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Facteurs de risque cardiovasculaire, maladies cardiovasculaires et gradient social en milieu professionnel (cas de la Société Nationale d'Electricité)

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par Joséphine NKOY BELILA
Université de Kinshasa (RD CONGO) - Spécialiste en médecine interne 2002
  

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4.3.4 Anthropométrie et diabète sucré

Les deux formes de la malnutrition, maigreur ou sous-nutrition et surcharge pondérale /obésité sont présentes chez les employés de la SNEL. Ceci signifie qu'il s'agit d'une population en transition nutritionnelle. La transition nutritionnelle à la croisée de chemin des pays en voie de développement, est caractérisée par une consommation excessive de graisses, une diminution de consommation des fibres et des sucres complexes et une diminution de l'activité physique (3). Ce qui a amené Jervell a incriminé aussi bien l'excès que la carence de bonnes choses dans la malnutrition (4). La carence entraîne la malnutrition protéinoénergétique chez l'enfant, la sous alimentation et la déficience en micronutriments (microéléments). L'excès entraîne la suralimentation et donc l'obésité. La malnutrition foetale a été reconnu dans notre pays comme un facteur de risque cardiovasculaire chez l'enfant adolescent congolais (122, 123).

Sur l'ensemble de la population 14,4%, 26,6 et 14,4% représentent respectivement la sous alimentation de type maigreur, la surcharge pondérale ou surpoids et l'obésité générale. Le surpoids et l'obésité mis ensemble est présent chez 41% de sujets, pendant que l'obésité centrale se trouve chez 43,3% de participant. Toutes ces données exemplifient les transitions nutritionnelle et épidémiologique (3,4, 7). Pour la transition épidémiologique, la prédiction de l'avènement de l'épidémie des maladies chroniques non transmissibles d'ici à l'an 2020 (5,6) sera vite matérialisée par des chiffres épidémiologiques d'obésité observés dans la présente étude (124).

Bieleli rapporte dans la population 18% des cas de maigreur, 16% de surpoids et 9,4% d'obésité toute classe confondue (125). Toutefois dans la population générale de la ville de Kinshasa, Mbuyamba et al évaluent à 14% la prévalence de l'obésité (73) mais dans la population active au travail et dans la même entreprise SNEL, Mbala observe 28% d'agents avec surcharge pondérale et obésité confondue (15). Les taux de la surcharge pondérale et de l'obésité estimé dans la présente travail ne peuvent pas être comparé à ceux rapportés par les précédentes études Congolaises . La surcharge pondérale évaluée entre 28 et 42% chez les Noirs Américains (126) suggère une pathogénie génétique ou ethnique probable. Non seulement chez les Noirs Américains mais chez toutes les ethnies des pays développés, évaluées par des protocoles standardisés, l'obésité constitue un réel problème de santé publique (127). En ce qui concerne notre pays et l'Afrique, l'obésité progressant jusqu'ici de manière endémique dans les pays développés s'étend dans nos pays en voie de développement, marquant alors la transition de la pauvreté à la richesse (128).

En effet, la modernisation, l'urbanisation, la migration vers la ville de Kinshasa, et le niveau de vie socio-économique expliquent la direction de l'obésité vers les horizons épidémiques pour la population de la SNEL au travail. Tous les paramètres anthropométriques, poids corporel, taille, tour de taille et tour des hanches montrent une association directe et plus que significative avec le niveau de vie socio-économique: les valeurs les plus élevées étant dans la catégorie élevée. Cette évaluation quantitative de la corpulence expose plus les classes les plus aisées au risque de l'obésité (elle-même facteur de risque cardio-vasculaire) (129); de l'insulino-résistance ; du diabète sucré(130) et de réduction de H.DL-cholestérol (45, 131) comme c'étaient les cas des pays industrialisés.

En milieu hospitalier de Kinshasa, Longo-Mbenza et coll notent une corrélation positive et très significative entre le poids corporel et l'uricémie dans une population où l'hyperuricémie a été isolé comme facteur de risque significatif d'incidence d'AVC et de maladies coronaires (infarctus du myocarde) (132). Pire encore, dans la présente étude, les sédentaires comparés à ceux avec activité  physique, présentent des valeurs supérieures de poids corporel, de taille, de tour de taille et de tour des hanches.

Toutefois, la catégorisation de l'évaluation anthropométrique de la présente population en état nutritionnel de maigreur, de surcharge pondérale et d'obésité expose chaque niveau socio-économique à l'une ou à deux anomalies nutritionnelles. La maigreur est très prévalente dans la catégorie du niveau de vie socio-économique élevée caractérisé déjà avec des valeurs anthropométriques très élevées. Cette maigreur ou sous alimentation peut aussi être associée à des maladies chroniques ou à des carences en nutriments (risque des maladies cardio-vasculaires lié aux carences de folates, K+, vitamine E). Quant à la surcharge pondérale, elle présente une association inverse avec le niveau socio-économique, la prévalence la plus élevée étant observée au niveau socio-économique faible. C'est ce niveau socio-économique faible qui est caractérisé par la plus petite taille. Les femmes de la présente étude sont aussi caractérisées par la petite taille. A ce propos, des études menées dans de pays développés ont démontré que la plus petite taille était associée au niveau de vie socio-économique faible et aux valeurs supérieures de pression artérielle (133, 134). Mais c'est plutôt le niveau de vie socio-économique moyen qui est le plus exposé à l'obésité. Dans les pays développés, l'obésité est plus prévalente chez la femme du niveau socio-économique faible (alors que dans les pays en voie de développement, l'obésité est plus prévalente au niveau de vie socio-économique élevé). AU Sénégal l'IMC ne varie pas avec le niveau de vie socio-économique(135-139).

L'association obésité et maladies chroniques non transmissibles de même que les risques cardio-vasculaires inhérent à cette association sont déjà une évidence clinique et épidémiologique, en Afrique noire (15, 139).

Il faut souligner la limitation des programmes d'éducation sanitaire et de prise en charge de sujets africains obèses et hypertendus (140). A l'échelle individuel de l'africain en général et la femme africaine en particulier, le gros corps et/ou ses déterminants peuvent être le symbole de la force, de la puissance ou de la situation florissante du mari (140, 141).

Ces derniers aspects psychologiques et psychiatriques de l'obésité ont déjà été souligné dans de pays développés (142). La pandémie VIH-SIDA semble avoir bouleversé le comportement des patients face à leur poids. Même dans les pays développés 20-28 % de sujets obèses ne font aucun effort pour maigrir (143). Ceci serait-il perceptible dans la non variation de la prévalence de l'obésité en fonction du niveau de l'activité physique tel que rapporté par la présente étude? L'obésité générale est d'ailleurs plus prédominante chez la femme de ce travail probablement à raison de l'effet de la ménopause, de l'éthnicité ou de considérations culturelles.

L'obésité, une certaine condition métabolique, caractérisée par un excès de tissu graisseux est lié au sexe et au statut hormonal (51). Par contre la surcharge pondérale et l'obésité abdominale sont l'apanage de l'homme. Les agents stressés pèsent plus que les non stressés à cause de l'effet possible de la boulimie.

Les données congolaises (73) et ghanéennes (144) démontrent une corrélation significative entre la P.A et l'excès de poids. D'autres études ne retrouve pas cette relation(12).

Bien que non prouvée, Woodman (127), émet l'hypothèse d'un génotype « économe, ou thrifty gène des anglosaxons » (145) qui pourrait expliquer la tendance à l'obésité de la présente population ayant en majorité émigré en passant d'un style de vie traditionnel à un style de vie moderne.

Ce « génotype de famine ou d'épargne » est caractérisé par une tendance génétique à stocker les réserves énergétiques pour les périodes maigres. Un certain degré d'insulino- résistance est nécessaire au stockage de l'énergie par le corps. Une fois en ville ces agents migrants aussi bien que les non migrants sont caractérisés par une diminution drastique de l'exercice physique et probablement par un régime riche en graisses et en sucre (non évalués dans la présente étude). L'organisme continue alors à stocker l'énergie au même taux et associé aux effets naturels de l'insulino-résistance, il est conduit à l'obésité et à une susceptibilité à devenir diabétique.

En effet, le taux de glycémie est directement corrélé au niveau socio-économique: la glycémie moyenne de la catégorie du niveau de vie socio-économique élevé est d'ailleurs caractéristique du diabète sucré. Mais si on considère la qualité binaire de la glycémie, le diabète sucré se répartit de manière égale à travers les trois catégories du niveau de vie socio-économique. Le taux de prévalence globale du diabète sucré estimé à 15,1%, avec le taux de prévalence de 11,9% au sein du niveau socio-économique faible de 15,3% , au sein du niveau de vie socio-économique moyen et de 17,7% du niveau de vie socio-économique élevé dépasse de très loin le taux de 0,012% observé dans la population congolaise au déclin des années 1950 (144, 145) , celui de 7% observé par Bieleli en l'an 2000 et ceux oscillant entre 2 et 9% dans les pays africains (145-147). Dans la population hospitalière de Kinshasa, Kandjingu et al estiment la fréquence du diabète sucré autour de 5-7% (148).

L'hérédité joue aussi un rôle dans la prédisposition du diabète sucré chez ces agents. En effet, chez ces derniers, le risque de diabète sucré est multiplié par 3 en cas d'histoire médicale du diabète sucré chez leur collatéraux. Comme rapporté ailleurs (33, 82), le diabète sucré de coronarien africain est souvent associé significativement à l'HTA, à l'hypercholestérolémie, au tabagisme et à l'hyperglycémie (15, 31, 34).

A Kinshasa, il a été démontré par Longo Mbenza et al que l'hyperuricémie, facteur de risque d'incidence d'AVC et d'infarctus du myocarde est directement associée à l'hyperglycémie.

C'est l'obésité abdominale ou centrale (15, 52), l'hyperinsulinisme et l'insulino-résistance chez l'homme (52) qui donnent une valeur prédictive importante du risque de l'infarctus du myocarde, d'autres coronaropathies et de morts subites (35, 49, 52, 53). Le diabète sucré est aussi associé à l'obésité périphérique (52). Les sédentaires de la présente étude sont caractérisés par de valeurs élevées de tour des hanches suggestives d'obésité périphérique, mais l'intolérance au glucose ou le diabète sucré sont des facteurs de risque d'HTA moins bien précisés chez les Noirs Africains (149). Or le diabète sucré et l'HTA sont exclusivement confinés chez les sédentaires de la présente étude. L'obésité centrale reflet de l'insunilo-résistance est prévalente dans le groupe de niveau socio-économique faible.

Le rôle de l'insulino-résistance dans la pathogénie de maladies cardiovasculaires (du noir africain) souligné par Longo-Mbenza (86) sera le défit à maîtriser par les chercheurs africains pour l'éradication de l'épidémie de maladies chroniques non transmissibles.

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