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Médias et gestion des crises dans la région de l'extrême- nord du Cameroun: cas de l'épidémie de choléra dans le département du Mayo- Tsanaga

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par Grégoire DJARMAILA
Université de Maroua Cameroun - Master professionnel en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur facilitateur de développement  2011
  

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Mises à part les conquêtes musulmanes qui ont cristallisé l'animosité dans les relations intercommunautaires, l'histoire de la région est marquée par un cycle de crises. Ces crises sont fréquentes dans le département du Logone et Chari où s'affrontent les Kotokos et les Arabes Choas d'une part, et les Kotokos et les d'autre part. Ces affrontements ont pour trame de fond la gestion de l'espace et les intérêts sociopolitiques. C'est aussi le cas du Mayo-Tsanaga, devenu un terrain de prédilection pour l'épidémie du cholera.

La mémoire d'une certaine génération d'hommes et de femmes du Logone et Chari reste marquée par cette confrontation intercommunautaire qui se produit en 1976 dans les villages arabes de Dollé et de Karena (relevant de l'arrondissement de Makary) situé à 104 km de Kousséri (ALAWADI ZELAO : 2006). Pour une histoire de détournement des fonds destinés à la construction d'une école, Arabes Choas et Kotokos s'affrontent mortellement. Les gendarmes envoyés pour calmer les esprits sont molestés, certains d'entre eux tués, d'autres grièvement blessés. Ce qui provoqua l'ire de l'administration qui décida d'exercer des représailles meurtrières contre les personnes soupçonnées d'avoir pris part à cette insurrection. La localité de Dollé fut vidée de toutes ses forces vives. L'on parle officiellement de 300 morts (TRIBUS SANS FRONTIERES : 1992).

L'affaire Dollé ouvrira les vannes à une série d'épisodes d'affrontements tribaux dans le Logone et Chari. Au-delà de leurs causes immédiates et officielles, les heurts interethniques ou interprétés comme tels entre Arabes Choas et Kotokos de Mbeung (1989), de Goulfey (avril 1990), de Maltam (juillet 1990) et de Kousseri (janvier 1992, décembre 1993 et mars 1994) ont leurs origines dans l'histoire politique, économique et sociale et culturelle. Comme le souligne si pertinemment le Pr SAIBOU ISSA, la démographie joue un rôle important dans la rivalité entre les deux communautés,  « car elle a entraîné un renversement de la majorité politique au profit des Arabes Choas » (SAIBOU ISSA : 2005)

Les Arabes Choa ont toujours entretenu des rapports tumultueux avec les Kotokos qui se disent autochtones du Logone-Chari (BAH THIERNO et SAIBOU ISSA : 1997). Depuis lors, les lignes de fracture entre les deux communautés sont visibles et les deux se regardent en chiens de faïence. Dans le même espace, les relations entre Kotokos et Musgums, communauté ethnique à cheval entre les départements du Diamaré, du Logone et Chari et du Mayo-Danay sont empreintes tout aussi de conflictualité. En janvier 2007, un accrochage entre pêcheurs Kotokos et Musgums dans le district de Zina a fait huit morts et plusieurs blessés. Ces deux communautés pourtant unies par l'histoire et la géographie s'affrontent de manière récurrente. Une animosité exacerbée par les conflits de leadership local. Il faut rappeler que le dernier affrontement entre Musgums et Kotokos remonte à mars-avril 2006. Les deux peuples étaient alors en conflit pour le contrôle de la chefferie de Lahaye.

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille