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Des représentations à  la pratique réflexive : pour une co-construction de la professionnalisation

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par Maguy LUCOT-MEUNIER
IFCS Lille - cadre de santé 2010
  

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III - CONSTRUCTION DES REPRESENTATIONS SOCIALES

Avec le recul de la théorie, ma recherche aura contribué à identifier de façon non exhaustive, le contenu des représentations des soignants. J'ai tenté une approche de leurs structures et des relations qui lient les éléments entre eux. J'ai signalé en première partie que j'avais éclairé cette approche par la lecture sur le thème des représentations. L'objet ici est de structurer ces apports théoriques autour de trois questions :

- Quelle est l'origine des représentations ?

- Quelle est leur structure ?

- Et comment évoluent-elles ?

Pour appréhender ces notions, je me suis aidée non seulement de D. Jodelet mais aussi de J.-C. Abric qui, dans ses recherches avec C. Flament, a beaucoup travaillé sur les mécanismes de transformation des représentations. Tous deux s'appuient sur les écrits de S. Moscovici quand ils abordent l'origine des représentations.

3.1/ Genèse des représentations sociales

Moscovici a décrit deux processus qui interviennent lors de la création les représentations sociales : l'objectivation et l'ancrage.

3.1.1/ L'objectivation

L'objectivation caractérise le passage du concept (ici la fonction de formateur, l'abstrait) à sa représentation c'est-à-dire un contenu et une structure compréhensible pour l'individu. Ce processus se divise lui-même en trois phases. La première est la « construction sélective » ou de décontextualisation. L'individu va sélectionner une partie des informations en fonction de critères culturels et va donc en éliminer certaines. Les éléments les plus résistants de la représentation sont alors dissociés du contexte qui leur a donné naissance, « acquérant ainsi une plus grande autonomie qui augmente leur possibilité d'utilisation pour l'individu. » (J.-C. Abric, 1994, p. 21).

La deuxième phase, la « schématisation structurante », va consister en la formation d'un modèle ou « noyau figuratif ». Les informations retenues s'organisent selon un agencement particulier des connaissances concernant cet objet, et notamment selon un noyau « simple, concret, imagé et cohérent avec la culture et les normes sociales ambiantes. » (M.-L. Rouquette, P. Rateau, 1998, p. 32). Ce noyau figuratif constitue une base forte de la représentation autour duquel sont retenus, catégorisés et interprétés les autres éléments de la représentation. Je reprendrais cette théorie du noyau figuratif ensuite par la théorie du noyau central de J.-C. Abric.

La communication et les contraintes liées à l'appartenance sociale des sujets ont un effet majeur sur ces deux phases.

« Enfin, la  dernière étape, celle de naturalisation a lieu quand les éléments du schéma figuratif sont presque physiquement perçus ou perceptibles par le sujet. » (N. Rousiau, C. Bonardi, 2001, p. 20).

J.-C. Abric montrera que ces trois phases ne sont pas nécessairement présentes lors de la construction d'une représentation mais que celle-ci puise largement dans le système de valeurs de l'individu.

3.1.2/ L'ancrage

L'ancrage complète le processus d'objectivation en enracinant la représentation et son objet dans l'espace social afin d'en faire un usage quotidien. Il permet d'intégrer ce que nous ne connaissons pas ou peu dans un cadre plus familier qui nous est propre, correspondant à notre système de valeurs déjà présent. W. Doise en propose une définition : « mettre un objet nouveau dans un cadre de référence bien connu pour pouvoir l'interpréter. » (W. Doise, 1996, p. 22).

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