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La remise en cause des frontières africaines. Cas de la RDC

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par Olivier DIEMBY MALENGA
Université technologique Bel Campus à  Kinshasa en RDC - Licence en relations internationales option politique internationale 2012
  

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4. AVIS DES GEOPOLITOLOGUES

Dans son ouvrage fondamental Politische Geographie (1897), Ratzel décrit l'Etat comme un être vivant qui naît, grandit, atteint son plein développement, puis se dégrade et meurt.7(*)L'Etat est l'organisme vivant qui rassemble un peuple sur un sol, le caractère de l'Etat se nourrissant de ce peuple et de ce sol. Mais pour lui, le peuple étant un ensemble politique de groupes différenciés qui ne sont liés "ni par la race ni par la langue" mais par le sol, la politique des nationalités qui aboutit à l'indépendance de l'Etat-Nation fondée sur l'existence d'une communauté linguistique n'est pas acceptable.

L'Etat ainsi défini par le sol a besoin pour vivre d'un espace, l'espace nourricier, le Lebensraum, l'espace vital. Pour le conquérir et le garder, l'Etat est en conflit avec les autres Etats. Ces conflits aboutissent à ce que les frontières sont fluctuantes historiquement, et se modifient en fonction des rapports de puissance existant entre les acteurs étatiques.

Pour Ratzel, l'expansionnisme Etatique n'est pas totalement inéluctable, il est le fruit d'une politique volontariste reposant sur les idées religieuses et nationales ainsi que sur les représentations géographiques des populations. Mais, cependant, la nécessité d'avoir un sol nourricier fait que l'expansion relève d'une certaine logique, ce qui amène Ratzel à formuler ce qui lui semble être les sept lois universelles de la croissance étatique :

- La croissance territoriale des Etats accompagne le développement de leur culture;

- Le territoire des Etats s'accroît en même temps que leur puissance idéologique ou économique ;

- Les Etats s'étendent en annexant des entités politiques de moindre envergure ;

- La frontière est un organe vivant qui matérialise la limite territoriale de l'Etat ;

- L'expansion territoriale de l'Etat est une logique qui vise à absorber des régions vitales pour lui ;

- L'Etat est porté à s'étendre lorsque ses voisins sont moins viables que lui ;

- L'annexion des plus faibles a un effet cumulatif, les annexions entraînant de nouvelles annexions.

- Les frontières ne sont pas intangibles, elles sont l'enjeu d'un combat pour l'existence.

L'amiral américain Alfred T. Mahan a construit une géopolitique destinée à justifier l'expansionnisme mondial des Etats-Unis d'Amérique à une époque où le monde est encore dominé par la Grande-Bretagne, un expansionnisme qui doit se fonder sur la puissance maritime (sea power).

A cet effet, il préconise la politique stratégique selon laquelle il faut : s'allier à la Grande-Bretagne pour contrôler les mers; Contenir l'Allemagne sur le continent européen et s'opposer à son développement maritime et colonial ; associer les américains et les européens pour combattre les ambitions des asiatiques et en particulier surveiller de près le développement du Japon.8(*)

Les empires naissent, nous dit-il, et meurent, alors que les civilisations survivent aux aléas politiques, sociaux, économiques et même idéologiques pour en définitive succomber à l'invasion de tiers. Huntington nous dit que pendant trois mille ans les civilisations séparées par le temps et par l'espace se sont ignorées. Puis la civilisation occidentale domina le monde jusqu'au XXème siècle : Alors qu'en 1800, les Européens et les anciennes colonies européennes d'Amérique dominaient 35% de la surface du globe, elles en dominaient 67% en 1878 et 84% en 1914. Ce pourcentage s'accrut encore dans les années 1920, lorsque la Grande-Bretagne, la France et l'Italie se partagèrent les dépouilles de l'empire turc.9(*)

Au XXème siècle, nous dit l'auteur, l'expansion de l'occident s'est arrêtée, dont la puissance relative s'est mise à décliner. Selon certains, nous dit-il, l'Occident triomphe toujours, politiquement et économiquement. Les Etats-Unis, désormais la seule superpuissance, ne déterminent-ils point avec la Grande-Bretagne et la France les grandes orientations politiques et militaires de la planète, et avec l'Allemagne et le Japon ses grandes orientations économiques ?

Ancel pense que la géopolitique doit analyser les relations existant entre les groupes humains et le territoire sur lequel ils vivent et se développent, militairement, politiquement et commercialement, à partir, certes, d'invariants géographiques - les montagnes, les fleuves, le littoral, les déserts, les îles mais sans que ces invariants soient des facteurs naturels absolus. Autrement dit, pour Jacques Ancel la frontière est modelée, fabriquée, par l'homme, plus que par la nature elle-même, et les invariants naturels, qui évidemment existent bien, ne sont pas des obstacles incontournables pour les politiques volontaristes. C'est donc la volonté humaine qui compte, plus que la nature du sol ou l'identité ethnique. La Nation relève d'un vouloir vivre collectif et non de critères religieux, linguistiques, ethniques.

Pour Yves Lacoste la géopolitique n'a pas d'autre objet que de décrire et d'expliquer les rivalités de pouvoirs concernant pour l'essentiel les territoires. Des rivalités souvent aujourd'hui fondées sur les représentations, les idées, que se font les peuples de leurs Etats par rapport à leurs territoires.

* 7 JAQUIER, B., L'analyse géopolitique in « EHL-FORUM n° 5, février 2005 », Ecole Hôtelière de Lausanne., p 25-34

* 8 JAQUIER, B., Op. cit.

* 9 JAQUIER, B., Op. cit

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