Si le minitel est l'une des explications du retard que
connaît la France en matière de commerce électronique,
l'importance des risques perçus, sur Internet, est également un
facteur négatif. Etudions quels sont ces risques...
2.1 Expérience avec Internet
Dans le domaine du comportement du consommateur,
l'innovativité est la tendance d'un individu à l'innovation
(Filser, 1994) ou la prédisposition à s'informer sur les nouveaux
produits et à les adopter (Goldsmith et Hofacker, 1991).
L'adoption d'une innovation par un individu dépend,
entre autres, de son degré d'aversion à l'égard du risque.
Les individus averses aux risques doivent multiplier les
répétitions d'expérience afin de diminuer les
émotions négatives. Ces expériences demandent parfois des
connaissances qui peuvent être difficiles à transférer
selon les secteurs ; le secteur du commerce électronique fait
partie de ces domaines qui nécessitent un savoir. Ainsi, la
capacité du consommateur à maîtriser la nouvelle
technologie est un élément fondamental qui influence l'adoption
d'Internet comme mode de commerce (Le Leyzour, 1996).
Les freins perçus, par l'individu, à
l'utilisation d'Internet sont de 2 types : psychocognitifs et
comportementaux.
Les aspects psychocognitifs sont l' innovativité dans
le shopping, la confiance en soi dans l'acte d'achat, l'implication
vis-à-vis de l'informatique et de l'Internet, le niveau de connaissance
estimé et le niveau de familiarité ressenti.
Les aspects comportementaux sont l'utilisation de
l'ordinateur et d'Internet, et l'expérience d'achat sur Internet.
Certaines études ont apporté des
typologies d'internautes en fonction de leur comportement ou de leur attitude
vis-à-vis du médium Internet et de ses applications commerciales.
Ainsi, la SOFRES classe les internautes en trois groupes différents.
Parmi ces groupes, le groupe des
« méfiants ». Ce sont des individus qui
n'ont pas encore acheté sur Internet et qui n'auraient pas l'intention
de le faire dans le futur. Leur comportement s'expliquerait par le fait qu'ils
considèrent Internet comme « un espace
éloigné d'eux et peu sûr » et aussi parce
qu'ils éprouveraient « plus de difficulté à
utiliser l'ordinateur et Internet que la moyenne ».
Cette étude peut-être complétée par
Médiamétrie, novembre 2003, qui a mesuré, auprès de
9 000 foyers français, les raisons des non internautes de ne pas
s'intéresser à l'Internet. 1/3 de ces non-internautes
évoquent le prix du matériel et des conditions d'accès
trop élevé et ¼ évoquent le manque de
compétences techniques.
Cette innovativité et manque de connaissances est
cependant en baisse, puisque 1/3 des réticents déclarent avoir
l'intention d'utiliser Internet prochainement. De plus, le noyau de
réfractaires qui ne voient aucune utilité à utiliser le
média en ligne s'amoindrit au fil du temps puisqu'ils étaient 24
% à le penser il y six mois et sont 18 % aujourd'hui. Ces 18% justifient
leur position par le fait qu'ils ne pensent pas trouver d'informations
intéressantes sur Internet.
Nous retiendrons qu'il existe donc bien une différence
de risque perçu entre les niveaux d'implication durable des individus
vis-à-vis de l'informatique et d'Internet : les individus non
familiarisés avec ces outils éprouvent un risque perçu
plus important. Les individus ayant de l'expérience dans l'achat sur
Internet ont une sensibilité de risque perçu moindre. Ainsi, il
est courant de lire, dans les études publiées sur le sujet, que
l'expérience avec le médium « joue un rôle
déterminant dans le passage à l'acte d'achat »,
l'expérience avec l'informatique et Internet empêcherait certains
freins.
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