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Médias et gestion des crises dans la région de l'extrême- nord du Cameroun: cas de l'épidémie de choléra dans le département du Mayo- Tsanaga

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par Grégoire DJARMAILA
Université de Maroua Cameroun - Master professionnel en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur facilitateur de développement  2011
  

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S'agissant des moyens de lutte contre les épidémies, Pierre Fadibo souligne que la lutte contre les épidémies date de l'époque précoloniale. Mais selon lui, cette lutte n'est jamais parfaite en raison des multiples facteurs liés à la nature, aux hommes et à l'épidémiologie de ces maladies. D'abord, les populations ne sont pas assez éduquées et parfois ne se sentent pas concernées par les campagnes d'éducation sanitaire. Les moyens adéquats ne sont pas assez utilisés et lorsque le politique s'y mêle pour justifier ses positions et ses budgets non utilisés à bon escient en faisant un tapage médiatique sans action efficace sur le terrain, c'est normal que les épidémies soient rebelles.

Dans le cadre de sa thèse de doctorat Ph D, soutenue en 2006, et dont l'intitulé est Les épidémies dans l'Extrême-Nord du Cameroun : XIXème-XXème siècles, Pierre Fadibo s'intéresse aux épidémies qui ont toujours jalonné la Région de l'Extrême-Nord. Il faut souligner que cette étude historique des épidémies dans l'Extrême-Nord du Cameroun qui explore les facteurs épidémiologiques, les manifestations, les conséquences et les réactions des populations et des pouvoirs publics modernes est déjà amplement développée dans l'ouvrage évoqué plus haut du même auteur. Mais de manière tout à fait particulière, il s'interroge sur les facteurs favorisant le développement itératif des épidémies, leurs origines et leurs manifestations. Par ailleurs, il questionne les perceptions et les méthodes et moyens de prévention et de prophylaxie mis en place tant par les populations locales que les pouvoirs publics modernes. Il en résulte selon l'auteur que l'Extrême-Nord camerounais se présente comme un champ épidémiologique actif de plusieurs maladies transmissibles. Ce déterminisme géographique place la région dans la ceinture de certaines endémies tropicales comme la méningite cérébro-spinale, le choléra, la rougeole et de la trypanosomiase humaine. Cependant, poursuit-il, ce déterminisme est insuffisant, car l'épidémisation des maladies dans cette région dépend également de la complexité des interrelations existant entre les différents maillons de la chaîne de transmission (réservoir, agent pathogène, vecteur et hôte). En raison des facteurs morbides qui font de l'Extrême-Nord camerounais un espace épidémiologique, les maladies tropicales suscitées ont pu développer leurs effets néfastes pendant les XIXème et XXème siècles. Les vieilles maladies comme la variole et la trypanosomiase humaine ont été les plus récurrentes avec des bilans catastrophiques. L'inventaire des manifestations épidémiques de cette maladie laisse entrevoir plus de neuf grandes phases épidémiques faisant chacune plus d'un millier de victimes et plus de dix épidémies moins graves. Pierre Fadibo conclut que sur le plan économique, les épidémies ont aggravé la paupérisation des populations en ce sens qu'elles les rendent invalides pour une longue période et entravent les activités économiques. En plus du ralentissement des activités économiques, les épidémies ont arraché une grande partie de main d'oeuvre à l'Extrême-Nord camerounais pendant plusieurs siècles. Elles constituent un frein aux investissements divers, car elles mobilisent des moyens matériels énormes de la part des populations, des pouvoirs publics et de la communauté internationale. Au demeurant, les épidémies ont toujours constitué un handicap au développement des régions qu'elles parcourent. Elles se présentent donc comme l'une des raisons que le retard économique du Cameroun septentrional en général.

En fin de compte, cette étude fait un diagnostic de la situation sanitaire des populations de l'Extrême-Nord camerounais de la période précoloniale jusqu'à 1999. Elle explore les forces et les faiblesses de la lutte entreprise tant par l'administration coloniale que par le gouvernement camerounais et la communauté internationale. Ainsi, pour une solution plus efficace contre l'éclosion récurrente des épidémies, les pouvoirs doivent associer à leur combat tous les spécialistes des sciences sociales qui étudieront les peuples afin d'appliquer les stratégies adaptées. Ils doivent en compte les études menées sur les maladies et l'action médicale des pouvoirs publics. Pour ce faire, un bon suivi des activités des comités de gestion de santé et des comités de santé doit être fait par les structures sanitaires. Si les différentes politiques de santé ont échoué c'est à cause de la désinvolture de l'Etat qui n'a pas renforcé le contrôle des structures décentralisées et qui n'a pas mis les moyens suffisants pour atteindre son objectif. Pour limiter considérablement l'épidémisation des maladies, il faudra opérer une bonne révolution des mentalités pour les décideurs et gestionnaires afin d'éviter de servir des intérêts égoïstes. Cette révolution des mentalités pourra redonner confiance aux pays donateurs, ONG internationales nationales et locales, et les amener à jouer pleinement leur rôle de bienfaisance publique au lieu d'être des vaches à lait.

Dans le même ordre d'idées, Christian Seignobos a réalisé une étude sur la variole, une autre épidémie qui a causé des ravages dans le Nord-Cameroun (SEIGNOBOS, C : 1995). Ce travail scientifique intitulé La variole dans le Nord-Cameroun : Représentation de la maladie, soins et gestion sociale de l'épidémie, révèle que les populations du Nord-Cameroun eurent à subir les effets de cette redoutable épidémie jusque dans les années de l'indépendance. La variole souligne-t-il, « fut un fléau dont les ravages dépassaient ceux de toute autre épidémie ». Selon l'auteur, les appellations de la variole expriment tout l'effroi qu'elle inspire. Il est allé puiser dans plusieurs langues locales de la région pour trouver un nom à cette épidémie. « En fulfulde, elle porte plusieurs noms : ndagga, ataamu, gasrPdung, (...).  Chez les Guiziga par exemple, la variole était nommée Bi Mas-va, skwi biya = chose grande, en mafa (mais aussi gidibir). vat nolda = la grande fin, en masa. Chez les Mofu et apparentés (Gemzek, Mboku...), on parle de wow ma erlam = le feu de Dieu à Duvangar, ou encore la langue du feu de Dieu à Durum, de awla inpa bedam = le feu de la grotte chez les Mofu Gudur, de mo gara =la grande maladie, chez les Mekeri' ».

Les articles qui traitent des épidémies ou de la situation sanitaire au Cameroun ou au Nord-Cameroun sont nombreux. Les maladies les plus traitées sont le choléra et la maladie du sommeil. Parmi ces articles, les plus importants pour notre travail sont ceux de: Luc de Backer, Francis J. Louis et Jean-Louis Ledecq traitent de la situation sanitaire générale de l'Extrême-Nord du Cameroun (ATLAS de la Province de l'Extrême-Nord : 2000). Ces auteurs mettent en exergue la qualité des infrastructures médico-sanitaires, des équipements, du personnel sanitaire et des médicaments de l'Extrême-Nord du Cameroun de 1980 à 2000. En plus de ces domaines, ils abordent la situation épidémiologique en faisant allusion aux épidémies de choléra, la rougeole et la méningite cérébro-spinale entre 1990 et 1992. Ces auteurs traitent de l'évolution de l'organisation des services et des soins de santé. Cet article très important pour notre travail ne traite cependant pas de toutes les épidémies ayant sévi de 1960 à 2000. Il manque aussi un inventaire chronologique des épidémies récurrentes et la réaction des populations locales.

Une étude commandée par l'UNICEF en août 2001 retrace l'épidémiologie du cholera dans les quatre bassins du lac Tchad de la période 1970-2003. Le rapport évoque la progression de l'épidémie de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au bassin du Lac-Tchad. Il relève la récurrence des épidémies dans cette zone écologique et pose le problème de l'accès à l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène dans les pays membres du bassin du Lac-Tchad. (Rapport UNICEF : pays du bassin du Lac-Tchad, 2001).

2-2-TRAVAUX SUR LE CHOLERA

J. DUTERTRE et al. 3 étudient le choléra dans l'ensemble du Cameroun (au Sud et au Nord). Ainsi ils présentent les deux itinéraires utilisés par le choléra de Mopti pour atteindre le Sud-Cameroun (février 1971) et le Nord-Cameroun (mai 1971). DUTERTRE, J, HUET, C GATEFF, C. et DURAND, B : 1972).  Ils étudient les conditions particulières de chaque milieu ayant favorisé la propagation rapide de l'épidémie. Ensuite, ils abordent les conséquences humaines avant de relever les efforts déployés pour enrayer le fléau dans chaque foyer.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon