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Croissance démographique et développement en Afrique subsaharienne

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par Yannick ZAMBO ZAMBO
Université Paris Dauphine - Master2 Assurance 2012
  

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RESUME

L'Afrique subsaharienne est depuis belle lurette, la région du monde qui détient bien des records en matière de développement et de démographie. Cela a été mis en évidence dans notre travail par l'état des lieux fait sur la situation du bien-être des subsahariens ainsi que sur les avancées du sous-continent en matière de transition démographique. Il en est ressorti qu'en ce qui concerne le développement, les records sus-évoqués ne constituent indiscutablement pas un motif de satisfaction : l'IDH du sous-continent quoiqu'en perpétuelle amélioration est le plus faible du monde, et le fait classer comme région en voie de développement. Dans les faits, les déterminants de l'IDH sont le reflet de cette situation : les index de santé et de bien-être économique, à savoir l'espérance de vie (54 ans) et le revenu par tête (1265$ qui est catégorisé comme niveau moyen inférieur), sont les plus bas parmi ceux de toutes les autres régions. Dans le domaine de la démographie, le record concerne le caractère élevé de la croissance de la population du sous-continent. La fécondité y reste la plus élevée (4,9 enfants par femme) en dépit d'une baisse régulière qui prouve tout de même que l'Afrique subsaharienne a bel et bien entamé la deuxième phase de sa transition démographique.

Cependant, contrairement au jugement tranché que nous avons eu ci-dessus sur l'évolution de la situation du développement, il est difficile de se prononcer sur le caractère vertueux ou non d'une forte poussée démographique comme celle qui caractérise encore l'Afrique subsaharienne. La prudence à avoir face à ce sujet s'impose ne serait-ce-que au vu des vives controverses qu'a longtemps suscité le rôle supposé d'une croissance démographique soutenue sur les conditions de vie des populations. Malthusiens et anti malthusiens ont longtemps porté ce débat. Tandis que les premiers étaient assez alarmistes sur les risques de pénurie et de conflit que représente  la population qui s'accroit à un rythme « géométrique » face à des ressources qui évoluent selon une progression « arithmétique », les seconds appelaient à relativiser eu égard au concept de la « pression créatrice » qui amène l'Homme à s'adapter, à être inventif particulièrement pendant les moments de difficultés.Ainsi, Le premier chapitre de ce travail, consacré à la présentation des théories de population et de développement, en fait largement échos dans un premier temps.Ensuite, il montre comment au fil du temps et sur la base d'observations empiriques, les positions quelque peu manichéennes de ces deux écoles de pensées ont été appelées à être nuancées, pour privilégier une approche d'interdépendance entre les sous-systèmes « démographie » et « développement ». Cette approche qui s'est imposé face aux réalités qui prévalaient sur le terrain, a rallié des figures parmi les plus convaincues du débat entre malthusiens et anti malthusiens. Le constat fait est que les déterminants et indicateurs de la croissance démographique et du développement interagissent entre eux selon des règles « causes à effets » complexes, non figées mais dynamiques dans le temps et dans l'espace. C'est sur cette base qui semble faire l'unanimité de nos jours, que nous nous sommes résolus à étudier les relations entre la croissance démographique et le développement en Afrique subsaharienne.

Mais avant de nous appesantir à proprement dit sur ce thème, une meilleure maîtrise de ses contours s'est avérée indispensable notamment en ce qui concerne les déterminants des résultats actuels sur le développement et la croissance démographique du sous-continent. Ainsi, pour le sous-système démographie, les facteurs explicatifs de la forte fécondité de l'Afrique subsaharienne ont été identifiés via une demande d'enfants qui demeure élevée. Les raisons sont historiques (traite négrière), culturelles (lignage, famille élargie) et socioéconomiques (enfants sources de soutiens financiers, matériels et affectifs). En ce qui concerne l'état de développement, la principale raison source des autres (pauvreté culturelle et monétaire ainsi que précarité des conditions de santé), est sans aucun doute la faiblesse des niveaux de production de ces pays. Il a été identifié que l'une des causes majeures de cette faiblesse de production est la structure rentière qui a longtemps caractérisé les économies de ce sous-continent

La présentation de ces éléments fondamentaux étant faites, nous avons donc pu aborder l'analyse des interrelations objets de notre travail.

A cet effet, nous avons commencé par l'étude statistique des corrélations entre les deux sous-systèmes. Celle-ci s'est faite à deux niveaux. Le premier est un niveau globalisant puisqu'étudiant la corrélation directe entre l'IDH et le taux de croissance démographique et le second est plus détaillé étant entendu qu'il analyse les corrélations entre les facteurs directs et intermédiaires des deux grandeurs d'études. Dans tous les deux cas la démarche a consisté à introduire les séries chronologiques des variables concernées dans le logiciel E-views pour obtenir les matrices de corrélation et d'effectuer un test de causalité pour les couples de variables dont les coefficients de corrélation tendaient à traduire l'existence d'une liaison moyenne ou forte. Le test statistique de Granger qui a été utilisé a aussi l'avantage de d'indiquer non seulement si la dépendance dans un couple de variables est univoque ou plurivoque, mais aussi laquelle des grandeurs a une influence sur l'autre. Dans le cas de l'Afrique subsaharienne, les conclusions pour le premier niveau sus-évoqué sont les suivantes: corrélation assez forte entre l'IDH et la croissance démographique, avec une influence univoque et négative de cette croissance sur l'évolution du développement. Pour le second niveau, une constante se dégage : la croissance de la population, dont le reflet dans ces calculs est le niveau de la fécondité, est corrélée négativement à l'index de santé et au revenu par tête. Cette croissance influence donc négativement ces variables surtout dans le cas des conditions de santé des populations pour lequel le coefficient de corrélation est très élevé et les sens de causalité plurivoques.

Après ces analyses des variables statistiques de liaison qui établissent in fine l'existence d'actions réciproques entre les deux concepts d'étude dans le cas de l'Afrique subsaharienne, nous avons enfin fait un examen plus empirique des causalités et effets induits.

Il est globalement apparu une confirmation des résultats de l'étude des corrélations ci-dessous, à savoir que la poussée démographique du sous-continent n'a pas jusqu'ici rendu facile la marche vers un mieux-être des populations. L'expansion de la population est même sur la base des résultats de notre étude, l'un des facteurs qui empêcheraient l'Afrique subsaharienne d'atteindre à l'horizon 2015, les Objectifs du Millénaire pour le développement. En effet, en ce qui concerne l'index revenu, la croissance démographique est l'un des éléments qui ont causé la stagnation du revenu par tête réel de la région. Dans le même ordre d'idées, elle constitue un facteur aggravant de pauvreté selon des études réalisées auprès des ménages de certains pays. Dans les domaines sociaux, elle ne permet pas aux pays dont la plupart ont des ressources limités de répondre à l'accroissement continu et soutenu des demandes de prestations sociales liées à l'éducation et à la santé. Cela est d'autant plus vrai que la pyramide des âges de la région, montre que ses pays comptent un nombre important de personnes qui, en plus d'être en âge de bénéficier d'une scolarisation (6-12 ans), ont également une forte propension à la demande des soins de santé (les enfants notamment).Par conséquent, les taux d'encadrement des populations vis-à-vis de ces secteurs demeurent bas, ce qui ralentit la progression de la scolarisation et maintient la mortalité infantile et maternelle à des niveaux qui restent élevés.

Un autre pan de notre étude a consisté à passer au crible de nos analyses les probables effets du développement sur la population. L'étude sur les corrélations n'a pas véritablement permis de déceler des résultats concluants à ce sujet, certainement parce qu'il aurait fallu des séries chronologiques plus longues étant entendu que le pas de temps des changements de comportements que peut induire le développement est généralement élevé. Mais, l'analyse des données empiriques amène à conclure que le développement accélère le processus de transition démographique. En effet, nos recherches et analyses ont monté que l'éducation des jeunes filles, parce que favorisant une meilleure santé reproductive et repoussant l'âge de mariage, est un facteur de diminution de la fécondité et de la mortalité. En outre, les niveaux de revenu et de développement du lieu de résidence sont apparus comme corrélés négativement à la fécondité. Le développement, en cette qualité de catalyseur de la transition démographique, peut donc créer un cercle vertueux autoentretenu par lui-même.

Cependant, nos études ayant mis en exergue des disparités profondes entre les pays du sous-continent qui a cessé d'être rigoureusement homogène en matière de transition démographique ou de niveau de développement, il est apparu dans l'analyse de la situation spécifique de deux pays que le développement peut se combiner à l'expansion démographique pour créer des effets pervers. C'est le cas au Kenya ou encore au Cameroun où la quête des acquis de développement a provoqué l'accélération d'une urbanisation difficilement contrôlable. L'exemple du Kenya a également mis en évidence l'opposition entre la recherche d'un bien-être satisfaisant des besoins ponctuels et le développement durable.

Mais, l'espoir demeure pour l'Afrique subsaharienne. En effet, outre la transition démographique qui se trouve déjà à une phase relativement avancée, les bilans d'étape des Objectifs du Millénaire pour le Développement, effectués dans le cadre de notre travail ont permis de constater que même s'il est difficile pour le sous-continent d'atteindre ces objectifs à l'horizon fixé, des avancées remarquables y ont été faites en une décennie en matière d'éducation, de santé et dans une certaine mesure, de revenu.

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