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Madagascar vers une croissance inclusive au développement durable.

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par Patrick BE
Toamasina Madagascar - Maîtrise 2016
  

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SECTION II : L'IMPORTANCE DE L'ÉCOLOGIE

L'acception générale fait de l'écologie un domaine de réflexion très vaste, puisque par biotique il faut entendre la totalité du monde vivant (les animaux, les plantes, les microorganismes, mais pouvant aussi inclure les autres individus, la société, etc.) et par abiotique il faut entendre tout ce qui n'est pas vivant (la connaissance, les objets, la technologie, etc.).

La conservation des ressources naturelles vivantes, les végétaux, les animaux, les micro-organismes et les éléments non vivants de l'environnement dont elles ont besoin pour vivre est essentielle pour le développement. À l'heure actuelle, la conservation de la flore et de la faune sauvages figurent bien à l'ordre du jour des gouvernements : près de 4 pour cent de la surface de la Terre sont en effet aménagés explicitement pour préserver des espèces et des écosystèmes; les pays sans parcs nationaux sont très peu nombreux. Il ne s'agit pas de décider si oui ou non la conservation de la nature est une bonne chose, mais bien de déterminer comment la mener à bien dans l'intérêt national et en fonction des moyens dont dispose chaque pays.

I : La croissance inclusive, le développement durable et l'environnement

Une croissance économique, inclusive et forte, permet aux populations d'améliorer leurs conditions de vie et crée des espaces dans lesquels peuvent prospérer de nouvelles idées. Mais cette croissance se traduit souvent par une dégradation de l'environnement, qui porte atteinte à la santé humaine et à la qualité de vie, menace l'approvisionnement en eau et met en péril les écosystèmes, limitant la croissance des générations futures. De plus, une croissance à court terme, qui amoindrit le capital naturel, est soumise à des cycles d'expansion-récession et ceux qui vivent près du seuil de pauvreté peuvent chuter bien en dessous de ce seuil.

1 : Modification de la qualité de la croissance

Il est vrai que la croissance inclusive est une croissance permettant d'offrir des opportunités aux citoyens, mais pour être durable, et donc pour être au profit des générations présentes et surtout futures, son action doit respecter l'environnement. Une méthode de mesure est la comptabilisation du capital naturel , qui tient compte de la valeur des richesses naturelles dans la planification du développement et dans les comptabilités nationales, tout

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comme une famille tiendrait compte de la valeur de sa maison et du coût de son entretien pour définir la part du revenu qu'elle peut dépenser.

Le développement durable, c'est autre chose qu'une simple croissance. Il faut en effet modifier le contenu même de cette croissance, faire en sorte qu'elle engloutisse moins de matières premières et d'énergie et que ses fruits soient répartis plus équitablement. Ces mesures s'imposent dans tous les pays, dans le cadre d'un ensemble de mesures visant à préserver notre capital écologique, améliorer la répartition des revenus, et réduire notre vulnérabilité aux crises économiques.

Depuis toujours, les progrès de l'humanité sont dus à l'ingéniosité de l'homme et à ses capacités de travailler en collaboration. Ces qualités ont été souvent utilisées dans le passé de manière constructive pour réaliser des progrès dans le domaine de l'environnement et du développement : la maîtrise de la pollution de l'air et de l'eau, par exemple, ou encore la rentabilisation des matières premières et de l'énergie. Beaucoup de pays pauvres ont réussi à accroître leur production alimentaire et à contenir la croissance démographique. Certains progrès techniques, en médecine notamment, ont pu être largement diffusés.

Notre incapacité à gérer l'environnement et à maintenir le cap du développement risque de submerger tous les pays. Environnement et développement ne sont pas deux défis distincts; ils sont liés, inexorablement. Le développement ne peut se maintenir si la base de ressources ne fait que se détériorer; l'environnement ne peut être protégé si la croissance ne tient pas compte du coût de la destruction de l'environnement. Ces problèmes ne peuvent être traités séparément dans le cadre d'institutions et de politiques fragmentaires. Ils sont imbriqués dans un système complexe de causes et d'effets.

Tout d'abord, les agressions contre l'environnement sont liées. Par exemple, la déforestation, qui amplifie le ruissellement, accélère l'érosion du sol et la sédimentation des fleuves et lacs. La pollution de l'air et l'acidification ont une part dans la mort des forêts et des lacs. Ces liens signifient que les différents problèmes doivent être attaqués simultanément. En outre, le succès dans un domaine, la protection des forêts, par exemple, peut améliorer les chances de réussite dans un autre, telle la conservation des sols.

Ensuite, les agressions contre le milieu et les structures du développement économique sont, elles aussi, liées. Ainsi, certaines politiques agricoles peuvent très bien

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être responsables de la dégradation des sols, de l'eau, des forêts. Ce sont les politiques énergétiques qui provoquent l'effet de serre, l'acidification, le défrichement pour obtenir du bois de chauffage. Toutes ces agressions menacent le développement économique. Il faut donc intégrer l'économie et l'écologie dans la prise de décisions et dans le processus législatif, non seulement pour protéger l'environnement, mais encore pour protéger et favoriser le développement. L'économie, ce n'est pas seulement produire des richesses ; l'écologie ce n'est pas uniquement protéger la nature; ce sont les deux ensembles qui permettent d'améliorer le sort de l'humanité.

En troisième lieu, les problèmes écologiques et économiques sont liés à de nombreux facteurs sociaux et politiques. Un exemple : la rapidité de la croissance démographique, qui a un impact tellement profond sur l'environnement et le développement dans beaucoup de régions, est partiellement due à des facteurs tels la condition des femmes et d'autres valeurs culturelles. Qui plus est, les agressions contre l'environnement et le développement inégal peuvent attiser les tensions sociales. Nous pourrions soutenir que les structures du pouvoir dans une société donnée sont au coeur même de la plupart des défis qui sont posés sur le plan de l'environnement et du développement. Ainsi, toute nouvelle approche du problème doit comporter des programmes de développement social en vue notamment d'améliorer la condition des femmes, de protéger les groupes vulnérables et d'encourager la participation des échelons locaux à la prise de décisions.

Enfin, la nature systémique des problèmes joue non seulement à l'intérieur d'un pays, mais aussi entre pays. Les frontières nationales sont devenues tellement poreuses que les distinctions classiques entre les questions d'importance locale, nationale et internationale se sont estompées. Les écosystèmes, en effet, ne respectent pas les frontières. La pollution des eaux se propage le long de fleuves, de lacs, de mers que se partagent plusieurs pays. L'atmosphère transporte la pollution sur de vastes distances. De gros accidents, ceux notamment qui ont lieu dans les réacteurs nucléaires ou dans les usines ou entrepôts de matières toxiques, peuvent se propager à l'échelle d'une région entière.

D'autres articulations encore entre environnement et économie jouent à l'échelle mondiale. Par exemple, l'agriculture ultra-subventionnée des pays industrialisés à économie de marché crée des excédents qui font chuter les cours et sapent la viabilité de l'agriculture des pays en développement. Dans les deux systèmes, les terres et les autres ressources en souffrent. Un pays peut, isolément, arrêter une politique agricole pour s'assurer des gains

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économiques et politiques à court terme, mais aucun pays n'est en mesure à lui seul d'élaborer des politiques capables d'assumer le coût financier économique et écologique des politiques agricoles et commerciales d'autres pays.

2 : De nouvelles approches de l'environnement et du développement

La responsabilité des questions d'environnement a toujours été confiée aux ministères de l'Environnement, qui n'ont pas grand pouvoir pour empêcher ou maîtriser les destructions causées par les politiques et pratiques dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie, du développement urbain, des forêts, des transports. La société s'est gardée de confier la responsabilité d'empêcher la dégradation de l'environnement aux ministères et agences qui causent ces problèmes. Ainsi, nos pratiques en matière d'environnement interviennent le plus souvent a posteriori. Il s'agit en effet de reboiser, de reprendre des terres aux déserts, de reconstruire nos centres urbains, de rétablir des habitats naturels, de rendre leur intégrité à des terres vierges. Pour pouvoir anticiper et prévenir la dégradation de l'environnement, il faudra tenir compte des dimensions écologiques des politiques en même temps que des dimensions économiques, commerciales, énergétiques, agricoles et autres.

Dans la plupart des pays, les politiques d'environnement s'attaquent aux symptômes de la croissance pernicieuse; ces politiques ont donné certains résultats positifs et il convient de les continuer, voire de les renforcer. Cela dit, cela ne saurait suffire. Ce qui s'impose, c'est une nouvelle approche : l'ensemble des nations devrait viser un type de développement où s'articuleraient la production et la conservation des ressources, et où les deux seraient associées à une politique permettant à tous de vivre correctement et d'accéder équitablement aux ressources.

La notion de développement durable offre un cadre permettant d'intégrer politiques d'environnement et stratégies de développement, ce mot étant entendu au sens le plus large. Nous voyons souvent dans le « développement » simplement le processus de changement économique et social dans le tiers monde. Or, l'intégration de l'environnement et du développement est une nécessité dans tous les pays, riches ou pauvres. La poursuite du développement durable nécessite des changements dans les politiques nationales et internationales de tous les pays.

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Le développement durable, c'est s'efforcer de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité de satisfaire ceux des générations futures. Il ne s'agit en aucun cas de mettre fin à la croissance économique, au contraire. Inhérente à cette notion est la conviction que nous ne pourrons jamais résoudre les problèmes de pauvreté et de sous-développement si nous n'entrons pas dans une nouvelle période de croissance dans le cadre duquel les pays en développement auront une large part et pourront en tirer de larges avantages.

La croissance économique s'accompagne toujours d'un danger pour l'environnement, puisqu'elle exerce des pressions sur les ressources (Jean-François Fagnart, Bertrand Hamaide, 2012)1. Mais les décideurs fidèles au principe du développement durable feront en sorte que les économies en développement respectent leurs bases écologiques et que ces dernières soient protégées, de manière à alimenter la croissance à longue échéance. La défense de l'environnement est donc inhérente à l'idée de développement durable, tout comme l'est la volonté de s'attaquer aux causes plutôt qu'aux symptômes.

Il n'existe aucun modèle idéal de développement durable, car les systèmes sociaux, les systèmes économiques et les conditions écologiques varient beaucoup d'un pays à l'autre. Chaque pays devra trouver sa voie propre. Mais, indépendamment de toutes ces différences, le développement durable doit s'envisager comme un objectif à atteindre à l'échelle mondiale.

Aucun pays ne peut se développer dans l'isolement. Le développement durable exige donc une nouvelle orientation des relations internationales. La croissance durable à long terme nécessitera de profonds changements pour donner lieu à des flux de produits, de capitaux et de techniques plus équitables et tenant mieux compte des impératifs de l'environnement.

Les mécanismes précis de la coopération internationale nécessaires pour assurer le développement durable varieront d'un secteur à l'autre et d'une institution à l'autre. Cela dit, il est indispensable que la transition vers ce développement durable soit gérée

1 Jean-François FAGNART et Bertrand HAMAIDE, Reflets et Respectives de la vie économique, De Boeck Supérieur, 2012, p. 5-8.

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conjointement par toutes les nations du monde. L'unité des besoins de l'homme nécessite un système multilatéral qui s'appuie sur le principe démocratique du libre consentement et qui admette que la planète, certes est une, mais que le monde aussi est un.

Donc, le respect de l'environnement est un point essentiellement à prendre en considération. Les problèmes de l'exploitation irrationnelle et continue des ressources naturelles, notamment les forêts et les mines sont pris en compte et solutionnés dans l'approche de la croissance inclusive et le développement durable par la collaboration de tous les citoyens, pour eux et pour les générations futures.

Au niveau de la lutte pour le climat, nombreuses conférences ont été initiées. Toutes les conférences pour le climat ont pour objectif général de lutter contre la dégradation de la couche d'ozone sans quoi les êtres humains se trouveront dans une impasse inéluctable.

La conférence des parties (COP 21) qui a eu lieu à Paris à la fin de l'année 2015 est la 21ème conférence à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Cette conférence a pour but de limiter le réchauffement climatique à seulement 2%. Cette convention reconnaît l'existence d'un changement climatique d'origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène. Ce sommet doit aboutir à un accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l'objectif de limiter le réchauffement mondial à 2 °C d'ici 2100.

Selon Hans JONAS1, il y a une obligation d'existence des générations futures, qui pourrait être remise en cause par la forme qu'a prise le développement technique à l'époque contemporaine. Il s'agit donc pour les générations présentes de veiller, non aux droits des générations futures, mais à leur obligation d'existence. Veiller à l'obligation des générations futures d'être une humanité véritable est une obligation fondamentale à l'égard de l'avenir de l'humanité, dont dérivent seulement toutes les autres obligations à l'égard des hommes à venir. Le problème du développement durable ne se pose donc pas sous l'angle des droits, mais des obligations et des devoirs.

1 Hans JONAS est un philosophe allemand, celui qui a théorisé le premier la notion de développement durable dans Le principe de responsabilité en 1979.

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La définition classique du développement durable provient du rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement. Ce rapport insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées.

Cette préservation de l'environnement doit être accompagnée de la « satisfaction des besoins essentiels en ce qui concerne l'emploi, l'alimentation, l'énergie, l'eau, la salubrité ». Cela étant, on se heurte à une difficulté, qui est de définir ce que sont les besoins des générations présentes, et ce que seront les besoins des générations futures. On pourrait retenir par exemple les besoins élémentaires pour se nourrir, se loger, et se déplacer.

Afin de subvenir aux besoins actuels sans pour autant recourir à une utilisation non durable de ressources non renouvelables, un scénario en trois points a été proposé, notamment par des associations comme négawatt dans le domaine de l'énergie :

? sobriété (techniques utilisées avec parcimonie) ;

? efficacité (techniques plus performantes) ;

? utilisation de ressources renouvelables (par exemple : l'énergie solaire ou les éoliennes, au travers de projets d'électrification rurale).

Le patrimoine culturel ne doit pas être oublié : transmis de génération en génération et faisant preuve d'une grande diversité, l'UNESCO en souhaite la préservation. La culture au sens large (ou l'environnement culturel) s'impose d'ailleurs peu à peu comme un quatrième pilier du développement durable.

Inclure la durabilité oblige les gouvernements à prendre en compte les effets de leurs décisions sur l'environnement. Le programme des Nations unies recommande que tous les gouvernements adoptent la comptabilisation du capital naturel de façon à ce que leurs efforts en vue d'un développement durable soient cohérents, précis et comparables à long terme. Institutionnaliser la durabilité sous cette forme en fera un élément intrinsèque de la gouvernance au quotidien.

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