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La remise en cause des frontières africaines. Cas de la RDC

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par Olivier DIEMBY MALENGA
Université technologique Bel Campus à  Kinshasa en RDC - Licence en relations internationales option politique internationale 2012
  

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CHAPITRE TROISIEME :

SITUATION ACTUELLE DES FRONTIERES DE LA RDCONGO

1. FACTEURS A LA BASE DE LA REMISE EN CAUSE DES FRONTIERES

On estime que 70 % des frontières africaines telles qu'on les connaît aujourd'hui furent définies sans concertation avec les populations concernées, entre la conférence de Berlin et la fin de la première décennie du XXe siècle. Si ce découpage colonial n'explique pas tous les problèmes actuels de l'Afrique, il n'en reste pas moins vrai que les États africains ont hérité de frontières marquées du sceau des rivalités et des intérêts des anciennes puissances coloniales.

Comme on peut le constater, ces frontières héritées des colonisateurs traduisent les limites entre différents Etats, et ne représentent aucunement les limites entre les ethnies, les cultures et les langues. Tracées sans tenir compte des réalités historico-culturelles, les frontières africaines s'inscrivaient, dès l'origine, dans une perspective des conflits inévitables à long terme.

Comme pour tous les Etats africains, les frontières de la RD Congo n'échappent pas au sort hérité de la colonisation. Ainsi, les facteurs qui suivent sont susceptibles de créer des tensions pouvant dégénérer en conflits:

1.1. Des ethnies à cheval sur les frontières

Le tracé des frontières n'ayant pas tenu compte des limites culturelles ou de certains groupes sociaux, des ethnies se retrouvent à cheval sur les frontières, constituant ainsi une minorité soit en RD Congo, soit dans le pays voisin. Les membres de ces ethnies se retrouvent rattachés culturellement, mais aussi par le lien de sang à une nation étrangère. Le problème se pose à partir du moment où ces groupes de personnes ne sont pas considérés par les autres ethnies comme des vrais citoyens du pays. Des frustrations en ressortent et renforcent ainsi le sentiment des minorités de se sentir beaucoup plus rattachées à une nation étrangère qu'à leur propre pays. Le tribalisme peut aller à l'extrême jusqu'à friser le racisme. Le problème se complique lors des élections politiques ou tout autre adversité politique : aussi une nationalité étrangère est collée à un citoyen congolais parce qu'il est tout simplement adversaire politique et a des liens de sang avec un peuple étranger, ceci en vue de l'affaiblir.

1.2. Non entretien des bornes frontalières

Le non-respect des mesures d'entretien des frontières artificielles prévues par l'Acte de Berlin fait partie des facteurs générateurs des conflits frontaliers.

En effet, il existe, en matière de contrôle des bornes frontalières, un texte légal dans le protocole d'accord du traité de Berlin de 1885. Ce texte stipule ce qui suit:

- chaque gouvernement prendra annuellement les mesures nécessaires pour l'entretien de l'avenue longeant la polygonale frontière dans la partie qui lui incombe pour que les bornes soient conservées et au besoin réparées ;

- Une inspection commune de la ligne frontalière sera faite tous les 10 ans, par les délégués des gouvernements pour assurer l'entretien de la ligne frontalière et de la situation des bornes26(*).

Le contrôle de frontières doit être considéré comme une opération bilatérale devant s'effectuer de concert avec le voisin d'une façon régulière au moins une fois tous les 10 ans : vérification de l'état de chaque borne frontière, dégagement d'un couloir de 10 mètres séparant les deux Etats frontaliers, construction et érection des bornes détruites. Tous ces travaux ne peuvent s'effectuer qu'après négociations préalables.

La réalité est que la RD Congo ne se soucie guère de cette question. Les bornes frontalières n'ont pas été contrôlées depuis l'indépendance, et les avenues longeant les polygonales n'ont pas été entretenues. Certaines bornes ont disparu avec le risque d'être déplacées par le pays le voisin.

* 26 http://www.dgm.cd/frontieresrdc.php, consulté le 28 juillet 2011.

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