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Essai sur les élites traditionnelles au Maroc

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par El Mostafa AAOURDOU
Université Moulay IsmaàŻl Meknes - Maroc - Master en science politique 2012
  

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1- le parti marocain n'est pas un parti de cadres

Selon la typologie pionnière de Maurice Duverger, les partis de cadres sont des organisations composées essentiellement des notables. Ces partis ont une activité centrée sur les élections et attirent des membres des élites sociales, dont la fortune ou la notoriété constituent d'importantes ressources électorales46(*). Il s'agit d'appareils organisationnels peu développés et sont en général faiblement organisés, et articulés localement sur des réseaux notabiliaires assez autonomes, ils sont en conséquence peu disciplinés et faiblement hiérarchisés47(*).

Au Maroc, les relations organisationnelles ne peuvent être appréhendées, elles restent imprécises. L'identification du parti politique s'avère délicate. Sa délimitation exige des lignes le démarquant du modèle occidental laïque, le parti politique marocain s'inspire de la culture arabo-musulmane qui constitue le fondement de l'identité du pays. Les adhérents se réunissent autour de la personne du fondateur et non à propos d'une idée ou un principe. Le Zaïm vient avant le parti, l'idéologie et le programme politique. Le parti politique marocain, était alors une étendue du texte coranique, qui rassemble les croyants et les unifie autour du dieu unique. L'influence de la religion rend impossible la production de cadres et des leaders. Elle permet seulement l'avènement d'un leader et des membres. Une relation sacrée se noue entre les membres et le dirigeant unique. De ce moment là, le leader est préoccupé par la consécration et la pérennisation de ces rapports. Aucune concurrence n'est tolérée, l'ascension d'un membre quelques soient ses qualités est interdite. La scission est l'aboutissement naturel des rivalités au sein de la même organisation politique.

A l'intérieur du parti marocain, les conflits, n'ont jamais été d'origine idéologique ou sociale, ils sont axés autour du leadership et de la direction du parti. La société ne tolère jamais une multitude de dirigeants. Seul l'unique chef est accepté, le parti se confond avec le leader. Celui-ci le considère comme sa propriété privée, et ne sent aucune difficulté à préparer son fils pour le remplacer48(*). A cause de la mentalité de gestion, les partis deviennent non attractives des cadres, en raison de l'absence, de la représentation sociale, de l'idéologie, d'un projet de société et la forte présence des ambitions personnelles, ainsi que les intérêts individuels, qui renforcent l'idée des clans et acharnent les rivalités. La compétence ne compte plus, la fidélité et le clientélisme lui substituent. Après tout cela, il est légitime de conclure qu'il est inadéquat de parler au Maroc de partis de cadres, Ils sont différents du modèle initié par Maurice Duverger. Les partis politiques au Maroc présentent des caractères similaires, provenant de la profondeur historique et culturelle de la société. De même le champ politique est marqué par la présence d'un acteur primordial qui, la monarchie. Une tentative de classification peut être mise à l'essai : partis de l' « administration » et partis issus du mouvement national.

* 46 -Jean Yves Dorgman et Daniel Mochard : introduction à la sociologie politique, éditions de boeck, 2008, p.  109.

* 47 -Troiiv Jean François (sous direction), Maroc : région, pays, territoire, éditions Maisonneuve, 2002, p .74.

* 48 - Abdelkebir Khatibi, Alternance et les partis politiques au Maroc, eddif, 1999, p. 26.

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