur autorité et leur noblesse, l'union contractée avec eux permet l'accès au privilège du sacré et du politique, parce que l'Etat est d'essence chérifienne. Les bourgeois sont souhaités pour leur fortune, leur relation avec le pouvoir et le savoir faire étatique rend l'alliance avec les familles makhzen une affaire affriolante. Il est apparent que tous ce qui concerne l'élite se passe hors de sa volonté, leurs membres ne sont ni maitres de leurs idées, ni de leurs désirs, encore moins de leur destin. C'est pourquoi ils haïssent le changement, et la nouveauté, ils idolâtrent le statuquo, véritable problème qui sursoit le progrès institutionnel.

* 86 -Michèle Marie Aliote, la décision politique, Attention une république peut en cacher une autre, éditions Puf, 1983, p.96.

* 87-Ibid, p. 94.

* 88 - Ali Benhaddou, op. cit. p. 26.

* 89 -Paul Pascon, Trente de sociologie au Maroc, in BESM, 1997, p. 73.

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