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Impacts socioeconomiques du projet de pipeline Tchad-Cameroun le long du corridor dans la province du centre (Cameroun)

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par Bertrand Junior NDJESSA BESSALA
Université de Dschang - Ingénieur agro-socio-economiste 2002
  

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4.2.3- Impact du projet pipeline sur le revenu des riverains

Le revenu est l'élément qui donne le pouvoir d'achat. Il permet à tout individu de pouvoir satisfaire les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d'estime, les besoins d'appartenance, etc. 

L'objectif spécifique 3 de cette étude était d'identifier et de décrire l'impact du projet pipeline sur le revenu des riverains. Le tableau 6 illustre les variations observées sur les revenus des riverains.

Tableau 6 : Variations observées sur les revenus des riverains

Groupe

Revenu moyen avant le projet (F.CFA)

Revenu moyen après le projet (F.CFA)

Changement absolu

Pourcentage

Groupe riverain (120)

690.875

558.050

- 132.825

- 19

Dans ce tableau, il en ressort que le revenu moyen des riverains du pipeline a connu une baisse de 19%. 95% de riverains du pipeline estiment que la réduction des surfaces cultivées est la cause de la baisse des revenus et 5% estiment que la baisse des revenus est due à la vieillesse des plantations.

Les riverains du pipeline n'ont pas réinvesti leurs compensations dans l'agriculture. L'argent reçu par eux a plutôt servi pour les mariages, la construction des maisons, les soins de santé, etc. Cet argent leur a permis d'améliorer à court terme leur niveau de vie. Ce résultat confirme celui de Horta (2003). Cette dernière constatait déjà en 2003 que des populations mal préparées ont reçu des grandes sommes d'argent auxquelles elles ne sont pas habituées. Celles-ci, ajoute-elle, avaient pu augmenter leur train de vie pendant quelques temps et ensuite elles ont sombré dans la pauvreté.

Les principales sources de revenu des populations rurales de la province du centre sont entre autre la vente du cacao, la vente des cultures vivrières, la vente des cultures maraîchères, la vente du vin de palme ou de raphia et la vente des «bâtons de manioc». Le tableau 7 illustre les différentes variations intervenues dans les communautés riveraines du pipeline suite à l'installation de l'oléoduc.

Tableau 7 : Variations observées au niveau des sources de revenus moyens annuels

Sources de revenu

Revenu moyen annuel par riverain avant le projet pipeline (F.CFA)

Revenu moyen annuel par riverain après le projet pipeline (F.CFA)

Changement absolu

Pourcentage

Vente du cacao/café

Vente des cultures vivrières

Vente du vin de palme

Vente des cultures maraîchères

Revenu de la vente des bâtons de manioc

208.400

108.170

80.795

113.295

61.145

166.050

98.335

72.545

90.805

58.500

- 42.350

- 9.835

- 8.250

- 22.490

- 2.645

- 20

- 9

- 10

- 20

- 4

Les revenus de la vente de cacao et des cultures maraîchères ont subi une baisse importante (20%). Le cacaoyer est la culture qui a été la plus touchée dans le tracé du pipeline. Il est plus cultivé dans la province du Centre où il constitue la principale source de revenu des populations. La baisse des revenus de cacao s'expliquerait donc par la réduction des surfaces jadis exploitées. Même si certaines personnes ont replanté les cacaoyers, ces derniers ne sont pas encore entrés en production. Les bas fonds que les populations utilisaient pour le maraîchage en saison sèche ont été transformés soit en lacs ; soit tout simplement rendus inutilisables à cause de la remontée en surface des horizons de profondeur lors des travaux du pipeline. Actuellement la plupart des maraîchers ne font plus les cultures de contre saison. Cette situation expliquerait donc la baisse observée dans les revenus.

La baisse des revenus de la vente du vin de palme s'expliquerait par le fait que les populations de la province du Centre exploitent les palmiers « sauvages » pour extraire le vin de palme, or de nombreuses colonies de palmiers «sauvages» ont été détruites lors du passage du projet pipeline. L'étude révèle que 5 050 pieds de palmiers sauvages ont été détruits par le projet pipeline soit 35 Ha.

Le «bâton de manioc» est une denrée très sollicitée dans les marchés de la province du Centre et surtout dans les marchés de Yaoundé. A cet effet, dans les villages de nombreuses familles ont adopté l'activité de transformation du manioc en «bâton de manioc». Celle-ci, dans certaines familles, est la deuxième source de revenus. Elle va jusqu'à occuper la première place dans certains ménages où la femme est chef de ménage. La baisse des revenus observée serait due à la baisse de la production du manioc. Les ménages n'avaient plus d'espace pour coloniser et faire de nouvelles parcelles de manioc ; ce qui fait qu'aujourd'hui la production de manioc des riverains ne leur permet plus de transformer de grandes quantités de manioc en bâton pour vendre, sous peine que le ménage sombre dans la disette.

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