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Quel avenir pour la presse quotidienne nationale française ?


par Marc LEIBA
Ecole Supérieure de commerce de Reims - Master in Management 2006
  

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2.4.2 Les aides directes

Tableau 23 Evolution des aides directes à l'ensemble de la presse (1990-2005) en millions d'euros79(*)

 

1990

1995

2000

2004

2005

Abonnement AFP

71,1

86,6

92,6

103,2

105,7

Aides directes

42,5

40,3

44,3

32,3

77,5

Total

113,6

126,9

136,9

136,5

183,2

Les montants se chiffrent en millions d'euros mais il faut les répartir sur l'ensemble de la presse écrite payante. Ce sont particulièrement les abonnements à l'AFP, souscrits par l'Etat, qui soulagent les publications. L'objectif est de faciliter l'accès à l'information afin que les titres puissent égalitairement s'approvisionner chez l'AFP, qui fait office de grossiste de l'information. Pour des raisons financières évidentes, les journaux ne peuvent pas collecteur eux-mêmes l'information aux quatre coins de monde et font donc appel à des agences comme Associated Press, Reuters, ou l'AFP. Statutairement80(*), cette dernière doit présenter chaque année des comptes à l'équilibre (l'Etat ajuste sa contribution en fonction) et ne peut réaliser moins de 50 % de son chiffre d'affaires avec des médias. En conséquence, elle ne peut se développer via des apports en capital par ses actionnaires. De toute façon, les statuts ne prévoient ni capital ni actionnaires, mais parlent de clients, essentiellement les médias et l'Etat dont la contribution aux ressources de l'agence avoisine les 40 %. Par ailleurs, plusieurs types d'aides directes cohabitent.

· Les aides à la diffusion

Elles visent à encourager la propagation des quotidiens sur le territoire national en déchargeant les journaux sur certains postes de dépenses. Ainsi, l'Etat a versé à la SNCF 8 millions d'euros en 2004 pour le transport d'exemplaires par le rail. La propagation peut également être dématérialisée via l'utilisation des réseaux de télécommunications pour imprimer les journaux dans des centres délocalisés. A titre d'exemple, Les Echos et France Soir ont reçu respectivement 67 000 et 46 900 euros en 2003 pour la transmission par fac-similé. De plus, pour encourager le portage à domicile, un fonds de 8,25 millions d'euros a été créé en 1998 avec une répartition des crédits selon les efforts consentis par les quotidiens.

· Les aides à la modernisation

En place depuis 1998, le fonds d'aide à la modernisation de la presse ambitionne d'aider les journaux à s'adapter aux mutations profondes du secteur en finançant des investissements techniques ou rédactionnels. Doté de 29 millions d'euros en 2004, le fonds se répartis entre des avances remboursables (dans la limite de 10 % du fonds) et de subventions à concurrence d'un maximum de 40 % de l'investissement engagé. La PQN a récupéré 25,3 % du fonds. Parallèlement, l'Etat a débloqué en 2005 38 millions d'euros pour financer un nouveau plan de modernisation sociale de la presse quotidienne. Comprenez : l'Etat a conclu un arrangement avec le syndicat du Livre pour financer les licenciements dus, résultante de l'Histoire, aux sureffectifs qui obèrent nécessairement la rentabilité des journaux. Citons encore un fonds de modernisation de la distribution de 3,5 millions d'euros pour 2005, et un fonds d'aide au multimédia de plus d'un million d'euros en 2002.

· Les aides au maintien du pluralisme

Ce fonds créé en 1986 cible les journaux dont qui tirent moins de 25 % de leurs ressources de la publicité. En 2004, le fonds s'élève à 6,6 millions d'euros et subventionne L'Humanité, La Croix et France Soir à hauteur de 2,2 millions d'euros chacun.

* 79 Repris de P.Le Floch et N.Sonnac, opus cité, p.68, d'après des sources parlementaire.

* 80 Loi 57-32 du 10 janvier 1957.

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