WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La communication d'un établissement public dà¢â‚¬Ëœenseignement supérieur d’Afrique noire francophone : le cas de l’université Omar Bongo du Gabon de 2011 à  2016


par Alain Roger PAMBOU
Universté Omar BONGO du Gabon - Master en Sciences de l'Information et la Communication 2017
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Chapitre III - Un modèle organisationnel de quel ordre ?

En sciences de l'artificiel (où s'inscrit la présente étude), les artefacts sont des organisations ayant un objectif social. La communication et l'université sont des artefacts qui s'intègrent dans le sens de la communication dans l'université. Le problème consiste à saisir le cadre dans lequel s'inscrit la relation entre communication et université. La question en fait est de savoir : « Comment qualifier l'environnement qui abrite cette relation ? » ; c'est-à-dire l'université. Comprendre le modèle organisationnel de l'UOB impose de revenir aux fondamentaux : les théories de l'organisation. Ces dernières ont l'avantage d'inscrire l'objet d'étude dans un cadre épistémologique. Le but de ce chapitre consiste ainsi à situer dans un cadre explicatif scientifique l'organisation de l'UOB.

Avec l'application du SWOT, le cadre analytique apparemment le plus pertinent pour saisir le mode organisationnel de l'UOB relève des approches systémique et fonctionnaliste (Aura PARMENTIER CAJAIBA, Marie-José AVENIER, 2013). De même, l'analyse développée ici se focalise sur le contexte organisationnel ; d'où, les facteurs de blocages individuels - de type cynisme, ambiguïté, tolérance au changement... - sont occultés. Le point d'ancrage des données collectées relève des caractéristiques de l'organisation dans le contexte universitaire ; afin de poser une hypothèse.

Pour la communication universitaire, localement (Gabon) si cette méthode semble une primeur, au plan international, l'Université Cheik Anta DIOP (Sénégal) applique cet exercice. En l'espèce, une observation directe (sur le terrain), se couple à l'étude de documents (officiels ou non) circonscrits, car exclusivement relatifs à l'organisation de l'UOB. Dans l'absolu - nonobstant les limites évoquées précédemment - des recherches complémentaires (sondage et entretien) sont forts utiles.

Sont donc évoqués ici le matériel et la méthode de recherche, puis le résultat et la discussion de recherche et enfin une synthèse partielle de la recherche.

Section 1. Matériel et méthode de recherche

La démarche consiste ici en une étude théorique et documentaire. Il s'agit de rappeler les théories des organisations ; particulièrement celles se rapportant aux institutions d'enseignement supérieure. Une attention particulière porte sur les caractéristiques du fonctionnement de l'organisation. L'objectif à terme est de relever les situations qui intègrent le SWOT en termes de forces, faiblesse, opportunités et menaces.

Les théories des organisations aident à situer les universités dans leur situation communicationnelle ; d'autant que « l'organisation doit être directement saisie comme un système de communication,

37

c'est-à-dire, comme un système contextualisé de comportements, de discours et d'opinions. Cette « configuration », cette « forme sociale », ce « système de communication », est agi par ses acteurs (ils communiquent). Il est fait d'interactions. Il est dynamique. Il est régulé par une culture propre [...] et il tend à se maintenir en équilibre, ce qui signifie non pas rester invariant, mais constant en tant que système [...] » (Pierre de SAINT-GEORGES, 2010).

Présentée comme artefact, le caractère d'organisation des universités est indiscutable. Seul le type d'organisation est imprécis. Il est ainsi logique d'explorer les contributions des théories de l'organisation pour s'en faire une idée.

L'organisation, dans les sciences de la communication complète la sociologie des organisations, s'y articule tout en apportant un regard spécifique (Pierre de SAINT-GEORGES, 2010). Christine Musselin affirme que : « Pour P. Blau, les universités sont assimilables à des bureaucraties, pour Baldridge, elles sont représentatives de situations où la prise de décision obéit à des processus politiques, tandis que pour Cohen et March, elles sont des anarchies organisées » (Christine MUSSELIN, 1997). Le champ des possibilités est vaste. Reste à savoir quelle formule s'applique.

1. L'université en tant que bureaucratie

Le terme « bureaucratie » nait sous la Révolution française pour fustiger les abus de pouvoir des comités révolutionnaires. C'est un type d'organisation qui renvoie aussi au pouvoir important des scribes dans l'Égypte pharaonique et à Frédéric II rassemblant les lois de son royaume sous la forme du code Frédéric, dans la Prusse du 18e siècle (ENCGT, 2007/2008).

Max Weber (1864-1920) formalise le premier la bureaucratie. Pour lui, la théorie de la bureaucratie est une approche de management scientifique, dont le principal intérêt est d'être égalitaire. Elle proscrit les considérations individuelles. En effet, l'administration prévoit des règles appliquées à chaque employé du seul point de vue de sa fonction. La bureaucratie porte alors des valeurs de rationalité, de bonne organisation et de contrôle. Elle s'applique aux environnements stables et peu complexes. Par contre, ce modèle de la rationalité montre des limites : son formalisme renferme des sources de dysfonctionnements (lourdeur, rigidités, lenteur quand la taille augmente).

Sous l'angle des effets, des auteurs critiquent le modèle rationnel de la bureaucratie. Sans le remettre en cause fondamentalement, à partir des années 40, les sociologues américains (Robert King Merton, Philip Selznick et Alvin Gouldner) dévoilent les dysfonctions de la bureaucratie. Ils s'intéressent au fonctionnement interne des organisations, plus qu'aux relations qu'elles entretiennent avec leur société. Ils envisagent la bureaucratie dans ses dimensions rationnelles et, a

38

priori, irrationnelles. D'où, ils émettent la théorie des « cercles vicieux bureaucratiques » (ENCGT, 2007/2008). Dans les années 50, le terme organisation remplace bureaucratie, liée à dysfonction. Michel Crozier élabore ainsi une théorie des formes bureaucratiques établissant les corrélations entre système bureaucratique et relations de pouvoir (ENCGT, 2007/2008). Pour lui, l'organisation résulte d'alliances, toujours renégociables, entre groupes et individus aux stratégies changeantes. Appliquée à l'université, Henry Mintzerg nuance le propos de Max Weber en introduisant le concept de bureaucratie professionnelle. Dans ce cadre d'analyse, deux pouvoirs - corps professoral et administration - se livrent une lutte à l'université, avec comme enjeu l'autonomie professionnelle.

Ces personnes hautement qualifiées veulent conserver une importante autonomie dans leurs décisions, plutôt que d'être soumises à des directives précises de superviseurs. L'enseignant d'université est un décideur dont les intérêts s'opposent facilement à ceux de l'administration ; qui elle se soumet aux contraintes du bailleur de fonds qu'est le gouvernement. Alors que l'enseignant se situe au centre de la production universitaire. Grâce au principe de la liberté académique, il limite l'étendue des contrôles exercés sur ses services et son emploi du temps. Il reste libre d'enseigner ce qui lui plaît, de la façon dont il l'entend (Isabelle BARTH, 2013). La recherche va plus loin en rejetant la validité de la théorie de la bureaucratie pour proposer celle de l'anarchie organisée.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus