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Exploitation minière et conflits fonciers. Le cas de la localité de Hiré (Côte d'Ivoire).

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par Cyprien Yao YAO
Université Félix H.Boigny  - Master1 Sociologie spécialité: Environnement 2014
  

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1-2-2-La déconstruction statutaire des détenteurs de terres

Selon Akaffou, l'exploitation minière a générée une situation anomique caractérisée par la multiplicité de propriétaires de terres et la montée des répertoires de justifications. Dans cette situation selon lui, les acteurs font usage de rhétoriques, de constructions d'acteurs symboliques pour s'approprier le titre de propriété de parcelles au détriment des ayants droits.

Ce discours traduit une stratégie de légitimation de certaines catégories sociales aux dépens d'autres par la mobilisation du référent l'idéologique de l'autochtonie. Celui-ci dégage de la même occasion la représentation sociale de la rente foncière. En fait, cet acteur en plus d'être chef de village,
est vice-président du comité et aussi détenteur de terre. Il appartient également au groupeethnique Dida. A cet effet, certains acteurs à priori sont construits comme n'étant pas propriétaires terriens à Hiré. Il s'agit plus particulièrement des migrants. Du coup, ce discours vise une disqualification aprioriste des allochtones et allogènes de la propriété foncière pour faciliter l'appropriation des indemnisations liées à la terre aux autochtones.

De même, au sien des familles autochtones, la représentation de cette rente entraine l'effritement du tissu social au profit de la montée des individualismes. Cette configuration des rapports sociaux met en lumière des relations de rejet, d'inégalité et de conflitentre allogènes, allochtones et autochtones. Au niveau des pratiques symboliques, il s'observe des pratiques de surenchère d'arbitrage, d'appropriation individuelle de la rente foncière et d'affaiblissement des liens de parenté.

Extrait du discours d'Akaffou

« Je le dis parce que cette histoire d'or fait qu'il y a aujourd'hui de grands menteurs. Des gens qui sortent de n'importe où pour s'accaparer les terres».

1-2-3-Le cadre social de gestion des conflits comme élément de fabrication
des perceptions différenciées du statut du comité.

Selon Dago, la qualité de gestion des conflits fonciers fait appel à des critères d'objectivité, d'impartialité et de confiance. La dialectique entre cet idéale et les réalités effectives qui ont cours au sein du comité mettent en difficultés l'impartialité des membres face aux acteurs en situation de conflits. Sur ce,la question de la durabilité de la gestion d'un cas de conflit donné et la reconnaissance sociale des membres du comité par les populations locales en sont des enjeux.

En réalité, ce discours traduit un rapport de force entre les membres du comité et les populations locales dans lequel les premiers sont déjà inscrits comme dominants. Cela met également en lumière une forme d'hégémonie qui se caractérise par le pouvoir exclusif dévolu aux membres du comité quant à la gestion des conflits fonciers liés aux compensations agraires et foncières. Ce pouvoir absolu s'accompagne de la légitimation de la surenchère d'arbitrage. Cette perception traduisant la négation du statut du comité induit des relations d'influence,de dépendance, de rejet, d'opposition et de conflit entre les membres du comité et les populations locales. De même, ces types de relations sont observables entre le comité et les autres structures de gestion et d'arbitrage des conflits.Il s'observe également des relations de collaboration entre la société Newcrest et le comité de gestion. Ainsi donc,la multiplicité des instances d'arbitrageinduit la production de normes contradictoires. Du côté des acteurs en situation de conflit, ceci s'opère par les contournements des instances de gestion.

Extrait du discours de Kouassi :

« Il y a trop de malhonnêteté au niveau de la gestion des conflits. Le comité de gestion foncière ne fonctionne pas bien. Surtout dans les villages, les personnes au sein du comité font du faux. Ils gèrent les conflits en fonction des liens qu'ils entretiennent avec les concernés. Il faut que le comité fasse correctement le travail. Il doit être impartial ».

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