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Les moyens d'existence des populations dans l'interzone réserve de biosphère du dja-parc national de Nki. Compatibilite ou incompatibilité avec les objectifs de conservation.

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par Claude Tatuebu Tagne
Université de Yaoundé I - Master  2012
  

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1.2.2. Une agriculture vivrière extensive de type itinérante sur brulis.

1.2.2.1. Les types de cultures.

L'agriculture vivrière se déroule dans le cadre des champs familiaux de taille modeste. Les superficies sont généralement inférieures à un hectare. La distance à parcourir pour se rendre au champ ne dépasse pas 3 km. Il s'agit d'une agriculture de subsistance. Elle est menée conjointement par les hommes et les femmes. Très souvent, il existe une sorte de division du travail. Les hommes sont plus concernés par le défrichage et l'abattage et les femmes nettoient le champ, plantent, entretiennent et récoltent. Il existe deux saisons de culture par an : la petite saison (septembre-novembre) et la grande saison (mars-juin). Les principales productions de la zone sont : manioc, macabo, plantain, igname, concombre, le melon, le maïs, patates, etc. Le plus souvent ces cultures sont associées. Elle est essentiellement orientée vers la subsistance et, dans une certaine mesure, vers le marché local. Dans la zone d'étude, les traits généraux qui caractérisent cette agriculture sont les suivants :

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? L'itinérance des cultures et la mobilité des champs ;

? L'utilisation du feu dans le processus de défrichage et de nettoyage;

? L'utilisation d'un matériel rudimentaire ;

? L'association des cultures ;

? La non utilisation des engrais et des fongicides à cause de la fertilité naturelle

du sol.

A

C

B

D

Source : Cliché Tatuebu, 2011. Planche photo N°3: Quelques cultures vivrières pratiquées dans les villages de l'interzone.

La planche nous présente les cultures vivrières qui occupent une place de choix dans l'alimentation des populations de l'interzone. La photo A nous présente le macabo, sur la photo B on observe le manioc, C nous présente une bananeraie et D un champ de maïs. Le sol de l'interzone est propice au développement de nombreuses cultures ; mais les populations accordent une place primordiale à la culture des tubercules et du plantain. La banane-plantain est la première culture vivrière pratiquée dans la zone enquêtée. Ceci s'explique par le fait qu'elle est la plus consommée dans la région. La deuxième culture vivrière pratiquée dans la région est le manioc. Il est consommé sous forme de tubercule, de semoule ou de bâton de manioc. Le macabo est le tubercule qui occupe le troisième rang après la banane-plantain et le manioc. Les autres cultures telles le maïs, l'igname et l'arachide sont peu cultivée dans la région.

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Comme nous l'avons mentionné plus haut, c'est une agriculture caractérisée par l'association des cultures. Plusieurs types de cultures peuvent être pratiquées sur un même espace. La superficie maximale des champs de cultures vivrières est de 1 ha comme nous l'avons constaté dans le tableau plus haut. Cependant, dans les cas exceptionnels, notamment pour les agriculteurs qui produisent pour approvisionner les grands marchés comme ceux de Mintom, de Lomié et de Ngoyla, les superficies peuvent être revues à la hausse.

A

A

B

B

Source : Cliché Tatuebu, 2011.

Photo N°4: L'association du manioc (B) et du Xanthosoma sagittifolium (A).

D'une façon générale, bien que l'agriculture soit itinérante sur brûlis, la faible densité de la population et surtout l'agriculture vivrière de subsistance en vigueur minimisent la pression de cette agriculture dans la zone. Cependant, ces dernières années, on assiste à la mise en place de nouveaux champs

1.2.2.2. Les types de champs vivriers.

Nous pouvons distinguer deux grands types de champs chez les populations de l'interzone : les champs établis sur les jachères et ceux établis en forêt primaire.

? Les champs établis sur les jachères.

Ces champs représentent 92 % des champs mis en culture par les populations de la zone. Ce sont des espaces qui sont faciles à mettre en culture parce qu'il n'y a pas trop de grands arbres à abattre. Le nettoyage n'est pas très pénible. Mais il est à préciser que la taille de la forêt à défricher est fonction de l'âge de la jachère. Les vieilles jachères (forêts secondaires qui peuvent même atteindre le stade des forêts primaires) sont presque identiques à la forêt vierge. Il faut mettre des jours pour défricher une petite superficie. La matrice culturelle (cultures associées) qui domine le champ est constituée d'arachides, de manioc et de maïs, de macabo et parfois du plantain et de concombre (Cucumeropsis mannii). Chaque

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ménage possède en moyenne deux champs : un pour l'arachide et l'autre associé (manioc et macabo). Il peut arriver que les préférences des cultures changent d'un champ à l'autre suivant les paysans. Avec le climat qui règne dans la région, chaque ménage crée des champs au début de chaque saison de pluie (grande et petite saison de pluie).

? Les champs établis en forêt primaire

Cette catégorie représente près de 7 % de la superficie défrichée dans la zone. Ce faible taux s'explique par le travail d'abattage des gros et durs arbres de la forêt. Bien que ces forêts soient plus fertiles que les jachères, les populations se plaignent que c'est très difficile d'abattre les gros arbres, étant donné qu'ils n'ont pas un matériel approprié pour ce travail. A cet effet, un proverbe Badjoué atteste « Défricher est un jeu d'enfant mais abattre l'ekomo (forêt primaire) c'est la mort » (proverbe Badjoué) citer par Pauwel de Wachter, 1997. Les agriculteurs l'apprécient pour le plantain, le macabo et le concombre parce que les travaux d'entretien y sont minimaux. Le premier défricheur de la forêt primaire obtient le droit de l'usufruit.

C

A

A

Source : Cliché Tatuebu, 2011.

Photo N°5: Jeune bananeraie établie en forêt primaire.

Sur cette photo prise en septembre et en décembre sur la même parcelle, on observe d'importantes quantités d'arbres qui ont été abattus. Les branches (C) ont été éliminées avec le feu ; quant au reste(A), il faudra brûler les années suivantes ou les laisser pourrir dans le champ. Les points (B) représentent les jeunes bananiers. Avec cette photo, on peut constater

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l'important travail (abattre les arbres et dégager) qu'il faut effectuer avant de mettre une forêt primaire en culture.

1.2.2.3. La commercialisation des produits vivriers.

Les produits de l'agriculture sont aussi destinés à la commercialisation pour satisfaire les besoins financiers. L'enquête réalisée révèle que près de 61 % soit 84 personnes sur 137qui font l'agriculture, consomment une partie de leurs produits et vendent le reste. 31 % soit 43 personnes cultivent uniquement pour la satisfaction de leurs besoins alimentaires. Cette catégorie est essentiellement constituée des personnes âgées qui n'ont plus de force pour cultiver assez et aussi de certains fonctionnaires qui cultivent uniquement les alentours de la maison. Le reste 7 % soit 10 personnes affirment qu'ils cultivent uniquement pour vendre. Ici il s'agit de la culture du cacao et ce sont des gens qui ont une activité principale autre que l'agriculture. La plupart des produits vivriers est vendue sur place en raison du fait que la majorité des villages n'ont pas de système de marché organisé ou de marché hebdomadaire. Le troc est aussi une pratique courante d'échange des biens et des produis agricoles entre les agents économiques dans la région.

La commercialisation des produits vivriers se passe le long des pistes et de la route dans l'interzone. Généralement, dans cette région, chaque ménage dispose d'une claie pour vendre les produits vivriers. Le macabo se vend en seau de 15 ou de 20 litres. Le prix varie de 1000 à 2000 Fcfa. Les autres produits comme le maïs et le couscous manioc sont également vendus en seau. Le seau de maïs coûte généralement 1000 F. Pour certains produits, on préfère vendre en tas. Ainsi par exemple, dans la zone, le plantain ne se vend pas par régime mais par mains, c'est- à - dire que l'on sectionne un régime de plantain en petits tas, ainsi cela procure plus de bénéfices. Cette main coute entre 200 et 500 Fcfa. Le concombre et les arachides se vendent en sac. Le sac de concombre se vend en moyenne à 25 000 Fcfa. Le sac d'arachide à 15 000 Fcfa. Ces produits vivriers sont surtout vendus aux passants en transit dans la localité.

Ils sont vendus directement quand les champs jouxtent la route. Le prix est fixé selon les tractations entre le vendeur et l'acheteur mais généralement c'est l'acheteur qui fixe le prix. Parfois par manque des clients, il arrive que les produits vivriers pourrissent sur les claies. Concernant la filière de commercialisation, en dehors des passants pour les zones reculées de cette région, les autres acheteurs viennent de Lomié qui est à 100 km de Ngoyla et parfois de Mintom. Ces acheteurs prennent les produits à des prix dérisoires et les revendent

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chers dans les grands centres urbains. Le revenu moyen mensuel tiré de la vente des produits agricoles est estimé à 25 000 Fcfa.

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