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Quel avenir pour la presse quotidienne nationale française ?


par Marc LEIBA
Ecole Supérieure de commerce de Reims - Master in Management 2006
  

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2.1.2 L'essor de la presse magazine

Il y a bien une crise de la PQN en France, mais cela n'empêche pas les français de figurer parmi les plus gros consommateurs de presse magazine et de presse périodique au monde. Ce type de presse permet justement de mieux segmenter les publics et bénéficie d'une économie beaucoup plus souple. Par exemple, un hebdomadaire peut recourir à des pigistes et minimiser sa masse salariale, tout comme il peut opter pour une impression dans une imprimerie de labeur (consacrée à la presse magazine et indépendante du syndicat du Livre). Les hebdomadaires d'informations générales, appelés aussi « newsmagazines » sont apparus dans la première moitié du vingtième siècle en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, Time (1923) et Newsweek (1933).

Tableau 20 Lecture d'un magazine ou d'un journal d'informations générales au cours des 12 derniers mois selon le sexe en %45(*)

En 2002, seuls 46 % des français âgés de 15 ans et plus n'ont jamais lu de magazine au cours de l'année précédente. En outre, les newsmagazines constituent une concurrence redoutable pour la PQN, car ils s'en rapprochent le plus, tout en adoptant une formule rédactionnelle différente : large traitement de l'information, dossiers illustrés, rubriques loisirs, culture, consommation, etc. En France, le phénomène débute véritablement à partir de 1964 avec la transformation de L'Express et du Nouvel Observateur. Le Point est créé dans les années 1970, L'Evénement du jeudi en 1985, et d'autres suivront. A posteriori, on constate que la presse magazine française s'est développée grâce au vide rédactionnel laissé par la PQN qui n'a pas perçu le changement sociétal à l'oeuvre dans les années 1960. Après les décolonisations et l'extension de la démocratie et de l'économie de marché en Europe, les quotidiens étrangers se détournent partiellement de la politique. Bild en Allemagne ou le Sun en Angleterre savent exploiter le filon, ce qu'aurait pu faire France Soir si Pierre Lazareff l'avait accepté. Le journal n'a eu de cesse de décliner après 1957. Ecoutons le commentaire de P.Eveno46(*) : « Là où en Europe on proposait aux lecteurs des suppléments week-end, la PQN française délaissait ce segment. Il faut attendre 1978 pour que Le Figaro propose des suppléments (Figaro Madame, Figaro Télé, Figaro Magazine) et 2004 pour Le Monde 2. »

* 45 Insee, enquête citée.

* 46 Entretien avec l'auteur.

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