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La formation de la perception de la maison de placement chez les enfants en domesticité entre 9 et 15 ans dans les communautés de Turgeau et de Martissant à  Port-au-Prince : approche matérialiste dialectique.

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par Ricarson DORCE
Université d'état d'Haiti - Licence 2012
  

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6- THEORIE ECOLOGIQUE

Cette approche se veut en rupture avec le béhaviorisme ou le cognitivisme. L'approche écologique de la perception a été proposée par James J. Gibson.

L'idée fondamentale de ce mouvement est que la perception consiste à extraire l'information contenue dans l'environnement. Contrairement à l'approche physiologique, les tenants de ce courant ne cherchent pas à cerner le rapport entre le fonctionnement des systèmes sensoriels et les processus perceptifs.

Cette théorie est, en quelque sorte, une continuité du gestaltisme. Ici, en plus de la forme, le réseau optique lié à la stimulation fournie par l'espace, est une donnée visuelle globale... Les données ne sont plus cherchées dans le fonctionnement du cerveau, mais plutôt dans l'environnement.

Selon ce modèle, les individus qui perçoivent sont avant tout dans le monde. Pour comprendre comment les animaux perçoivent, il faut prendre en compte les contraintes imposées par leur environnement. Un animal signifie ici un être qui perçoit et agit ( un être animé ).

Dans le cadre d'une théorie écologique, la notion de temps et celle d'espace doivent être reconsidérées. Le monde, pour les physiciens, est constitué d'atomes, d'ondes, de champs de forces... Ce niveau de description ne convient pas à l'étude de la perception. La description écologique s'intéresse au monde en tant qu'environnement d'un animal... Ce qui entoure un objet inanimé n'est pas un environnement. La tendance écologique aborde le rapport entre perception et action... Dans la perspective de Gibson, la perception se distingue de la cognition en ce qu'elle s'appuie sur une « cueillette » d'informations plutôt que sur un traitement d'informations.39(*) Cette approche, dans un premier temps, se qualifie de psychophysique de l'espace, puis de cueillette d'information, enfin de théorie écologique.

7- CONSIDERATIONS CRITIQUES

D'abord, il faut noter que les théoriciens de la Gestalt, guidés par des principes abstraits du holisme et de l'organisation, ont du mal à expliquer de manière cohérente et précise la perception. Wolfgang Köhler tente ( en vain? ) de remédier à cette faiblesse en considérant le cerveau comme une "gestalt physique".

Puis, le modèle de l'escalier est remis en cause. Henri Wallon prône déjà que le développement de l'enfant doit être considéré dans sa totalité. Pour lui, l'enfant vit des contradictions qu'il doit savoir dépasser par une crise. On ne peut donc donner de repère d'âge très strict. Son analyse tend à ne pas laisser de côté l'histoire de l'individu.

Ensuite, les modèles psychophysiologiques sont ceux de fonctionnement global, alors que nos connaissances sur les indicateurs physiologiques sont généralement le fruit de l'étude expérimentale d'un fonctionnement local. Le problème des différences individuelles constitue également souvent une difficulté réelle pour ces modèles. Ces derniers sont très critiqués en raison de leur forte tendance naturaliste.

Enfin, la perspective cognitiviste, niant la réalité extérieure, est très favorable à l'idéologie de la performance et du management. C'est, en quelque sorte, une perspective de « l'homme machine ». Les chercheurs cognitivistes fondent leurs travaux sur une hypothèse fort contestée, selon laquelle le psychisme doit être considéré comme une machine de traitement de l'information, analogue à un ordinateur. C'est vraiment difficile de dégager les modèles généraux de la pensée par ces seuls moyens.

Ce qui fait, en résumé, l'essence de presque tous ces psychologues évoluant dans ce domaine, c'est leur tentative de comprendre les mécanismes perceptifs indispensables à l'adaption de l'être humain à l'environnement ( au statu quo, dirions-nous ). Ce sont des courants qui flattent l'état des choses existant. Ainsi, ils cherchent à saisir le lien entre le stimulus ( instance physique ), le processus sensoriel ( instance physiologique ) et le percept ( psychologique ), sans oublier les activités multiples de sélection des informations sensorielles et les interactions entre les perceptions et les actions.

D'une manière générale, nous devons noter qu'il existe deux grands courants en psychologie : métaphysique ( entendons par là « anti-dialectique ») et dialectique. Le premier aborde les problèmes ou les phénomènes psychologiques de manière superficielle, dans leur immobilité, en isolant les choses et en établissant des divisions infranchissables. L'autre tient compte des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée : l'interdépendance des choses et des faits, le changement dialectique, la contradiction, la transformation de quantité en qualité ... La psychologie concrète et dialectique serait une psychologie libératrice, contrairement au modèle métaphysique aliénant et manipulateur. Elle serait conçue autour des groupes sociaux défavorisés et produirait des interactions psychosociales capables de transformer les structures de la société. C'est un modèle psychologique qui consiste à connaitre la réalité, à agir sur elle et à la transformer. Ce qui fait la spécificité de ce modèle en Haïti, c'est que la psychologie concrète et dialectique doit prendre en compte le projet philosophique et politique du mouvement révolutionnaire des esclaves de Saint-Domingue. C'est un projet de liberté et de bien-être.

Mémorisons bien ceci : les modèles en psychologie se divisent suivant leur projet (politique et autre ...)  soit en un modèle qui défend la cause des groupes dominants, soit en celui qui agit pour et avec les groupes sociaux exploités. 

Nous choisissons d'étudier (à travers les lunettes du Matérialisme historique et dialectique) la formation de la perception de la maison de placement chez les enfants en domesticité en prenant en compte les réalités socio-économiques (les conditions concrètes) qui sont fondamentales dans leur développement psychosocial.

* 39 Cf. André Delorme (dir.), op. cit., p.40

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