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Etude de l'évolution de l'agglomération de La Paz - El Alto depuis les vingt dernières années


par Florent Demoraes
Université de Savoie
Traductions: Original: fr Source:

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B/ Un site confiné et hétérogène soumis à une érosion active : les

prémices d'une évolution future problématique et toujours plus

ségrégative

1/ Un site contraignant sensible à l'érosion : de fortes pentes et des

formations édaphiques majoritairement meubles

a/ Une topographie accidentée...

Une des caractéristiques majeures du site de La Paz est sa topographie accidentée. En effet, outre

l'omniprésence des pentes fortes, le relief présente bien souvent un aspect déchiqueté. Certains

secteurs de la Cuenca peuvent connaître des pentes allant jusqu'à 70° notamment à Villa Fatima ou

à Alto Obrajes (Gozalvez, 1996). Dans la Zona Sur, apparaissent les structures de relief les plus

lacérées comme l'attestent les nombreuses quebradas (gorges, ravines) et cheminées de fée (Figures

10 et 11).

El Alto quant à elle, ne présente guère de telles contraintes topographiques. Dans son ensemble, la

surface de El Alto est légèrement inclinée du Nord-Est vers le Sud-Ouest et les déclivités ne

dépassent pas localement 10° dans les secteurs de l'aéroport et de Alto Lima (Gozalvez).

b/ ...qui s'explique par des soubassements meubles facilement érodables :

D'un point de vue géologique, trois grandes unités se distinguent (Figure 9) : le soubassement du

socle, les sédiments de l'altiplano et les dépôts contemporains de l'érosion de la vallée de La Paz,

ces deux derniers étant composés de matériaux peu consolidés (Ballivian, 1978 et Malatrait 1983).

On comprend ainsi que l'action de l'érosion ait pris toute son ampleur lors du creusement de la

vallée de La Paz dans les formations de l'altiplano, par le Rio Choqueyapu. Ce dernier, affluent du

Rio Beni, a coupé la Cordillera Real (Cordillère Royale) au Nord par érosion régressive, et ses

alluvions furent transportées jusqu'à la vallée de l'Amazone et l'Atlantique.

Les versants de la cuvette ainsi formée subissent à leur tour les effets des processus

morphogéniques d'autant qu'un réseau de rios (rivières, torrents), affluents du Rio Choqueyapu,

s'est corrélativement mis en place. Aussi, en dénombre-t-on aujourd'hui approximativement 300

(PDU, tome I). L'action combinée des torrents et du ruissellement sur les versants abrupts dont le

sous-sol est composé de formations meubles, est à l'origine de l'intensité du ravinement, de la

déstabilisation et du glissement des terrains ainsi que d'une érosion régressive active. Ceci est

d'autant plus vrai que la dénivellation est souvent grande et que les précipitations sont concentrées

sur une courte période de l'année. Cela favorise, dans un premier temps, l'imbibition des sols et leur

propension à fluer puis, dans un deuxième temps, leur saturation qui inhibe l'infiltration au profit du

ruissellement.

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Figure 9 - Carte géologique schématique

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Figure 10 - Exemple de versant ciselé par le ravinement (PDU)

Figure 11 - Cheminées de fée situées au sud de l'agglomération (PDU)

22En effet, sur une moyenne annuelle de 590 mm, 70% des précipitations tombent pendant la saison

des pluies de décembre à mars (d'après les données établies sur une période de 77 ans de 1898 à

1975 par l'observatoire de San Calixto in PDU, tome 2, p F-3).

De surcroît, les précipitations, souvent à caractère orageux, favorisent le déclenchement des crues

car les temps de concentration sont réduits dans des bassins versants escarpés et peu protégés par

leur couverture végétale. Cette dernière demeure clairsemée en raison des pratiques agricoles et de

la déforestation. D'autre part, les conditions climatiques localement rudes, liées à l'altitude, ne

facilitent pas non plus son renouvellement. Ces crues torrentielles sont souvent à l'origine

d'inondations dans les lits majeurs qui, en 1976, s'urbanisent de plus en plus...

Il faut ajouter à cela le rôle non négligeable des eaux souterraines qui contribuent également à

déstabiliser les terrains et à former des affaissements ponctuels.

Il ressort ainsi de ce paragraphe que le site pacénien est un secteur accidenté et peu stabilisé du fait

de ses conditions édaphiques majoritairement meubles, sensibles à l'érosion. Il serait maintenant

intéressant d'étudier de quelle façon les caractéristiques du cadre physique, couplées aux conditions

climatiques particulières de La Paz, ont des répercussions dans la répartition des implantations

humaines.

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