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Le post-rock et sa sous-estimation au cinéma

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par Alexis Tanet
ESRA Nice - DESRA 2009
  

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II) Les sonorités

Le son post-rock varie beaucoup entre les différents groupes. Cependant un fil conducteur nous permet de relier ces mêmes groupes grâce à des techniques récurrentes surtout chez les guitaristes qui sont la pierre milliaire du développement de ce style musical.

La plupart des guitaristes font appel à des pédales à effets (échos, delay, utilisation a profusion du tremolo très réverbéré ) pour constituer un son propre et maintes fois cloné qui donne une touche incomparable au post-rock. Ce son est souvent comparé au style shoegaze, un style musical où le fétichisme de la pédale propulse les artistes au niveau d'ingénieur du son comme Doug McCombs et John Herndon (Tortoise) qui s'imaginaient comme une section rythmique freelance (comme les non moins connus légendes du reggae Sly and Robbie). Cette idée n'a jamais, pour ainsi dire, fructifié mais leur intérêt dans les rythmes groovants et les supercheries employés dans les studios d'enregistrement c'est fait sentir tout au long de leurs albums.

Les pionniers de la scène expérimentale underground de Chicago comme les musiciens et producteurs John McEntire et Jim O'Rourke et le musicien David Grubbs, ont lancés les bases du son post-rock tout en travaillant dans des groupes comme Gastr del Sol, Bastro, The Sea and Cake,Tortoise et Stereolab (production 1999). Leur ouverture d'esprit et leur longue expérience au sein de la scène de Chicago a ensuite eu un grand impact avec de nombreuses autres figures de la musique indépendante américaine.

Il est essentiel de comprendre la différence entre le post-rock à l'origine du terme inventé par Reynolds qui se « limitait » à la scène anglaise de l'époque, et le post-rock en tant que genre musical transcendé par la scène américaine indépendante et maintenant propagé sur tout le globe par des aficionados qui ont oublié l'origine du terme post-rock.

C'est souvent pour leurs sonorités enchevêtrées que l'on a du mal à catégoriser certains groupes qui finissent donc dans la case post-rock. Comme l'ambient, le dessein de Brian Eno, le post-rock est une musique d'atmosphère où les musiciens peuvent superposer des drones de guitares fuzz, saturées, délayées, d'un seul accord pendant plus de cinq minutes. Les Feedbacks répétitifs sont alors de référence pour créer un effet de nappes. Pour créer des mélodies ou plutôt des soundscapes « paysages sonores » les musiciens superposent les effets et les timbres alimentant ainsi la progression langoureuse (parfois se succédant de changements de tempos pour les groupes plutôt orientés jazzy ou de tempo en accelerando avec des rythmes saccadés) donnant un sentiment épique au morceau.

1) Techniques d'enregistrement

Mono qui ont enregistre avec Steve Albini, son approche du son est assez seche et directe, et pas trop 'ambiente'. Sigur Ros ont enregistre pas mal de morceaux dans une piscine (d'ou l'acoustique très aérée des premiers albums), Mogwai utilisent de plus en plus de compression (d'ou leur son un peu plus metal par rapport aux debuts...)

Spiderland de Slint, un album qui a influencé des groupe tel que mogwai ou GY!BE a été enregistré a Chicago en seulement 4 jours par l'ingé Brian Paulson (Beck, Wilco). Cet album est aussi définit par la philosophie d'enregistrement « organique » de Paulson. Brian Paulson, était connu pour son style d'enregistrement "live" en studio, en un minimum de prises.

Bark Psychosis - Hex

Graham Sutton le leader du groupe lors d'une interview : « L'utilisation de processing a été très limitée. En effet, tout ce que l'on a utilisé a c'est une plate echo, qui est plutôt années soixante. C'est des plaques en laiton suspendues sur ressorts. C'est la manière dont ils avaient de l'écho sur les anciennes chansons Motown et ce genre de trucs. Non pas parce que, nous sommes rétro chic, nous avons juste aimé le son de celle-ci. Il ya très, très peu d'effets numériques. D'ailleurs cela induira en erreur la plupart des gens qui ne nous voient pas comme des artistes austères à l'enregistrement numérique. C'est comme quand vous faites des effets spéciaux pour un film, vous n'êtes pas censé de constater que ce n'est pas un véritable wagon qui tombe d'une falaise. Tous les sons de claviers sur l'album ont juste été joués par l'intermédiaire d'un PA, dans l'église et quand il a fallu mixer on a juste monté les deux faders, stéréo gauche et droite, c'est tout. »

Les même Bark Psychosis ont enregistré leur single Scum (1992) dans une église (St John's Church, Stratford - Londres). Le vicaire qui était un grand fan de Grateful Dead leur a laissé la possibilité de répéter dans les lieux. C'est un morceau d'improvisation ambient de 21 minutes. Sur le single le morceau est a 90% un enregistrement live avec des micros plutôt positionnés loin des sources dans la tradition post-rock. On peut aussi y entendre un meeting Pentecôtiste. Hex, l'album qui donna le terme post-rock suivit le meme genre de philosophie d'enregistrement. Sutton, le leader du groupe expliquera par la suite : « La plupart des gens, pour obtenir une grande réverbération du son, enregistre puis font passer le son à travers un processeur de reverb. Mais nous avons pris la peine d'enregistrer dans une église ... Lorsque vous avez mis en place des micros, vous capturez plus que ce qui est enregistré. Vous capturer une ambiance ou un sentiment aussi. Il s'agit de créer quelque chose d'unique et du moment en question plutôt qu'un autre fade preset. ». 50% de l'album pourtant passera a travers un ordinateur durant la post-production.

Sigur Ros

Ils ont adapté une ancienne piscine dans la campagne islandaise pour en faire un studio d'enregistrement. Un charpentier a du retirer le toit pour pouvoir déposé le mixer à l'interieur.

La piscine n'a pas été traité acoustiquement, l'espace permet ainsi d'obtenir une assez généreuse réverbération. Désireux de capter le son sur l'album, le groupe et le producteur ont placé fastidieusement les micros dans tout l'immeuble pour une ambiance pleine.

Ils commencent leur session en studio sous forme d'enregistrement live. D'ailleur au départ les chansons sont très longues. Apres enregistrement elles viennent édités et certains passages qui paraissent plus intéressant répétés, réenregistrés (overdubbed). Chaque musicien a un mixer (mackie) a disposition pour pouvoir se monitorer eux-meme.

Leur approche peu conventionnelle s'étend aux moyens d'enregistrement : Soundscape R.Ed (déchu en 2007) plutôt que le traditionnel pro tools. De plus le groupe n'utilise aucuns plug-ins, jónsi (le chanteur/guitariste) ne les trouves pas réel et préfère se « limiter » aux eq et racks (vision organique très diffusé dans le milieu post-rock). La pièce maitresse du studio est une ancienne Neve récupérée dans une ancienne station tv. Elle présente des compresseurs sur chaque canal, qui sont très durs, comme l'on pouvait entendre sur d'anciens lp des Beatles. Ken Thomas ingé son durant l'enregistrement du 2e album a profité de la compression fpour faire ressortir les point faibles, qui sont très présent dans beaucoup de musique post-rock/ambient. D'autres compresseurs comprennent un symetrix 425 dual compressor et un urei 1178, tandis que la TC electronic M5000 et une AMS 16 reverb permet de fournir les effets de bord. ils utilisent également des préamplis micro externe, comme le joemeeks V et l'avalon VT 747SP.

Au niveau microphonie Jónsi utilise des Neumann U47 et U87 pour les voix, des oktava pour les overheads (aussi utilisés pour les cordes), et les habituels shure et sennheiser. La philosophie de placement est primordiale selon Ken Thomas. D'ailleur certain micros durant l'enregistrement ont été placés au plafond le but étant de trouver des ambiances alléchantes qui donneraient un ton garage a l'album.

hotel2tango

Ce lieu mythique de la scène underground montréalaise a permis à des groupe comme Godspeed You! Black Emperor qui en était les propriétaires, de se produire pendant leurs débuts. Le lieux était une sorte de squat où la communauté d'amis de Godspeed pouvait développer des activités artistiques. Par la suite le groupe fit installer des murs de séparation et l'hotel devint un studio d'enregistrement où Godspeed y enregistra son premier album (F?A?8 - 1997). D'autres groupes post-rock tel que Fly Pan Am et H???A y ont enregistré. (gearlist: http://hotel2tango.com/gearlist.html).

En citant l'hotel il ne faudrait surtout pas oublier Howard Bilerman qui officait au Mom & Pop Sounds avant d'etre co-fondateur d'hotel2tango . Dans une période du tout digital cet homme c'est forgé la réputation d'un « tout analogue hardcore dude ». Steve Albini a été une grande inspiration. Selon Bilerman il a défendu l'enregistrement analogique, et politisé le processus d'enregistrement dans le contexte d'une industrie ayant des intérêts suspects. Son matériel est plutôt old school, comme la console Neotek et le 24 pistes Otari. Howard Bilerman est un bon exemple de la philosophie « indie », il n'a jamais été motivé par l'argent mais plutôt par les projets vrais et humains que pouvaient présenter des groupes tel que A Silver Mt. Zion, Arcade Fire, sans recherche de perfection mais sincérité et envie de donner du réel aux gens. Le mix de A Silver Mt. Zion a beaucoup de dynamique qui est un reflet direct de la musique post-rock. Le mastering engineer à laissé Bilerman avec une portée dynamique de 35dB

Mogwai

Selon une interview avec Cummings, guitariste du groupe, Mogwai sont des grands fans et utilisateurs d'ordinateurs comme instruments de travail musical. Ils utilisent beaucoup d'instruments virtuels comme HALion, B4, Hypersonic, The Grand. Pour composer chez eux ils utilisent Cubase SX et en studio leur ingénieur utilise Pro-Tools et parfois Digital Performer. « Je pense que l'on utilisera toujours des ordinateurs dans nos sessions d'enregistrements (et Live), surtout avec l'accroissement des dernières années de la qualité des programmes. Let us embrace the technology and thoust shall be happy. (humour non traduisible) ».

Des groupes comme Godspeed You! Black Emperor utilisent aussi le « Field recording », une prise de son en extérieur, comme des prêcheurs de rues (East Hastings) où de vieux hommes haranguent la fin du monde ou encore avec Windy & Carl avec les son d'un chien haletant qui se promène (Sketch for Flea). Cette technique de prise de son non instrumentaux rejoint la philosophie « organique » d'enregistrement de nombreux groupe post-rock et est un clin d'oeil à la musique concrète. Des citations de script de films (movie quotes) sont aussi assez fréquemment utilisées comme source lyrique dans les morceaux. Sutton de Bark Psychosis utilise des techniques surréalistes et dadaïstes pour composer ses textes. Là aussi beaucoup de groupe post-rock sont marginaux quand ils introduisent des textes (chantés, parlé) dans leurs morceaux. Les paroles proviennent de pages et de pages d'idées réduites par la suite. Tout est en mode cut-up 1(*)et fait usage du strict minimum.

Parfois, musicalement, il est préférable pour la voix d'être à faible niveau dans le mix. Cependant, il faut quand même entendre un peu les paroles même si dans le contexte post-rock ce qui compte dans la voix c'est le timbre qui s'ajoute à l'instrumentation.

Beaucoup de groupes introduisent des sons electros-glitch2(*) (sons générés à partir de bruits électroniques) qui font souvent office de section rythmique.

* 1 Le cut-up est une technique (ou un genre) littéraire aléatoire expérimentée par l'auteur américain William S. Burroughs, où un texte se trouve découpé au hasard puis réarrangé pour produire un texte nouveau.

* 2 Glitch: problèmes, mal fonctionnements

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