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Quel avenir pour la presse quotidienne nationale française ?


par Marc LEIBA
Ecole Supérieure de commerce de Reims - Master in Management 2006
  

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2.4 Une presse sous perfusion

Encore aujourd'hui, la presse française est loin d'être émancipée de la tutelle de l'Etat. Non pas qu'elle soit un organe de propagande gouvernemental comme elle a pu l'être par le passé, mais plutôt parce que l'Etat est présent à tous les niveaux de la PQN, et surtout il porte à bout de bras certains titres de presse en y injectant des centaines de milliers, voire plusieurs millions d'euros. Léon Blum77(*) s'exprimait en ces termes en 1928 dans les colonnes du Populaire : « La liberté politique, la paix supposent une presse indépendante et sincère. N'est-ce pas le devoir de l'Etat de garantir la liberté et la paix ? ». Et de poursuivre, « L'Etat est aujourd'hui le commanditaire anonyme de la presse toute entière. Les préférences douanières accordées au papier journal, les tarifs réduits consentis à la presse pour les opérations postales représentent une énorme subvention de plus de 100 millions pour les seuls tarifs postaux, sans laquelle la presse ne pourrait vivre ». Tout est dit, et au cours de son histoire, la presse française n'a jamais été simultanément libre politiquement et indépendante économiquement. Quel est de nos jours l'impact des aides de l'Etat ? L'action politique est prise en tenaille entre pluralisme de `information et le réalisme économique.

2.4.1 Pluralisme recherche intervention étatique

L'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 stipule que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Droit fondamental depuis plus de deux siècles, confirmé par la reconnaissance en 1984 du pluralisme comme objectif constitutionnel, la liberté et la pluralité de l'expression sont des valeurs profondément ancrées dans la République française. L'Etat s'évertue ainsi à défendre le fonctionnement démocratique au moyen d'un arsenal d'aides financières78(*). Mais force est de constater que l'argent public n'a pas suffi à enrayer la disparition de bon nombre de titres, la chute du lectorat et la concentration du secteur, réputée contraire au pluralisme. On distingue deux catégories d'aides, à savoir les aides directes et les aides indirectes. Les premières sont inscrites au budget de l'Etat, figurent dans le détaille de la loi de finances et sont donc soumises au vote du parlement. Les secondes prennent la forme de tarifs préférentiels concédés par la Poste et de moins-values fiscales accordées par l'Etat et les collectivités locales. Ici encore, il est difficile de trouver des chiffres concernant uniquement la PQN, même si certains éléments confirment le déterminisme historique du secteur.

* 77 Cité dans Liberté de la presse : le paradoxe français, sous la direction de J.Leprette, Puf, 2003, p.50.

* 78 Historiquement, les premières aides de l'Etat à la presse apparaissent avec une loi de 1796 qui allège les tarifs postaux.

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