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La faillite quasi declaree du systeme bancaire congolais


par Eddie MIHIGO Kaserere
Universite evangelique en afrique - licence en sciences economiques 1998
  

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II.5. ORGANISATION BANCAIRE AU CONGO

II.5.1. Formation du réseau bancaire congolais (2(*))

La première étape d'un processus de colonisation économique semble consister dans l'implantation sur le territoire colonisé de grandes compagnies commerciales en vue de pourvoir aux besoins de la métropole. Ces compagnies sont rattachées à de grandes compagnies métropolitaines. Les décisions fondamentales concernant notamment l'élargissement du potentiel productif, l'orientation de la politique commerciale, etc sont prises à la métropole. Le financement des opérations à destination de la métropole nécessite - c'est la deuxième étape - un appel à des succursales de banques métropolitaines. L'organisation du Congo répond et est conforme à cette finalité.

En effet, du moins jusqu'avant les transformations institutionnelles, l'activité économique se trouvait, au Congo concentrée dans les mains de quelques groupes financiers. Ceux-ci, confrontés avec le problème de la diversité de l'activité économique et de la dispersion géographique des zones mises en valeur, ont réparti leur système de production en un nombre considérable de firme. Cependant, tant en ayant leurs centre d'exploitation au Congo, ces entreprises assuraient en Belgique leur gestion financière. Cette situation caractérisa, jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale l'économie congolaise. Jusqu'alors, celle-ci était presque exclusivement orientée vers l'exportation et dépendait étroitement des importations. Il ne pouvaient en être autrement, étant donné l'absence d'industries locales pouvant alimenter le marché locale en produit finis.

En séparant la Belgique et le Congo, la deuxième guerre provoqua un isolement qui fut à la base du développement autonome des entreprises congolaises. L'effort considérable que l'économie congolaise dut soutenir pour assurer sa propre subsistance en même temps que pour aider les puissances alliées, imprima à son expansion un élan qui l'avaient fait naître.

L'étendue du territoire, les besoins croissants des industries nouvelles qui s'installaient un peu partout à travers le pays, exigeaient l'existence au Congo d'une organisation bancaire dont les ramifications devaient s'étendre dans les régions les plus reculées du territoire aux fins d'assurer les services de caisse des branches des firmes répandues à travers tout le pays.

Dès que fut opérés la reprise du Congo par la Belgique, un groupe de banques Belges fonda au Congo, en janvier 1909 un établissement bancaire ordinaire qui devrait effectuer toutes les opérations d'une banque commerciale normale. Ainsi fut créée la banque du Congo-belge.

Cependant, la nécessité de doter le Congo d'un institut d'émission propre et indépendant amena les autorités coloniales, quelques mois après la fondation de la banque du Congo-Belge à confier à cette dernière des responsabilités d'une banque d'émission. Empêchée par les nouvelles charges d'exercer toutes les activités que ses fondateurs attendaient de ses services, la banque du Congo-belge créa, par une décision de ses fondateurs, un établissement bancaire dont le rôle était de reprendre toutes les opérations qu'en vertu de ses nouveaux statuts, elle ne pouvait plus exercer. On créa donc la banque commerciale du Congo.

Pendant longtemps, l'activité bancaire fut exercée pratiquement par la seule banque commerciale du Congo.

La diversification du système bancaire congolais s'est opérée surtout après la deuxième guerre mondiale. En effet, l'impulsion donnée par l'économie de guerre à l'activité économique au Congo ne s'arrête pas avec la fin des hostilités. Le Congo était désormais engagé dans un mouvement d'expansion et de croissance économique qui appelait des capitaux de plus en plus abondants. Il n'était plus possible qu'un seul groupe financier continuât d'assumer toutes les charges et d'effectuer toutes les opérations que les mouvements des affaires faisaient naître. Et aussi, les bénéfices que les sociétés établies au Congo récoltaient, devenaient de plus en plus importants et suscitaient l'intérêt des autres groupes décidés de tenter aussi leur chance.

C'est ainsi que plusieurs groupes bancaires belges qui n'y étaient pas représentés jusqu'alors créèrent des filiales ou ouvrirent des agences au Congo. Ceci répondait en même temps à la nature des statuts internationaux qui régissaient la mise en valeur et l'exploitation du Congo. Celle-ci devait se faire au profit de toutes les puissances colonisatrices, qui n'existaient pas en effet, que d'aussi importantes ressources que celles du Congo fussent l'apanage d'une seule nation de la taille de la Belgique.

La situation du système bancaire au début de la période décennale 1950-1960 est marquée par la création, en septembre 1951, d'une banque centrale pour le Congo et le Rwanda-Urundi. La reprise par ce nouvel institut d'émission du privilège d'émission exercé jusque là par la banque du Congo Belge ramena cette dernière à ses fonctions purement commerciales. Cependant, la pénétration du réseau de ses agences et succursale dans tous les régions du pays fit garder à la banque du Congo Belge le rôle du principale agent de l'Etat. Le rôle de la banque centrale du Congo et du Rwanda-Urundi était comparable à celui de tout autre banque d'émission. Elle était chargée notamment du contrôle du crédit et de la gestion des réserves de devise, la banque centrale devait en outre exercer son contrôle sur les banques commerciales fonctionnant au Congo. Mais ce n'est qu'en 1957 qu'entrèrent en vigueur les dispositions qui définissaient le statut légal des banques et qui instituaient les modalités de cette surveillance. Grâce à la documentation fournie par les banques soumises à son contrôle, la Banque centrale devait dresser les situations globales de ces banques. Cette tache, elle l'assuma dès le début de 1953. Ainsi, au début de la période 1950-1960, le Congo était déjà doté d'un réseau bancaire complet dont l'évolution institutionnelle et fonctionnelle suivait fidèlement celle de l'économie du pays dans son ensemble.

II.5.2. LE SYSTÈME BANCAIRE CONGOLAIS

La composition du système bancaire congolais est la suivante : 11 banques commerciales (banque commerciale du Congo, banque congolaise du commerce extérieur, union des banques congolaises, nouvelle banque de Kinshasa, banque internationale pour l'Afrique (Congo), banque de crédit agricole, Citybank, Grind lays bank (Congo), Fransabank (Congo) et la société congolaise de banque)1(*) ; 4 instituts financiers (INSS, fonds de promotion de l'industrie, caisse d'épargne du Congo et la société nationale d'assurances) et une banque de développement (société congolaise de financement du développement (SOCOFIDE).

Bien qu'il n'en fasse pas partie au strict sens de l'expression, l'office des chèque postaux peut être inclus dans le système bancaire, en 1969 il est devenu un élément public autonome doté de la personnalité juridique et de l'autonomie patrimoniale. Etant donné la capillarité de son organisation, cet office joue un rôle important dans la collecte de l'épargne et contribue indirectement au financement du trésor.

Toutes les banques commerciales sont une initiative des étrangers, sauf la banque de Kinshasa. La caisse d'épargne du Congo est comprise parmi les institutions financières et non parmi les banques commerciales du fait qu'elle n'exerce pas véritablement des activités bancaires. Elle se limite en effet à collecter de dépôts d'épargne qu'elle réemploi sous forme de prêts accordés à l'Etat et aux entreprises privées.

La banque de développement (SOCOFIDE) a été crée le 9 janvier 1970 avec pour objet la promotion des investissements productifs octroyant sous diverses formes des concours financiers moyen et long terme aux entreprises du secteur privé et dans certaines limites à de entreprises mixtes. Elle devra financer principalement les entreprises industrielles de moyennes et grandes dimensions. Participent au capital de cette banque : l'Etat congolais en même temps que la société financière internationale (une filiale de la banque mondiale), la banque centrale et des capitalistes privés congolais et étrangers.

En principe les banques commerciales exigent pour l'ouverture de comptes un dépôt minimum qui varie selon ces banques. Les banques consentent des prêts sous forme d'avances sur compte courant, ce concours, est habituellement à court terme, et exceptionnellement à moyen terme. Les banques elle-mêmes doivent avoir à la banque centrale un compte courant libre car elles sont tenues d'y déposer tous numéraires excédants leurs besoins en caisse (2(*)).

II.6. Tableau I. Détermination de refinancement des banques

Années

1967

1972

1977

1982

1987

1992

1995

1. Dépôts totaux

a) Dépôts à vue

b) Dépôts à terme

121,44

117,4

4,04

303,2

248

55,2

789,52

624,47

165,05

754

658,74

95,26

337.017,88

292.336,99

44.650,89

712,17

687,44

24,73

126.285

116.928,48

9.357,43

2. Crédits totaux

30,538

525,6

971,87

503,74

479,44

255,18

166.707,75

3. Liquidités

(1) - (2)

90,902

-222,4

-182,35

250,26

336.538,34

456,99

- 4.421,84

4. Refinancement

(3) - (a)

-26,498

-470,4

-806,82

-408,48

-

-230,45

- 157.350,32

 

Source : Manipulation personnelle à partir des tableaux 1 et 2 (en annexe).

Le besoin de financement (refinancement) dépend du volume de liquidités des banques, il suffit aux banques d'une encaisse en monnaie pour faire face aux demandes de retrait des déposants à vue. Les banques se refinancent en raison de 26,498 ; 470,4 ; 806,82; 408,48 ; 230,45 ; 157.350,32 respectivement pour les années 1967, 1972, 1977, 1982, 1992 et 1995. Les banques en 1987 dégagent un excédent de liquidité qui permet de faire face aux retraits éventuels.

Au total, les banques ont collecté 121,44 ; 303,2 789,52 ; 337.017,88 ; 712,17 ; 126.285,91 des dépôts et n'ont distribué que 30,538 ; 525,6, ; 971,89 ; 503,74 ; 479,44 ; 255,18 ; 166.707,75 de crédit. On aboutit à un déficit de liquidité en 1972, 1977 et 1995. Pour combler ce déficit, les banques ont soit financé ce déficit par les capitaux propres ou par prélèvement sur les bénéfices ou réserves antérieures.

* 2 Edouard MAMBU, Les institutions bancaires dans l'économie congolaise, Mémoire ULL, Léopoldville, 1964,

P.29 et Ss.

* 1 Banque du Zaïre, Annuaire des banques et des institutions financières non bancaires, BZ, Kinshasa, 1995, P.5

* 2 GIORDANO Dell'Amove, Les systèmes bancaires de pays d'Afrique, le marché du crédit de pays d'Afrique, collection dirigée

par le professeur GIORDANO, P.41

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