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Transformer les ressources naturelles de la R.D.C. en un levier de la croissance économique durable: quelle politique? quelle gestion?

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par Baudouin-ephraim KINENKINDA MALAMBWE
Université protestante au Congo - ECONOMIE MONETAIRE 2015
  

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Section 2. Evolution de l'économie congolaise et contribution des ressources naturelles

? La Période de 1960 à 1973.

Cette période a été caractérisée par des taux de croissance négatifs, avec une moyenne annuelle de -3.31%. Pendant toute la période, le taux d'inflation est resté supérieur à 25.0%, soit 54.68% en moyenne. Le ratio investissement sur PIB est passé de 17.8% en 1975 à 12.7% en 1972. On note également, au cours de cette sous-période, la prééminence des dépenses courantes comparées aux dépenses à caractère économique. Elles se sont, rapportées au PIB, respectivement chiffrées, durant la période 1960-1973, à 27.4% et 3.9% en moyenne. Comme la part des dépenses à caractère économique constitue un indicateur de l'effort effectué par le pays en faveur du développement [BOSONGA, 2003], la tendance observée de l'évolution des dépenses en capital en RDC [6.2% en 1975, 6.1% en 1976, 3.4% en 1970, 2.7% en 1971, 1.5% en 1972], semble indiquer l'absence de toute politique active et conséquente en matière de croissance et de La chute des investissements, le recul de la production et l'accélération de l'inflation, observés durant cette période, sont le fait de la baisse des cours des principaux produits [cuivre et cobalt] générateurs des ressources en devise d'une part, d'autre part des conséquences fâcheuses de la mauvaise application des mesures de zaïrianisation [1973] , qui ont

7 Tombola C., 2010, Le lien capital public et croissance économique en RDC. Y a-t-il une taille optimale de l'Etat ?, UPC/Département des Sciences Economiques, Mémoire de Licence, Kinshasa, p.39

18 | P a g e

occasionné d'importantes fuites des capitaux, doublé des effets prolongés du premier choc pétrolier [1973].7

? La Période 1974 à 1988

De la baisse brutale des cours du cuivre et du cobalt, et du deuxième choc pétrolier [1979]. Au cours de cette période [1974-1979], l'inflation a affecté la croissance.

La phase de 1974 à 1982 est caractérisée par des mauvais choix en matière de politique économique ayant abouti au surendettement du pays dans le cadre de financement des grands travaux (INGA I et II, CCIZ, Sidérurgie de MALUKU...) sous le sceau de la corruption et de rétro-commissions.

Dans un contexte international caractérisé par deux chocs pétroliers (quintuplement et quadruplement du prix du baril respectivement en 1973 et 1976) et la chute du cours du Cuivre en 1975 ( après l'échec de la stratégie mise en oeuvre par le CIPEC, Conseil Intergouvernemental des Pays Producteurs et Exportateurs du Cuivre), les mesures ratées de Zaïrianisation ou nationalisation, de Radicalisation ou Étatisation et enfin de Rétrocession, la gestion peu orthodoxe des Finances Publiques, le caractère accommodant de la politique monétaire et les coûts liés à l'ajustement tardif de la politique de change (passage avec beaucoup des retards de la fixité du régime des changes au flottement) ont eu comme conséquences l'arrêt du processus de création des richesses intérieures.

La phase de 1983 à 1988 est celle des efforts d'ajustement de l'économie grâce aux mesures d'assainissement de la politique budgétaire et des réformes entreprises au niveau de la politique monétaire (libéralisation des taux d'intérêt), de la politique de change (adoption du régime des changes flottants et assouplissement de la réglementation de change). Toutefois, ces politiques de gestion de la demande n'ont pas été relayées par des politiques de portée structurelle et des initiatives de développement.

19 | P a g e

Figure 1.1. Evolution du secteur réel: 1975-1980

25 20 15 10 5 0

 

investissement en % PIB

depense en capital de l'etat en %PIB

1975 1976 1977 1978 1979 1980

Sources : Elaboré sur base des données des rapports annuels de la BCC et de la Banque Mondiale

100% 80% 60% 40% 20% 0% -20%

 

Taux de croissance
economique en %

Taux d'inflation en %

1975 1976 1977 1978 1979 1980

 

Source : Elaboré sur base des données des rapports annuels de la BCC et de la BM.

Il ressort de ce graphique, en général, une relation inverse entre le taux de croissance et l'inflation. On observe que le recul de l'inflation s'accompagne d'un relèvement de la croissance et l'accélération de l'inflation d'un ralentissement de la croissance. On observe aussi, en somme, un repli du taux d'investissement et de dépenses en capital de l'Etat. Par ailleurs, il faut noter que les guerres de Shaba [1977 et 1979] ont exacerbé le repli de

Tableau 1.1. Taux de croissance en volume des différents secteurs : 1990-2001

20 | P a g e

l'activité économique [en touchant particulièrement les secteurs mines et transports]. Elles ne sont donc pas restées sans conséquence sur l'appareil de production.

Durant cette sous-période, l'économie avait réagi favorablement aux réformes des Programmes d'Ajustement Structurel [PAS] de 1983 et de 1987-1988, intégrant les mesures de libéralisation des prix et des taux de change. La discipline imposée par ces programmes, avec notamment la promotion des politiques budgétaire et monétaire restrictives, a permis l'économie zaïroise à l'époque, d'assainir le cadre macroéconomique et d'emprunter une voie - même fragile - de la croissance économique. En effet, le taux de croissance du PIB est passé de -0.3% en 1979 à 5.6% en 1984, les dépenses publiques en capital, en % du total, sont passées de 5.1% en 1979 à 11.2 % en 1982, l'investissement[en % du PIB], de 9.9% en 1980 ; 14.1 % en 1987 et le taux d'inflation est passé de 77 % à 24 % en 1985.

? La période de 1989 à 2001

La sous-période 1990-2001 est la période de la descente aux enfers de l'économie nationale. Cette sous-période fut en effet marquée par la rupture de la coopération avec les milieux financiers internationaux, la dégringolade de l'activité économique et par plusieurs autres événements : les remous sociaux [1990] et pillages [1991 et 1993], une forte récession, une hyperinflation sans précédent et l'éclatement des guerres de libération [1996] et d'agression [1998-1999]. La production nationale n'a pas pu continuer sur sa lancée dans presque tous les secteurs d'activité. Les grandes entreprises congolaises du secteur minier ont connu des difficultés d'exploitation [on note l'effondrement de la Gécamines]. Le volume de produc

21 | P a g e

SECTEUR D'ACTIVITE 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001

SECTEUR DES BIENS -7,2 -6,3 -8,2 -2,7 -0,8 0,7 -0,5 -7,4 -0,7 -1,9 -2,5 -3,3

4. Electricité et Eau 3,2 6,2 7,8 -17,1 -3,3 6,7 18,9

SECTEUR DES SERVICES -5,7 -10,1 -11

1. Agriculture, Elevage,

Pêche 2,6 2,8 3,1 1,9 -0,8 -2,3 -2,8 -2,8 -1,4 -5,1 -2,8 -3,9

2. Extraction minière et

métal. -15,6 -22,8 -36,3 -20,3 1,9 6,3 3,2

3. Industrie manufacturière -14,6 -21,5 -27,6 -12,2 -7,4 9,7 -3,4

5. Bâtiments et Travaux

publics -39,7 -16,5 -35 -11,3 12,8 26,2 24,7

PRODUIT INTERIEUR

BRUT -6,6 -8,4 -10,5

29,4 10,3 -0,7 -2,3 -1 -5,3 -9,1 -14,4 -3,5

13,5 -3,9 0,7 -1,1 -5,4 -1,7 -4,3 -6,2 2,1

-

-

-

21,8 -7,3 -13,8 2,2 -162

30,6 4,5 -32,4 -32,4 -32,3

14,2 10,1 -18,7 -2,9 0,8

11,5 -5 5,3 -0,6 8,6

-

-

-

-

Source : Rapports annuels BCC, 1990 et 2001.

L'analyse minutieuse de ce tableau révèle un recul important de la production dans les secteurs d'Extraction minière, Industries Manufacturières, Bâtiment et travaux publics [pendant les 4 premières années], Transports et communications [1990 et 1991], Services marchands [1991 et 1992], ainsi qu'une baisse des recettes des Droits et taxes à l'importation durant les 3 premières années. En 1993, le recul de la production s'est manifesté dans presque tous les secteurs. En effet, le taux de croissance s'est situé à 13.5%, suite à une forte baisse de la production enregistrée dans le secteur des biens qui a entraîné à son tour la baisse dans le secteur des services. Le secteur d'Agriculture est demeuré positif durant les quatre premières années. Mais, ce secteur reste caractérisé tel que signalé ci-haut - par des goulots d'étranglement qui ne le rendent pas optimal.

22 | P a g e

Figure 1.2.Taux de croissance en volume de différents secteurs et de leurs composantes

en 2001

droits et impots a l'importation

38%

service non marchands

20%

commerce
gros et
detais
1%

%

Agriculture

-3%

service marchand

-9%

Industie

manifacturiere

14%

transport et
communication

8%

Industie

extractive

electricité

et eau

5%

Batiments et travaux publics

1%

1%

Source : Par l'auteur sur base des données des rapports annuels de la BCC.

Comme on peut le remarquer à travers le graphique. En 2001, la structure des contributions dans la formation du PIB a été modifiée comparativement à 2000. En effet, la branche « Droits et taxes à l'importation » a contribué à hauteur de 44.4% à la croissance, suivie par celles d'« Electricité et eau », «Transports et communications », « Bâtiment et travaux publics », ainsi que d'« Extractions minières » pour respectivement 8.6%, 8.1%, 6.7% et 0.8%. Par contre, le reste des branches, notamment la branche d' « Agriculture, pêche et chasse », «Industries manufacturières », «Commerce de gros et de détail », « Services marchands » et « Services non marchands », ont plombé la croissance avec une contribution négative respectivement de -3.9%, -16.2%, -0.7%, -10.0%, -23.6% (voir tableau 1.1).

La période de 1989 à 2001 est celle du déclin de l'économie et de la société congolaise.

La dégringolade de l'économie congolaise pendant cette sous-période est expliquée par multiples chocs, entre autres les remous sociaux et les guerres. Il s'avère toutefois important de préciser que la relecture attentive de l'histoire semble indiquer que les facteurs les plus responsables de cette crise se trouvent dans la sphère politique. Parmi ces facteurs, nous pouvons citer l'instabilité politique résultant essentiellement de la mauvaise gouvernance, la dictature, l'impunité et la corruption ou l'injustice sociale. Il

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faut noter aussi que les pillages de 1991 et de 1993 ont contribué à l'affaiblissement de l'outil de production comme nous pouvons le voir à travers une simple comparaison entre le PIB per capita, l'investissement et le niveau d'inflation accusée (voir figure 2.2 ci-dessous tiré du mémoire de Tombola C., 2010).

Tableau 1.2 PIB par habitant, et taux d'inflation: 1990-2000

Années

1990

1992

1994

1996

1998

2000

Taux d'inflation

233,2

2989,6

9789

693

134,8

511,2

PIB par habitant en US

205

130

120

110

93

85

Source : Par l'auteur sur base des données des rapports annuels de la BCC. De ce tableau, nous construisons le graphique ci-après :

12000

10000

-2000

4000

8000

6000

2000

0

1985 1990 1995 2000 2005

Taux d'inflation

PIB par habitant en US

En vue de rompre avec cette situation, l'exécution du Programme de Désinflation Rapide [PDR], avec le concours technique du FMI (Fond monétaire Internationale), a permis de casser l'hyperinflation. Le taux d'inflation est passé de 9796.9% à 370.3% de 1994 à 1995 et l'économie a renoué avec une croissance positive de 0.7% en 1995. Malheureusement, faute de la consolidation des acquis du PDR l'économie se plongea à nouveau dans un cycle infernal d'hyperinflation et de décroissance du PIB. Certes qu'il y a eu changement de régime politique après la prise du pouvoir par l'Alliance des Forces Démocratiques pour Libération du Congo [AFDL] le 17 mai 1997, mais le nouveau gouvernement n'a pas

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pu maîtriser le cadre macroéconomique. L'économie du pays était toujours exposée aux déséquilibres qui ne cessaient de s'entretenir. L'éclatement de la guerre d'agression en 1998 n'a fait que fragiliser davantage l'économie nationale. Cette situation se poursuivra jusqu'en 2001, année de renouement des relations avec les milieux financiers internationaux. A la fin de cette année les taux d'inflation et de croissance économique se sont situés respectivement à 135.2% et - 2.1%. Le tableau 2.2 ci-après résume la situation économique de 1997 à 2001.

? La période de 2002 à 2014

Après une décennie caractérisée par des performances économiques chaotiques et des déséquilibres de fondamentaux de l'économie, la RDC, avec un nouveau Gouvernement en 2001, a conclu avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international un programme de stabilisation macroéconomique. Ce programme a permis de rétablir, en 2002, les équilibres macroéconomiques fondamentaux.

Au cours de cette période, coïncidant avec la reprise de la coopération multilatérale et bilatérale, les résultats économiques ont été surtout le fait de l'application des politiques économiques conjoncturelles restrictives et de certaines réformes structurelles de première génération (partenariat dans le secteur minier, guichet unique au Port de MATADI, mise en place de la chaîne la dépense, indépendance de la Banque Centrale, liquidation des banques en difficulté).

a. Analyse du secteur réel

L'assainissement du cadre macroéconomique et la fin de la guerre après la libéralisation de l'économie en 2001, ont permis à la RDC de relever son niveau d'activités économiques. En effet, les zèles caractérisant le Gouvernement en place après la reprise de la coopération avec les Institutions financières internationales [IFI] ont conduit au relèvement des investissements tant au niveau du secteur public que privé, induit par le regain de la confiance de certains investisseurs.

25 | P a g e

Tableau 1.3 Evolution du taux de croissance du PIB réel et PIB réel per capita : 2002-2014

Années

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Taux de

croissance

du PIB
réel (en %)

3,5

5,8

6,6

7,8

5,6

6,3

6,2

2,8

7,2

6,9

7,1

8,5

9,5

Taux de

croissance

du PIB

réel per

capita(en %)

0,5

2,6

3,7

3,6

6,4

8

6

2,7

7,8

6,6

6,8

7,1

7,9

Source : Rapports annuels BCC, 2007 et FMI, 2005 et 2013.

Il se dégage de la lecture du tableau ci-avant que la croissance économique positive est de retour en RDC depuis 2002. Les résultats assez encourageants enregistrés sur le plan de la croissance sont attribuables à l'exécution du PIR [Programme Intérimaire Renforcé], qui a consisté en un assainissement de l'environnement économique général du pays, le PIR fut relayé par le PEG [Programme Economique du Gouvernement] en 2002, lequel comportait un ensemble de réformes, notamment la révision du Code des investissements. La signature de l'accord global et inclusif avec les belligérants qui consacrait la fin de la guerre, a permis une consolidation de la croissance. Cette tendance s'est observée durant pratiquement toute la décennie, quand bien même, en 2006 et 2009 il y a eu une chute de la croissance.

26 | P a g e

Figure 1.3. Taux de croissance réel et PIB réel per capita : 2002-2014

10

4

9

8

0

7

6

5

3

2

1

2000 2005 2010 2015

Taux de croissance du PIB réel (en %)

Taux de croissance du PIB réel per capita(en %)

Source : Par l'auteur sur base des données des rapports annuels de la BCC.

Le retour à la croissance positive à partir de 2002 a permis à cet indicateur d'être égal à 96.8 USD en 2008. Mais le problème de développement en RDC se pose aujourd'hui en termes de réduction de la profondeur et de l'incidence de la pauvreté8; car la nouvelle performance du PIB réel par tête [0.66 USD/jour] ne se trouve toujours pas au-dessus du seuil de pauvreté équivalent à 1 USD/jour.

Il faut noter que la croissance positive, observée depuis 2002, a été soutenue essentiellement par cinq branches de l'économie, à savoir : l'Industrie extractive, le Bâtiment et travaux publics, les Droits et taxes à l'importation, le Transport et communication et le Commerce de gros et de détail. Le tableau suivant l'exprime si bien.

8 C'est la proportion de personnes vivant avec moins d' 1$ par jour.

27 | P a g e

b. Analyse du secteur monétaire

Depuis fin mai 2001, l'ajustement économique, centré sur une politique budgétaire restrictive et une politique monétaire prudente, a permis de restaurer la stabilité des prix et d'amorcer la croissance telle que le renseigne le tableau ci-après :

Graphique 1.4. Evolution de la croissance économique, du taux d'inflation et taux de croissance monétaire (en %)

evolutions indicateurs en %

40

80

70

60

50

30

20

10

0

PIB

Taux d'inflation taux de crois. Monet

Source : Rapport BCC politique monétaire 2014, Rapports Annuels BCC 2008, 2010,2013.

L'analyse de ce tableau révèle que depuis 2002, l'inflation, en rythme annuel en RDC, est inférieure à 20.0% - exception faite pour l'année 2005, 2008 et 2009 - et est corrélée positivement à la croissance. Ce constat confirme, d'une manière générale, les résultats présentés dans l'étude de M. Bruno et celle effectuée par Fisher, Sahay et Vegh1 moyennant l'interprétation suivante : dès qu'un pays restaure durablement la stabilisation, il renoue avec la croissance économique

Cette croissance serait impulsée essentiellement par le dynamisme du secteur primaire, à travers les activités extractives.

Par ailleurs, la phase de réorganisation du système financier congolais n'est pas très propice à une utilisation efficace du capital en raison de son faible développement. En

28 | P a g e

effet, le manque de profondeur des marchés explique la faiblesse des taux d'épargne et d'investissement. Cette situation exerce des effets contra cycliques sur la croissance économique. La situation monétaire en RDC est aussi dominée par les reformes du secteur financier qui se poursuivent sous la supervision de la Banque Centrale du Congo. Le système financier se redresse après des années de baisse de l'intermédiation financière dans les opérations commerciales. En effet, la RDC compte en 2013 environ 20 banques commerciales qui constituent son système bancaire parmi lesquelles 5 ont été restructurées profondément et ont été liquidées.

c. Situation des Finances Publiques

Très souvent, les déficits budgétaires observés dans la gestion des finances publiques en RDC sont une conjonction des plusieurs dérapages qui caractérisent les phases : de l'élaboration du budget de l'Etat et celle de son exécution, il y a lieu de citer à titre illustratif : l'étroitesse de l'assiette fiscale, la fraude et l'évasion fiscales, l'incapacité de l'administration pour améliorer l'effort fiscal, sans oublier la violation récurrente de la procédure classique d'exécution des dépenses publiques. Ces éléments combinés à l'explosion des dépenses de fonctionnement et à une multiplication des dépenses hors budget ont entraîné au fil des années une détérioration du solde budgétaire.

Cependant, de 2002 à 2011, la gestion des finances publiques a été satisfaisante, résultat d'une discipline recommandée à la RDC par les institutions de Bretton Woods. La reprise des activités et le retour de la croissance, au cours de la période 2002-2011, ont permis d'élever le niveau des recettes publiques. Son ratio, qui se situait à 3.73 % en 2000, a atteint le niveau de 18.63 % en 2009, puis de 19.34 % en 2010. Le recours aux avances de la Banque Centrale pour le financement du déficit a été sensiblement réduit, allant jusqu'au remboursement [-0.54 % en 2002, -0.88 % en 2004]. La compression du crédit à l'Etat a été à la faveur du crédit aux secteurs privés.

29 | P a g e

Graphique 1.5. Contribution sectorielle au PIB *(en pourcentage)

PRIMAIRE SECONDAIRE TERTIARE

40%

16%

44%

Source : Rapport annuel BCC 2014 politique monétaire.

Du point de vue de l'offre, cette croissance serait impulsée essentiellement par le dynamisme du secteur primaire, à travers les activités extractives dont la contribution à la croissance atteindrait 5,5 % contre 3,2 % en 2013. Les secteurs secondaire et tertiaire seraient marqués par un ralentissement de leurs activités comparativement à l'année précédente, 2,6 % contre 1,7 % et 3,2 %.

La forte contribution du secteur primaire est en liaison avec le dynamisme l'économie congolaise. En effet, la valeur ajoutée de l'activité extractive cette croissance serait impulsée essentiellement par le dynamisme du secteur primaire, à travers les activités extractives. La Banque Centrale du Congo - Direction Générale de la Politique Monétaire et des Opérations Bancaires - Février 2015 devrait s'améliorer de 13,2 % en 2014, après une hausse de 7,6 % en volumes de production du cuivre et de l'or qui ont atteint des niveaux de production historiques de 1.030.129,0 tonnes et 23.539,0 kilos contre respectivement 919.588,0 tonnes et 4.900,0 kilos en 2013.

Pour sa part, la valeur ajoutée de la production agricole se serait accrue de 4,7 % en 2014, après une amélioration de 4,2 %, à la faveur des campagnes agricoles menées par le gouvernement à travers le pays dans le cadre de la relance de ce secteur.

30 | P a g e

d. Relations économiques extérieures

La balance des paiements de la RDC accuse un déficit chronique. Les exportations qui, autrefois étaient assez diversifiées et équilibrées entre les produits miniers et les produits agricoles avec en 1958, 54.0 % et 41.0 % respectivement pour les produits miniers et les produits agricoles, dépendent actuellement à plus de 90.0 % des seuls produits miniers.

Comparé à l'année 2001, le solde de la balance commerciale redevient positif en 2002, grâce notamment à l'appréciation des cours mondiaux du diamant, du cuivre, du cobalt, et pétrole brut. Depuis 2002, le solde de la balance courante a été également relativement modéré. Soit 0.7 millions d'USD et -59.6 millions d'USD, respectivement en 2002 et 2003.

Cette situation relativement satisfaisante est le fait notamment de la discipline imposée, dans la gestion de finances publiques, par l'exécution du PIR ainsi que d'autres programmes qui ont permis à l'Etat congolais de restructurer les niveaux des soldes budgétaires qui sont restés inférieurs à -2.0 % durant la période 2002-2011. Le volume global des échanges commerciaux, a progressé de 12,0 %, passant de 22,3 milliards d'USD, soit 68,2 % du PIB, en 2013, à 25,0 milliards, soit 69,5 % en 2014. Par ailleurs, l'interaction entre les exportations et les importations révèle un excédent commercial de 1.001,8 millions d'USD en 2014 contre 943,1 millions en 2013. En effet, pour l'année 2014, les exportations se sont accrues de 11,8 %, s'établissant à 12.981,9 millions d'USD contre 11.613,0 millions en 2013. Cette évolution découle principalement de la hausse observée dans les exportations de l'or, suite essentiellement à l'augmentation de la quantité exportée, et des autres produits.

31 | P a g e

Graphique 1.6 : Volume estimé des IDE réalisés en RDC de 2010 à 2014 (en USD)

Source : Elaboré par l'ANAPI sur base des estimations faites à partir des données des rapports de la Direction des Services aux Investisseurs et de la Commission d'approbation des listes du Ministère des Mine.

Le graphique ci-dessus renseigne que la RDC est dépendante de l'extérieur tant en biens de consommation finale qu'en biens de consommation intermédiaire et d'équipement. Les dépenses en devises pour cette catégorie des biens ont fluctué d'année en année. Entre 2010 et 2014, la part des investissements directs étranger du code minier est toujours supérieure à celui des investissements direct étranger dans le code des investissements. L'analyse comparative des importations de ces codes aux exportations durant la période de transition montre que la RDC dépend essentiellement du reste du monde.

Figure 1.7. Evolution du taux de change: 2002-2014

1000

400

800

600

200

0

2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014

taux de change

taux de change

 
 

années

taux de change

2002

382,1

2003

372,5

2004

444,1

2005

431,28

2006

503,43

2007

502,99

2008

639,32

2009

902,66

2010

915,13

2011

910,13

2012

 

2013

 

32 | P a g e

Source : Par l'auteur su base des données des rapports annuels de la BCC.

Il se dégage à la lecture du graphique qu'entre 2002 et 2011, l'on a assisté à une stabilité relative du franc congolais. En se situant à 910.65 CDF le dollar en décembre 2014, le franc congolais se serait déprécié de 138.19% en 9 ans.

En matière de dette publique, l'évolution des comptes extérieurs et budgétaires s'est traduite par une baisse du ratio du service de la dette par rapport aux recettes budgétaires à 23.5 % en 2006 contre 33.0 % un an plus tôt et par un recul du ratio du service de la dette par rapport aux exportations à 13.6 % contre 16.0 % en 2005. De même, le ratio du stock de la dette par rapport au PIB s'est élevé à 93.2 % en 2007 contre 111.5 % en 2006. Enfin, il convient de signaler qu'à la faveur du point d'achèvement de l'I-PPTE, le stock de la dette extérieure est passé de 12 467.7 milliards de USD en 2009 à 3 164.5 milliards de USD une année après. Cette situation a amélioré sensiblement les indicateurs de soutenabilité de la dette. En effet, ce stock a représenté 37.3 % des exportations et 24.0 % du PIB en 2010, contre 193.3 % et 111.5 % une année avant.

Tableau 1.4 Position extérieure congolaise : 2004 - 2014.

Dans ce tableau, En termes de niveau, les réserves internationales sont passées de 450 millions d'USD en 2004-2008 à 1,65 milliards de USD en 2014. En mois d'importation, l'autonomie est passée de 0,4 mois (1,6 semaines) à 1,98 mois (7,9 semaines) - valeurs respectivement en deçà de la moyenne Subsaharienne.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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