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Des représentations à  la pratique réflexive : pour une co-construction de la professionnalisation

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par Maguy LUCOT-MEUNIER
IFCS Lille - cadre de santé 2010
  

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I - PETIT RECIT REFLEXIF

Quel parcours initiatique !

Le mémoire est presque terminé ! Qu'il est bon parfois de se poser et de regarder en arrière...

Après la réussite du concours cadre de santé, mon collègue, formateur chevronné, m'a régulièrement incitée à commencer quelques recherches sur un sujet éventuel que je souhaitais traiter dans mon mémoire. J'y avais donc réfléchi, trouvé quelques documentations, discuté. Puis, on nous demande d'écrire (enfin !) notre constat. Après quelques dizaines de versions, j'en arrive à un constat traitant de la perception du rôle du formateur. Finalement, il fût différent de ce que je pensais traiter quelques mois auparavant. Si je recherche la raison de ce changement, les remaniements successifs de l'écrit m'ont, dans le fond, emmener sur un terrain qui était plus ou moins toujours présent dans mon esprit, qui me tient à coeur, qui me guide dans la vie professionnelle.

La première idée se voulait finalement très cadrée, dans les clous comme on dit, pour faire bien. Mieux comprendre les autres et mieux se comprendre soi, base de relations de confiance, de partage et de projection vers l'avant. Voilà ce que m'a apporté non seulement ce travail mais aussi tout ce qui s'est passé autour : les démarches, les entretiens, les échanges avec mes pairs. Quels apprentissages !

Jamais je n'aurai pensé approfondir à ce point un concept sociologique tel que les représentations sociales. Jamais encore, je n'aurais imaginé qu'il puisse engendrer une réflexion si importante sur ma fonction de cadre de santé ou même mieux, qu'il puisse m'être aussi utile dans mes pratiques professionnelles.

Puis me voilà plongée dans les méandres complexes et sans fins de la professionnalisation ou de l'acquisition des compétences professionnelles. Certes, l'année préparatoire, l'année de faisant fonction font aborder ces concepts sur leur intérêt pour les étudiants bien-sûr, sur leur appropriation par le formateur quelques peu, sur le besoin de les approfondir à peine. Ces passages de vie professionnelle auront tout juste servi à alimenter des représentations de ces concepts solidement défendues par les éléments périphériques.

D'un constat et de nombreux échanges avec mes collègues étudiants cadres, je me pose une question : qu'est ce qui fait dire toutes ces choses aux personnes avec qui on travaille dans un même but, porter des soins aux patients. Qu'est ce qui leur fait dire « ils sont complètement à côté de la plaque », « ils ne sont pas dans la réalité » ? J'ai une réponse : la représentation sociale. La même que je me faisais sur ces concepts développés dans ce travail. J'oserai dire peu importe les concepts traités ici. S'il y a bien une chose que je retiens de ce parcours initiatique à la recherche, c'est que l'on n'apprend pas en lisant, en écoutant les paroles d'Hommes d'expériences ou plus cultivés. On ne réfléchit pas pour réfléchir. On apprend en faisant, en tâtonnant, en confrontant notre réflexion à celle des autres. Là interviennent le directeur de mémoire et la formatrice référente, même LES formatrices. Apporter des réponses sans les donner, tel a été leur rôle d'accompagnateur dont j'espère m'inspirer. On bouscule nos représentations en faisant. - Que de représentations j'ai bousculées ! - On réfléchit dans et sur l'action pour mieux se connaître soi et développer ce qui fait de nous un professionnel capable d'amélioration et d'ouverture.

Prendre conscience de ses représentations est un point de départ essentiel à toute progression sociale. Toute une vie ne sera pas suffisante à cela car les représentations, tenaces, nous guident, elles nous résistent. Ce travail ou devrais-je dire cette oeuvre (sans aller jusqu'à chef d'oeuvre !) m'a conforter dans mes valeurs. Nous ne pouvons forcer les gens à changer, le cadre de santé ne peut forcer les gens à changer, d'ailleurs, qui est-il pour prétendre à cela ? , mais nous pouvons nous regarder et plutôt que de dire « tu ne comprends pas ce que je veux dire », pourquoi ne pas se dire « comment je peux m'y prendre pour que tu comprennes ce que je veux dire ? » C'est dans la co-construction des relations avec l'autre que l'on parviendra à répondre à nos questions.

Travail de mémoire, passage obligatoire pour un diplôme, certes. Mais au-delà, c'est un moment de vie, d'apprentissage sur soi même, ses compréhensions, ses incompréhensions, ses doutes, ses fiertés. J'aurais pu aborder les compétences sous leur aspect individuel et collectif, les principes en long et en large des systèmes d'alternance, l'entretien d'explicitation, l'universitarisation des diplômes paramédicaux (s'il n'est pas encore un concept, il pourrait le devenir) ou encore la responsabilité dans la formation, le principe d'autonomie, le partenariat, l'accompagnement, la motivation, etc. j'en passe et des meilleures. Mais voilà tout l'intérêt de la méthode empirique. Elle m'a guidée, je me suis laissée entrainer tout en affirmant mon appétence pour telle ou telle voie. Peut-on m'en vouloir pour cela ? Comme je le disais, à la limite, peu importe des concepts traités, ce travail est soi sans aller de soi, il est réflexion sur la profession sans prétendre dévoiler toutes les réponses, il n'est pas tout mais que parti des compétences professionnelles du cadre de santé, en clair, il est la prémisse de l'acquisition d'une posture de praticienne réflexive visant à accompagner vers la voie difficile de la professionnalisation.

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