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La république populaire de Chine comme partenaire au développement de la république du Sénégal: Enjeux et perspectives

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par Moustapha Sokhn A DIOP
ENA - BREVET ENA 2007
  

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PREMIERE PARTIE

LES RELATIONS ENTRE LA CHINE ET LE

SENEGAL : UNE COOPERATION A PRIORI DIFFICILE

I. LES SYSTÈMES DE DÉVELOPPEMENT DES DEUX PAYS

L'image de la Chine suscite depuis plusieurs siècles des questions récurrentes sur son rapport avec les autres collectivités culturelles ou nationales du monde contemporain. La question de son ouverture à la société mondiale lui est posée de façon bien plus insistante qu'à d'autres pays ou territoires moins connus. Après tout, nombre de régions d'Afrique ou d'Amérique latine n'ont fait l`objet que d'explorations très incomplètes.

La coopération entre la Chine et le Sénégal est sujette à pas mal de controverses. D'aucun pense qu'elle est a priori difficile, voire impossible. Ces positions trouvent leur fondement au niveau des différences entre les réalités sociales, les options politiques économiques et quelques fois même diplomatiques, pour ne citer que celles-là.

1. LES FACTEURS SOCIO-ÉCONOMIQUES ET POLITICO-DIPLOMATIQUES DE LA CHINE

1.1. APERÇU SOCIO-ÉCONOMIQUE

1.1.1. CONTEXTE ÉCONOMIQUE, FINANCIER ET PERSPECTIVES

A. L'ÉCONOMIE CHINOISE

La Chine est une puissance qui, dans sa marche vers un avenir meilleur, a réalisé des performances économiques exceptionnelles. La Chine a fait de grands progrès dans la productivité ainsi que dans les sciences et techniques. Cette démarche a du coup entraîné des effets positifs si l'on sait que cette Chine nouvelle dispose maintenant d'un marché immense réel. En parcourant d'ailleurs le monde, à la recherche de partenaires privilégiés, les dirigeants chinois sont tout à fait à l'aise pour démontrer le potentiel de réserves de marchandises et de devises de leur pays. Pour consolider et renforcer de tels acquis, l'accent a été particulièrement mis sur le renforcement du macro-contrôle et de la promotion de la croissance. La stabilité sociale et politique a été d'un grand apport à la réalisation de cet objectif. Ainsi, le poids économique de la Chine est confirmé en ce sens qu'elle a maintenu, en 2006 (cf. tableau) une croissance économique très élevée en dépit des mesures destinées à éviter une surchauffe, tandis que sa montée en puissance dans les échanges internationaux multiplie les risques de friction avec ses partenaires commerciaux.

Graphique du taux de croissance du PIB Chinois.

Source : Banque Mondiale

Aujourd'hui, face à des investissements en capital fixe en hausse de 43 % sur un an au premier trimestre, le gouvernement avait même décidé, en 2006, d'interdire les nouveaux investissements dans certains secteurs-clés comme l'immobilier, la sidérurgie et l'automobile. Cela illustre alors, de fort belle manière, tout le poids économique que recèle ce pays. Pékin avait également décidé de freiner brutalement le crédit aux entreprises. Toutefois, cela n'a pas empêché le produit intérieur brut (Pib) passant de 9,9% en 2005 au premier trimestre à 11,3% au troisième. Ainsi, selon le Nouvel Observateur, les craintes de certains experts d'un refroidissement brutal de l'économie ne se sont pas confirmées.

Parmi les importants atouts qu'elle ne cesse de brandir, la Chine peut se vanter de son immense marché, mais aussi de sa main d'oeuvre à bon marché, ce qui crée les conditions de délocalisation réussie. La Chine, faut-il le rappeler, est la première destination mondiale des investissements directs étrangers, qui ont afflué à hauteur de 53,78 milliards de dollars entre janvier et octobre. De leur côté, les entreprises chinoises sont désormais encouragées à s'internationaliser (Banque Mondiale, 2006).

Courbe des réserves Chinoises entre 2001 et 2006.

Source : Banque Mondiale

Mais les Chinois manquent de placements intéressants pour leur épargne et, afin de limiter les prêts illégaux en dehors du système bancaire, le gouvernement a relevé, pour la première fois depuis 1995, les taux d'intérêt en octobre. La hausse, de 0,27 point de pourcentage, est largement symbolique, selon les experts qui y voient un signe d'une plus grande utilisation par Pékin de ce type d'outil pour réguler l'économie. Avec un commerce extérieur dont le volume progresse de plus de 35 % par an et qui devrait s'élever au troisième rang mondial en 2007, la santé de l'économie chinoise est enfin de plus en plus dépendante de la conjoncture internationale.

Actuellement, la Chine est le premier exportateur mondial de textile-habillement, de chaussures, de produits électroniques et de jouets. Ses produits « made in China » envahissent le monde. En particulier le marché des Etats-Unis, entraînant à leur égard un déséquilibre gigantesque : en 2003, le déficit commercial américain vis-à-vis de Pékin a atteint 130 milliards de dollars. Cette fureur exportatrice devait provoquer un spectaculaire décollage de la croissance qui, depuis deux décennies, dépasse chaque année les 9 %.  Le « communisme démocratique de marché » a entraîné aussi, pour des millions de foyers, une augmentation du pouvoir d'achat et du niveau de vie. Cela a favorisé la montée d'un véritable capitalisme chinois. L'Etat, dans le même élan, s'est lancé dans une modernisation du pays à marche forcée multipliant la construction d'infrastructures : ports, aéroports, autoroutes, voies de chemin de fer, ponts, barrages, gratte-ciel, stades pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008, installations pour l'Exposition universelle de Shanghaï en 2010, etc. (Yolin J.M. et al ; 2004).

En 2005, la Chine a été le premier acheteur au monde de ciment (elle en a importé 55 % de la production mondiale), de charbon (40 %), d'acier (25 %), de nickel (25 %) et d'aluminium (14 %). Et le deuxième importateur de pétrole, après les Etats-Unis. Ces achats massifs ont provoqué une explosion des prix sur les marchés (en particulier de ceux du pétrole). Admise au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, la Chine est désormais l'une des plus grandes économies du monde. Elle tire la croissance planétaire et tout soubresaut chez elle a un impact immédiat sur l'ensemble de l'économie mondiale. « Malgré la vitesse de notre croissance, la Chine est encore un pays en voie de développement et il nous faudrait encore cinquante ans de croissance au rythme actuel pour devenir un pays moyennement développé4(*) ».

Mais, malgré cette marque de modestie, si la Chine continue à ce rythme, dès 2041 elle dépassera les Etats-Unis et deviendra la première puissance économique du monde. Ce qui aura des conséquences géopolitiques majeures. Cela signifiera aussi que, dès 2030, sa consommation d'énergie équivaudra à la somme de celles des Etats-Unis et du Japon aujourd'hui, et que, ne disposant pas de pétrole suffisant, elle sera contrainte, d'ici à 2020, de doubler sa capacité nucléaire (ibidem).

Courbe des importations Chinoises entre 2002 et 2006.

Source : Banque Mondiale

A cet égard, la Chine constitue un cas d'école et anticipe sur la question qui se posera demain à propos de l'Inde, du Brésil, de la Russie ou de l'Afrique du Sud : comment arracher des milliards de personnes à la détresse du sous-développement sans les plonger dans un modèle productiviste et de consommation « à l'occidentale », néfaste pour la planète et mortel pour l'ensemble de l'humanité ? (Ramonet : 2004)

* 4 Déclaration du premier ministre chinois, Wen Jiabao.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.