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Evolution du comportement du consommateur français dans l'e-commerce B2C


par Guillaume Challouatte
Universités de Lille I et de Swinburne, Melbourne (Australie) - Master en marketing 2004
  

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Si le minitel est l'une des explications du retard que connaît la France en matière de commerce électronique, l'importance des risques perçus, sur Internet, est également un facteur négatif. Etudions quels sont ces risques...

2.1 Expérience avec Internet

Dans le domaine du comportement du consommateur, l'innovativité est la tendance d'un individu à l'innovation (Filser, 1994) ou la prédisposition à s'informer sur les nouveaux produits et à les adopter (Goldsmith et Hofacker, 1991).

L'adoption d'une innovation par un individu dépend, entre autres, de son degré d'aversion à l'égard du risque. Les individus averses aux risques doivent multiplier les répétitions d'expérience afin de diminuer les émotions négatives. Ces expériences demandent parfois des connaissances qui peuvent être difficiles à transférer selon les secteurs ; le secteur du commerce électronique fait partie de ces domaines qui nécessitent un savoir. Ainsi, la capacité du consommateur à maîtriser la nouvelle technologie est un élément fondamental qui influence l'adoption d'Internet comme mode de commerce (Le Leyzour, 1996).

Les freins perçus, par l'individu, à l'utilisation d'Internet sont de 2 types : psychocognitifs et comportementaux.

Les aspects psychocognitifs sont l' innovativité dans le shopping, la confiance en soi dans l'acte d'achat, l'implication vis-à-vis de l'informatique et de l'Internet, le niveau de connaissance estimé et le niveau de familiarité ressenti.

Les aspects comportementaux sont l'utilisation de l'ordinateur et d'Internet, et l'expérience d'achat sur Internet.

Certaines études ont apporté des typologies d'internautes en fonction de leur comportement ou de leur attitude vis-à-vis du médium Internet et de ses applications commerciales. Ainsi, la SOFRES classe les internautes en trois groupes différents. Parmi ces groupes, le groupe des « méfiants ». Ce sont des individus qui n'ont pas encore acheté sur Internet et qui n'auraient pas l'intention de le faire dans le futur. Leur comportement s'expliquerait par le fait qu'ils considèrent Internet comme « un espace éloigné d'eux et peu sûr » et aussi parce qu'ils éprouveraient « plus de difficulté à utiliser l'ordinateur et Internet que la moyenne ».

Cette étude peut-être complétée par Médiamétrie, novembre 2003, qui a mesuré, auprès de 9 000 foyers français, les raisons des non internautes de ne pas s'intéresser à l'Internet. 1/3 de ces non-internautes évoquent le prix du matériel et des conditions d'accès trop élevé et ¼ évoquent le manque de compétences techniques.

Cette innovativité et manque de connaissances est cependant en baisse, puisque 1/3 des réticents déclarent avoir l'intention d'utiliser Internet prochainement. De plus, le noyau de réfractaires qui ne voient aucune utilité à utiliser le média en ligne s'amoindrit au fil du temps puisqu'ils étaient 24 % à le penser il y six mois et sont 18 % aujourd'hui. Ces 18% justifient leur position par le fait qu'ils ne pensent pas trouver d'informations intéressantes sur Internet.

Nous retiendrons qu'il existe donc bien une différence de risque perçu entre les niveaux d'implication durable des individus vis-à-vis de l'informatique et d'Internet : les individus non familiarisés avec ces outils éprouvent un risque perçu plus important. Les individus ayant de l'expérience dans l'achat sur Internet ont une sensibilité de risque perçu moindre. Ainsi, il est courant de lire, dans les études publiées sur le sujet, que l'expérience avec le médium « joue un rôle déterminant dans le passage à l'acte d'achat », l'expérience avec l'informatique et Internet empêcherait certains freins.

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