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Entre convention alpine, directive territoriale d'aménagement des Alpes du nord et initiatives locales, quelles perspectives pour les politiques foncières volontaristes dans les Alpes ?

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par Nathalie MOYON
Université Joseph Fourier (Grenoble1), Institut de Géographie Alpine - Master 2 Recherche Villes, Territoires et Durabilité 2009
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4.2. Trois stratégies cumulatives pour construire les conditions d'une maîtrise foncière

L'étude des trois terrains a montré des démarches différentes pour appréhender la question foncière dans les Alpes du Nord, et tenter d'y répondre. L'objectif poursuivi était de montrer l'utilisation de certains outils de maîtrise foncière dans un contexte local particulier, au service d'un projet précis. Ces démarches, dont l'efficacité ou le caractère novateur sont variables, servent quoiqu'il en soit une politique foncière volontariste, ou ses prémices, dans l'espace alpin.

De plus, les particularismes de chaque cas étudié pourraient laisser penser que les démarches entreprises ne sont pas -ou faiblement- transposables à d'autres territoires. Et pourtant au contraire, ces trois terrains sont représentatifs d'une grande partie du territoire des Alpes du Nord : un territoire plutôt riche et très attractif à Chamonix, un autre qui bénéficie d'une puissante structure d'accompagnement (un PNR), et enfin, un dernier territoire qui ne possède ni l'un ni l'autre et qui actionne ainsi d'autres leviers d'action pour travailler cette question foncière. Chacun dans leur style, ces territoires ont développé une démarche pour maîtriser le foncier (ou tenter de le faire) qui leur est propre.

Figure 31. Trois stratégies cumulatives vers une politique foncière volontariste, N. Moyon 2010

Bien qu'il n'y ait pas de recette miracle, les trois « stratégies » qui vont être déclinées servent cette quête de la maîtrise foncière dans les Alpes du Nord. Ces « stratégies » peuvent être cumulatives, elles s'inspirent des trois cas d'étude et du ressenti formulé sur les problèmes fonciers auprès des personnes rencontrées en entretien.

4.2.1. Construire du dialogue

Sur le thème du foncier peut-être plus que sur d'autres sujets de l'aménagement et du développement territorial, le dialogue, l'échange, la médiation révèlent les conflits. Autour du foncier se cristallise souvent une forme de lutte opposant les intérêts particuliers à l'intérêt général : une situation difficile que la collectivité est censée arbitrer. La sensibilisation permet de créer de l'échange mais pas nécessairement de résoudre les conflits : son action est intéressante car elle créée, comme le dialogue, des conditions favorables à l'élaboration d'un projet futur. Il ne s'agit donc pas de construire du dialogue pour le dialogue lui-même, mais plutôt pour construire du projet ou le mettre en oeuvre.

La stratégie est donc de construire un contexte favorable à une future politique foncière, de lui offrir en amont les conditions de sa réussite ; c'est un investissement dans l'immatériel. La sensibilisation, l'animation, l'accompagnement, la formation toutes ces démarches permettent d'impulser un dialogue territorial. Cette stratégie est très « utile » en vue de l'élaboration d'un PLU volontariste par exemple, qui portera des principes forts d'économie d'espace ou d'aménagement, des obligations d'insertion architecturale et paysagère, etc.

Les moyens pour servir cette stratégie du dialogue sont illimités, notamment en faisant intervenir des acteurs extérieurs au territoire : des artistes, des formateurs, et pourquoi pas des psychologues. L'intérêt est bien d'ouvrir un espace de dialogue, d'aménager un moment propice à celui-ci (un évènement festif par exemple) et de réussir à faire échanger entre eux tous les acteurs d'un même territoire, de l'élu à l'habitant, des techniciens aux agriculteurs, des associations locales aux prestataires extérieurs.

La sensibilisation, l'animation, l'accompagnement ou la formation sont nécessaires pour faire germer les idées, et donc construire les projets ou les mettre en oeuvre. Cependant, cette stratégie autour du dialogue n'a de sens que si elle s'inscrit dans un projet plus vaste, dans une démarche de projet de territoire. Le dialogue peut participer à la construction du projet dans un processus participatif ou itératif, mais également à sa réalisation.

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