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Conflit tribalo ethnique dans les pays des grands lacs et son impact sur le développement de la RDC. Cas de la province du Sud- Kivu

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par Shadrack BAGUMA KAJANGU
Université de Lubumbashi - Licence 2011
  

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§4.Economie

La République démocratique du Congo est l'un des pays les plus pauvres du monde, avec des inégalités très marquées malgré ses multiples et diverses richesses. Cette situation s'explique surtout par les différents conflits aux effets dévastateurs qu'a connus le pays.

Les violations des droits humains, - résultat des conflits armés - en particulier des enfants et des femmes, ont eu des répercussions très profondes au sein des populations. En2002, 80 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour. Près de 44 % des femmes et environ 22 % des hommes n'ont aucun revenu. Les disparités régionales sont très fortes. Les populations de l'est du pays vivaient en moyenne avec 32 dollars par an et par habitant alors que celles du sud disposaient de 138 dollars et celles de la province de Kinshasa , de 323 dollars, dix fois plus qu'à l'est. La pauvreté se manifeste par la malnutrition qui touche entre 30 et 50 % des femmes et des enfants. Au total, 16 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire. De

nombreux groupes vulnérables se sont formés (réfugiés, orphelins, enfants déscolarisés ou enfants soldats) qui manquent de soins et de nourriture Culture.

Taux de croissance du PIB et volume et de PIB par habitant

L'économie est essentiellement agricole (70 % des actifs)ou tournée vers l 'exportation. Les minerais sont de grandes ressources avec cette fois-ci le diamant en tête et non plus les minerais du Katanga (la revanche kasaienne). L'économie a été gravement frappée par la corruption et la mauvaise gestion depuis 1977. Ce qui explique le fort taux de contrebande, d'exportation illicite et d'activité minière clandestine. Les recettes gouvernementales et les exportations ont fortement diminué depuis 40 ans. L'économie a été ravagée par la guerre (1997-2005 5 millions de morts). Le plus gros partenaire commercial est aujourd'hui la Chine (importation, exportation, crédit).

Depuis la colonisation belge, l'économie est fortement tournée vers l'exploitation, notamment grâce aux produits miniers. Aucune industrie de pointe n'a été développée par les colonisateurs ni par les gouvernements du Congo indépendants. Par exemple, le cuivre est extrait en grandes quantités, mais il doit être exporté pour être traité, avant de revenir importé sous des formes finies (câbles, fils électriques...). Le tourisme a été ruiné par les guerres civiles.

La majeure partie de la population reste alors active dans l'agriculture bien que les terres cultivées ne représentent que 3% du territoire. L'élite politique de Mobutu a détourné énormément d'argent des caisses de l'État. En effet, tous les hauts fonctionnaires mobutismes possédaient des avoirs dans presque tous les pays industrialisés et ont fait du Congo/Zaïre un des pays les plus endettés d'Afrique.

Dans le détail, la République Démocratique du Congo possède un important potentiel de ressources naturelles et minérales. Son économie s'est cependant drastiquement ralentie depuis le milieu des années 1980 à cause de détournements de fonds.

L'agriculture reste le principal secteur de l'économie. Les principales ressources agricoles sont le café, le bois et le caoutchouc.

La RDC se lance dans la mise en place de zones économiques spéciales pour encourager la renaissance de son industrie. La première ZES devrait voir le jour en 2012 dans la commune kinoise de N'Sélé et sera consacrée aux agro-industries. Les autorités congolaises prévoient déjà d'en ouvrir une autre dédiée aux industries minières (dans le Katanga) et une troisième consacrée aux cimenteries (dans le Bas-Congo).

Les principales exploitations de cuivre et de cobalt sont dominées par la Gécamines et de ses partenariats. Le diamant industriel est extrait par la MIBA . Mais dans un pays ravagé par la guerre civile, une grande partie de l'exploitation et l'exportation de produits miniers se fait clandestinement.

Voici une liste des ressources minières par province :

ü Diamant : Kasaï Oriental, Kasaï Occidental, Bandundu, Équateur, Province Orientale.

ü Or : Province Orientale, Maniema, Katanga, Bas-Congo, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Équateur.

ü Cuivre: Katanga.

ü Etain : Katanga, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema.

ü Colombo tantalite (colta): Nord-Kivu, Sud-Kivu, Katanga, Maniema.

ü Bauxite: Bas-Congo.

ü Fer : Banalia, Katanga, Luebo, Kasaï-Oriental.

ü Manganese: Katanga, Bas-Congo.

ü Charbon: Katanga.

ü Pétrole : Bassin côtier de Moanda (en exploitation), la Cuvette Centrale, Ituri, Bandundu (indices)

ü Gaz methane : Lac Kivu

ü Cobalt: Katanga.

Le pays ne compte pas seulement une industrie minière, les grandes villes comptent aussi des industries alimentaires, textile, chimique, de montage (chanimetal) et des chantiers navals. Mais elle ne compte aucune industries de pointe L'industrie des télécommunications sans fil était d'abord sous le monopole de la compagnie télécel. De 1908 à 1960 cette ancienne colonie était appelée Congo Belge mais aussi « Congo-Léopoldville » jusqu'en 1966, date du renommage de la capitale en Kinshasa Avec lazaïrianisation, le pays s'est appelé zaïre de 1970 à1997. Congo précoloniale. Vers la fin du moyen-âge , différentes populations, alors organisées en chefferies, s'édifient en royaumes (luba , kuba , lunda , kongo , etc.) qui, pour certains, voient leurs apogées correspondre avec les premiers contacts avec les européens du XV eme siècle Cette période est marquée par différents royaumes marchands, commerçant avec les esclavagistes sur la côte et entre eux à l'intérieur du continent. Certains royaumes s'étendent sur plusieurs milliers de kilomètres et possèdent des réseaux commerciaux par delà leurs frontières.

Ces populations ne connaissaient pas la propriété privée, la terre cultivée en groupe ne se vend pas, les différents royaumes n'ont pas de frontières exactes (le territoire d'une petite ethnie comprend à peu près 5 000 km²). Beaucoup ne connaissent pas la monnaie et font du troc, les membres d'une même chefferie s'entraident gratuitement. La science non écrite se transmet d'une génération à l'autre, les enfants devant assumer le même métier que leurs parents. Les rois ou empereurs n'ont pas de véritable pouvoir. Ce sont plutôt les chefs de villages qui ont de l'autorité. Les royaumes sont plutôt le résultat d'unions temporaires de différents regroupements de villages de même langue pour se défendre contre une ethnie voisine.

La traite des noirs s'étend jusqu'à l'intérieur du continent et correspond, avec la traite de l'ivoire, à l'essor économique ou au déclin des différents royaumes. Elle a eu surtout un impact démographique sur l'est du pays et a fait pâtir la tradition orale. Les Européens se limitèrent aux régions côtières jusqu'à la moitié du XIX eme siècle. À l'est du pays, aujourd'hui ituri et Kivu, les Arabo-Swahili répandirent l'islam et pratiquèrent également la traite négriere.

Colonisation du Congo,Etat indépendant du Congo et Congo belge ces frontières ont été reconnues à l'issue de la conférence des Berlin, en1885. Le 1eraout,Léopold II de Belgique accepta la souveraineté sur l'Etat indépendant du Congo. La spécificité de ce régime colonial résida dans le fait que dans un premier temps le Congo fut considéré comme une possession personnelle et privée du roi. En 1908, le souverain fit don à l'État belge de la colonie, suite notamment à certaines critiques de la presse anglo-saxonne concernant sa gestion. La Belgique administra la colonie jusqu'à son indépendance en 1960.

Dès les années 1940, dans ce qui était alors le Congo belge, deux tendances indépendantistes importantes se manifestaient dans la capitale Léopoldville : celle des « gens d'en bas » (Bas-Congo et Bandundu) parlant le kikongo et celle des « gens d'en haut » parlant le lingala, venant de l'Equateur d'abord et finalement de tout l'intérieur du pays. Dans la première catégorie se forma en 1949 une association d'abord culturelle et finalement politique, l'alliance des Bakongo (ABAKO), dont JOSEPH KASAVUBU devint président en1954. Son rêve devint de rétablir l'ancien royaume kongo de l'époque portugaise, en fait celui des bakongo. Cette tendance se durcit très vite et réclama bientôt l'indépendance immédiate tout en demeurant fédéraliste lorsqu'il s'agit plus tard de discuter le problème du reste du Congo. Les évolués « d'en haut », venant des régions plus diversifiées et séduits par le « plan de 30 ans pour l'émancipation de l'Afrique  » du Professeur Belge Van Bilsen , publié en 1956, étaient aussi désireux de maintenir le grand Congo unitaire. Leur manifeste dans ce sens publié le 1er juillet 1956 fut vigoureusement combattu par l'ABAKO dès son assemblée générale du 23 août 1956. Le plan de 30 ans est déclaré utopique : « la nationalisation des grandes compagnies vivrières et agricoles comme des parastataux est souhaitable. Puisque l'heure est venue, il faut accorder aujourd'hui même l'indépendance immédiate ! »

La Belgique, qui croyait à la progressivité de la transition vers l'indépendance organisa les premières élections à l'échelon communal, limitées aux grandes villes en1957. L'ABAKO triompha inévitablement à Léopoldville et cela impressionna certains unitaristes, tel patrice Lumumba tetela du Kasaï, intelligent et idéaliste, qui ne tarda pas à fonder son propre « mouvement national congolais »MNC- Lumumba, plus revendicatif que celui du MNC-Kalonji , Albert Kalonji étant aussi un Kasaï en unitariste. Ces jeunes rivalités politiques confrontées aux structures tribales compliquées du Congo allaient former un mélange détonant qui détruirait au bout de cinq années la première démocratie parlementaire congolaise. On ne peut que rappeler ici quelques épisodes saillants :

v Emeutes de Léopoldville (4 - 7 janvier 1959) provoquées par l'interdiction tardive d'un meeting de l'ABAKO. Arrestation de Kasavubu le 12 janvier. Il sera libéré le 14 mars.

v Le 13 janvier, déclaration gouvernementale annonçant l'intention belge de réaliser rapidement l'indépendance du Congo unitaire. L'ABAKO rejette cette déclaration deux jours plus tard.

v La suite de l'année 1959 voit d'abord l'autorisation des partis congolais, suivie d'élections générales sur l'ensemble du territoire congolais marquées par toutes sortes de manoeuvres de ces partis dont se dégagent trois pôles : un Cartel des nationalistes fédéralistes formés de 6 partis séparatistes ou autonomistes dont l'ABAKO et le MNC-kalonji , le pôle du MNC-Lumumba et finalement celui de l'homme fort du Katanga, Moise Tchombe , conscient de la force économique de sa région et de l'intérêt de s'entendre avec l'Union minière du haut Katanga (tout comme Kalonji vis-à-vis des exploitations de diamant au Kasaï). Parmi les partis qui émergent on retrouve le PSA (Parti Solidaire Africain d'Antoine Gizenga ), le PNP (Parti national du peuple conduit par Albert Delvaux et Laurent Mbariko) Le LUKA (L'Union kwangolaise) par André Petipeti Tamata et Pierre Masikita.

v En1960, ce fut la table ronde de Bruxelles (du 20 janvier au20 février) où représentants congolais et belges fixèrent les étapes suivantes. En mai eurent lieu les élections législatives. La première chambre des députés désigne par tirage au sort André Petipeti Tamata comme le premier président de chambre des représentants. Il dirige le bureau provisoire pour valider les mandats des députés élus et l'élection définitive du bureau. Les élections législatives et provinciales marquèrent de nouveaux clivages et alliances (scission de l'ABAKO) d'où résulta un compromis : JOSEPH KASAVUBU fut élu Président par le Parlement, Lumumba étant Premier ministre.

v Au moment de l'indépendance du pays, le roi des belges se rendit en personne à Léopoldville (future Kinshasa) pour assister aux cérémonies consacrant la fin de l'union coloniale entre la Belgique et le Congo, et marquant la naissance sur la scène internationale de ce nouvel État francophone (langue officielle) d'Afrique.

Le Congo Belge devint indépendant le 30 juin 1960 en tant que « République du Congo » tandis que l'ancienne colonie française voisine du moyen-Congo adoptait le titre de « République du Congo » à son indépendance, le 15 août 1960. Les deux pays sont différenciés en fixant leur capitale à leur nom.

Dans l'armée du nouvel État indépendant, les blancs gardent le pouvoir. La radio accuse alors les anciens colons de complot contre le nouvel État, ce qui provoque la colère des soldats bangala et balubas qui se mettent à persécuter la communauté blanche. La Belgique menace alors d'intervenir militairement.

Le 11 juillet 1960, les dignitaires du Katanga, sous la direction de Moús Tshombe et à l'instigation de quelques colons belges, proclament l'indépendance de l'Etat du Katanga, en état de sécession depuis juin. Les autorités du Katanga créent alors leur propre monnaie et leur propre police. L'ONU propose sa médiation à la place des troupes soviétiques ou belges. Lumumba accepte alors la venue des casques bleus. Le sud Kasaï avait également proclamé son indépendance avant l'indépendance du reste du Congo, le 14 juin 1960. Ainsi, le gouvernement central perd ses deux provinces minières. Les troupes de l'ONU, censées intervenir pour mettre fin à la sécession, n'agissent pas.

Le Premier ministre Lumumba appelle alors l'Union soviétique à l'aide, les soldats balubas et bangala n'étant pas représentés dans le gouvernement, ils commettent alors un coup d'État en septembre, et renversent le Premier ministre. Au sein de l'armée, devenue complètement africaine, le général Mobutu prend les rênes et installe un gouvernement de commissaires.

Mobutu est bientôt soutenu par les États-Unis, qui voient d'un mauvais oeil le socialisme de Lumumba. Les médias occidentaux montrent en effet Lumumba du doigt et salue la sécession katangaise comme seul rempart de la liberté individuelle contre l'étatisme.

La première guerre du Congo commence en 1962. Le gouvernement central s'attèle à reconquérir les provinces sécessionnistes. L'assassinat de patrice Lumumba en 1961, déporté par Mobutu au Katanga, et la reprise du Katanga et du sud-Kasaïmarqueront le début de l'ascension du général Mobutu SESE Seko.

Une fois Lumumba éliminé, les troupes de l'ONU, immobiles, passeront soudainement à l'offensive avec les troupes de Mobutu pour reconquérir les deux provinces rebelles. (C'est ce qu'on appelle the UN betrayal.)

Le titre « République démocratique », un nouveau drapeau et une nouvelle devise sont adoptés en 1964

En 1965 le Congo est pacifié, toutes les révoltes tribales, ethniques ou des partisans de Lumumba ont été matées.

La première République démocratique du Congo sous Mobutu (1965-1971)

Mobutu Sese Seko s'empare définitivement du pouvoir en1965. La libération de Stanley ville marque le début des années de guerre qui se poursuivirent jusqu'en 1966. Toute cette région vit des atrocités qui firent au moins 500 000 morts civils et militaires. Il faudra l'intervention de troupes étrangères pour mettre fin à ce carnage. Après les décrets de 1966, 1967 et 1969, les mines et les plantations sont nationalisées.

En 1971, commence la politique dite de l'authenticité, africanisation des noms pour les citoyens, les villes, les rivières, et le pays lui-même qui devient le « Zaïre ». Dès lors il n'y aura plus de confusion avec la « République congolaise » voisine dont le nom va aussi être modifié en « République du Congo », mais les deux républiques du Congo étaient généralement distinguées par leur capitale : on parlait de Congo -Léopoldville et de Congo Brazzaville.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par le général joseph désiré Mobutu ce dernier entame à partir de 1972 une campagne d'« authenticité » afin de maintenir sa popularité. Le pays est renommé République du zaïre en 1971 d'après un mot local pour rivière, et portera ce nom jusqu'en1997. De même, le fleuve Congo est rebaptisé Zaïre et une nouvelle monnaie, le zaïre, divisé en 100 makuta (singulier likuta ), remplace le franc . Les noms des personnes sont africanisés. Le général Mobutu prend le nom de Mobutu Sese Seko et oblige tous ses concitoyens à supprimer les prénoms à connotation occidentale et à rajouter un « post non  ». L'abacost est promulgué, interdisant le port de costumes occidentaux, et de nombreuses villes sont rebaptisées.

À partir de 1974, de nombreux biens des étrangers sont confisqués (zaïrianisation), nombre d'étrangers commencent à quitter le pays.

L'économie se met à péricliter avec la hausse du prix du pétrole (double choc pétrolier) et la baisse de celui du cuivre. La corruption et la mauvaise gestion entrainent une inflation vertigineuse. La banque centrale de Kinshasa faisant l'objet de ponctions des dirigeants, le FMI impose en 1978 Erwin Blumenthal à la tête de la banque centrale pour endiguer les détournements d'argent mais celui-ci ne peut se maintenir longtemps. Les hauts fonctionnaires zaïrois investissent l'argent détourné sous forme d'avoir dans des pays occidentaux.

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