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Madagascar vers une croissance inclusive au développement durable.

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par Patrick BE
Toamasina Madagascar - Maîtrise 2016
  

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II : Les controverses vis-à-vis le Capital naturel

Le développement peut être rapide mais non durable à long terme. Et la soutenabilité peut aller inversement de pair avec de très faibles niveaux de développement. L'originalité des stratégies de développement durable est d'orienter les décisions des pouvoirs publics dans des directions combinant les deux aspects, à savoir atteindre le plus haut niveau de développement actuel, compatible avec la soutenabilité à long terme. Dans ce contexte, la coexistence d'indicateurs s'appliquant aux deux domaines n'est pas étonnante, même si elle nuit à la lisibilité. L'approche forte et l'approche faible de la soutenabilité sont deux concepts concurrents fréquemment utilisés pour classer les approches empiriques du développement durable.

L'hypothèse centrale qui sous-tend leur point de vue consiste à supposer que les différentes formes de capitaux qui participent à l'économie humaine sont substituables les unes aux autres. Autrement dit, le capital (ou l'actif) naturel pourrait être remplacé par d'autres formes de capitaux artificiels.

1 : La soutenabilité faible

L'expression soutenabilité faible a été employée pour caractériser les approches économiques de la soutenabilité apparues dans les années 1970. Ces approches sont des extensions des modèles usuels de croissance néo-classiques. Les modèles de croissance habituels considèrent en règle générale que la production est déterminée uniquement par la technologie et les quantités disponibles de deux facteurs de production dont le travail et le capital. La principale innovation des années 1970, après le premier choc pétrolier, a été d'introduire dans ces modèles les ressources naturelles comme un facteur de production supplémentaire et de préciser les règles régissant leur évolution, notamment en modélisant le comportement d'extraction dans le cas d'une ressource minérale épuisable.

Ces modèles supposaient souvent des possibilités importantes de substitution entre les ressources naturelles, le capital et le travail. Associées à un progrès technique exogène, elles offraient une solution à la finitude des ressources, au moins d'un point de vue théorique : au fur et à mesure que les stocks de ressources pétrolières déclinent, la production est censée les utiliser de moins en moins intensivement, sans que cela implique une baisse du niveau

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de vie, que ce soit grâce au pur progrès technologique ou en remplaçant le pétrole par une énergie fossile alternative ou un autre facteur de production conçu par l'homme.

Pour les tenants de la soutenabilité faible, le fait de dégrader ou de détruire le capital naturel n'est pas particulièrement problématique à partir du moment où ce capital est utilisé pour produire une autre forme de capital (notamment financier ou technologique) qui sera alors léguer aux générations futures, en lieu et place du capital dégradé. Grâce à cette hypothèse de substituabilité, le principe de solidarité intergénérationnelle est respecté, sans pour autant que les considérations écologiques aient besoin d'être prioritairement considérées.

2 : La soutenabilité forte

Les tenants de la soutenabilité forte pensent en revanche que les possibilités de substitution se heurtent à des limites physiques. Pour la plupart des ressources naturelles, il est nécessaire de maintenir des niveaux critiques au moins égaux à ceux nécessaires aux besoins de base, et en fait plus élevés si l'on veut que l'environnement conserve un niveau acceptable de ce qu'on appelle la résilience, à savoir la capacité de l'écosystème à se régénérer et à retrouver son équilibre après des chocs. Le concept de soutenabilité forte est souvent considéré comme ne pouvant se réduire à des approches monétaires. Toutes les variables environnementales pertinentes doivent être étudiées en termes physiques.

Ouvertement opposés aux tenants de la soutenabilité faible, certains tenants de l'approche systémique ont développé de leur côté cette théorie de la soutenabilité forte. Le plus souvent proches des valeurs du Club de Rome (1972), partageant les mêmes inquiétudes et dressant les mêmes constats, les défenseurs de cette théorie rejettent en grande partie l'hypothèse de la soutenabilité. Pour eux, le capital naturel intègre un certain nombre de caractéristiques écologiques irremplaçables qui déterminent les grands équilibres planétaires et qu'il convient de préserver prioritairement afin de les léguer dans leur intégralité aux générations à venir. Une soutenabilité forte suggère de ne pas utiliser davantage de services écologiques que la nature est capable d'en générer.

À la différence des modèles classiques et néoclassiques, les modèles de soutenabilité faible et forte introduisent les limites des ressources naturelles. Or, les premiers continuent à se baser principalement sur des hypothèses néoclassiques. Il y a trois différences

principales entre ces deux types de courants. Premièrement, les premiers privilégient une soutenabilité économique alors que les deuxièmes veulent, avant tout, une soutenabilité environnementale. En deuxième lieu, les premiers veulent que le bien-être soit maximisé dans le temps tout en maintenant le stock de capital, alors que les deuxièmes exigent le maintien du stock de capital naturel. Finalement, les derniers exigent que les générations présentes et futures soient traitées de la même façon. De plus, les premiers sont plus optimistes en ce qui concerne la capacité des humains pour résoudre n'importe quel problème nouveau auquel nous devons faire face. Les autres, au contraire, se posent des questions sur le succès des solutions technologiques précédentes et craignent que les problèmes futurs soient chaque fois pires.

Il est évident que les tenants de la décroissance s'inscrivent dans la même ligne que ceux de la soutenabilité forte. En effet, ces deux mouvements remettent en cause la croissance économique et considèrent qu'il est urgent de réduire notre « empreinte écologique »1. De même, ils ne croient pas qu'un miracle technologique aura lieu et résoudra tous nos problèmes actuels. Cependant, ces deux courants ne se confondent pas, puisque le mouvement de la décroissance ne critique pas seulement le problème écologique, mais aussi l'idéologie productiviste actuelle. Ils ne s'intéressent donc pas seulement aux effets de la croissance économique sur l'écologie, mais aussi sur le social, le politique, etc.

1Indicateur qui mesure, en hectares, la surface nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources naturelles et d'espace et à ses besoins d'absorption de déchets et d'émissions. Il porte sur la consommation et non sur la production.

La croissance inclusive est une croissance qui favorise la cohésion sociale, l'accès à un emploi décent, etc. Cette croissance est au bénéfice de tous, sans exception. Le développement, quant à lui, est une notion qui doit tenir compte de l'équité sociale, économique et environnementale dans son programme. Ces deux notions, bien que différentes, sont désormais liées l'une à l'autre.

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