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Analyse comparative des déterminants macro-économiques du risque financier: un essai d'investigation empirique

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par Didier Jol Kama N'GBESSO
Université d'Auvergne Clermont- Ferrand1, centre d'études et de recherches sur le développement international - Master 2 économie et développement international 2011
  

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Liste des acronymes

CA: Conseil d'Administration

FMI : Fonds Monétaire International

ICRG : International Country Risk of Guide PSR Group:

MCO : Moindres Carrés Ordinaires

OCDE: Organisation pour la Coopération et le Développement Economique

PIB: Produit Intérieur Brut

PHR : Pays à Hauts Revenus

PMFR : Pays à Moyens et Faibles Revenus

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine

WDI: World Development Indicator

Résumé

Notre objectif dans ce travail est d'analyser comparativement les déterminants macroéconomiques du risque financier dans les pays à hauts revenus et les pays à moyens et faibles revenus. Il s'agit donc d'étudier les déterminants macroéconomiques significatifs du risque financier et leurs effets dans ces deux catégories d'économies entre 1984 et 2009. Nos résultats montrent le rôle important que joue l'inflation sur le risque financier. En effet, l'inflation agit positivement sur le risque financier dans ces deux catégories de pays. Ce qui justifie la prépondérance des politiques anti-inflationnistes des banques centrales dans ces deux catégories d'économies. Le PIB a un impact négatif significatif sur le risque financier dans les deux catégories de pays, mais cet impact est pratiquement négligeable. Par contre, le compte de la balance courante et le taux de croissance du PIB ont des effets négatifs très importants sur le risque financier dans les deux catégories d'économies. Cela signifie que les économies de « petite taille » peuvent réduire leur risque financier en enregistrant des taux de croissance. Cela est ainsi plus favorable aux pays à moyens et faibles revenus. Le crédit domestique a un effet négatif sur le risque financier dans les pays à moyens et faibles revenus. Il reste sans effet sur les pays à hauts revenus. La hausse du taux d'intérêt est favorable aux pays à moyens et faibles revenus, alors que c'est le contraire dans les pays à hauts revenus. Globalement donc, les résultats montrent une vulnérabilité plus forte des variables macroéconomiques au risque financier dans les pays à hauts revenus que dans les pays à moyens et faibles revenus. Toutefois, il est judicieux d'analyser le seuil optimal de la balance courante au délà duquel les déséquilibres rendent très vulnérables les économies des différents pays au risque financier, comme l'a souligné Dullien & al. (2010).,

1. Introduction

Au cours des 3 dernières décennies, plusieurs pays développés et en développement ont entamé un processus de libéralisation de leur système financier (Demirgüç-Kunt A. & Detragiache E. (1998). Abaoub E. & al. (2008) affirment que cette libéralisation financière conduit à plus d'efficience et de rentabilité du système bancaire (Abaoub E. & al. 2008). McKinnon & Shaw (1973) ont critiqué l'intervention de l'Etat dans la sphère économique, qui tendrait selon eux, à décourager l'épargne et à affecter de manière non optimale les ressources. Ils ont ainsi proposé la libéralisation financière afin de stimuler le développement financier et la croissance économique de long terme. Cet appel a eu une forte incidence tant au niveau des États que celui des grandes institutions financières (FMI, Banque Mondiale, etc), et une importante vague de libéralisation financière aussi interne qu'externe commença à s'établir dans les pays développés (Etats-Unis d'Amérique, Grande Bretagne...) pour se propager par la suite aux pays émergents et ceux en voie de développement. Dès la fin des années 70, un certain nombre de pays d'Amérique Latine (Argentine, Chili, Uruguay) ont mis en place une politique de libéralisation financière. Des pays du Sud-Est asiatique tels que la Corée du Sud et le Taiwan ont commencé à libéraliser leurs systèmes financiers au début des années 80. Particulièrement, la libre circulation internationale des capitaux était perçue comme étant une solution pour collecter plus d'épargne, accroître les investissements et stimuler par la suite la croissance économique de long terme. Aizenman J. (2004) trouva un impact significatif de la libéralisation financière sur le produit intérieur brut par tête des pays en développement et ceux de l'OCDE.

Paradoxalement à cette libéralisation financière, l'on constate dans un certain nombre de pays des effondrements périodiques de leur taux de croissance et des crises financières considérables pendant la même période, crises dont les coûts macroéconomiques et sociaux ont été dévastateurs. Ce fut le cas de l'Argentine en 1980 et 1994, de la Thaïlande en 1983, du Venezuela en 1993, du Danemark en 1987, de la Finlande et de la Suède en 1991, du Mexique en 1992. Ceci met en évidence l'existence d'un clivage théorique et empirique entre deux courants idéologiques, le courant de la libéralisation financière qui défend son bien fondé en matière de croissance économique et le courant des crises bancaires qui stipule que la libéralisation financière a accentué l'exposition des banques face aux risques et a bouleversé les structures fortement supervisées par l'Etat. À cet égard, plusieurs études ont insisté sur le fait que la libéralisation financière a certainement été associée à une accélération de la croissance économique dans les pays libéralisés, mais qu'elle a également été associée à une

haute instabilité financière (Tornell, Westrmann et Martinez, 2004). Aussi le risque financier est d'autant plus important que la libéralisation financière est établie dans des pays qui ont un cadre institutionnel peu développé. Plusieurs études ont montré le rôle significatif des agrégats macro-économiques dans la survenue des crises financières. Les travaux pionniers de Demirguc-Kunt et Detragiache (1998 ; 2000, 2005), Hardy et Pazarbasioglu (1998) et Eichengreen et Arteta (2000) utilisant une approche de type logit, concluent à l'importance des variables macroéconomiques réelles et financières dans le déclenchement des crises à l'échelle internationale1. Les variables telles que le taux d'intérêt réel, les termes de l'échange, l'inflation, etc ont été citées dans diverses études empiriques comme étant à l'origine des crises financières et bancaires2.

Notre démarche vise ainsi, dans la continuité des travaux déjà réalisés, à appréhender les variables macroéconomiques à l'origine du risque financier. Cependant, nous apportons certaines particularités dans notre étude. Premièrement, la plupart des recherches précédentes se sont focalisées sur les déterminants des crises bancaires et financières. Elles se sont axées sur l'analyse des épisodes de crises financières qui ont eu lieu dans les différents pays au cours du temps. Elles ont ainsi privilégiée des analyses qualitatives de type logit binaire ou logit multinomial. Contrairement à toutes ces modèles, nous utilisons une approche plutôt quantitative. Nous utilisons comme variable dépendante pour notre analyse l'indicateur quantitatif du risque financier de l'ICRG. Deuxièmement, nous déterminons les variables macroéconomiques influençant le risque financier dans deux catégories distinctes de pays : les pays à hauts revenus possédant un système financier libéralisé et développé avec de fortes institutions et les pays à moyens et faibles revenus dotés généralement d'un système financier peu développé ou en cours de développement avec des institutions moins solides.

Notre objectif est donc d'analyser, dans une démarche empirique, les déterminants macroéconomiques du risque financier dans les pays à hauts et à faibles revenus. La deuxième partie de notre étude est consacré à la littérature théorique sur les risques financiers, la libéralisation financière et la gouvernance bancaire. La troisième partie consacre l'analyse empirique comparative des déterminants macroéconomiques du risque financier dans les pays à hauts revenus et les pays à moyens et faibles revenus, et nous finissons par la conclusion.

1 Angora & Tazari (2011)

2 Sur cette question, Demirguc-Kunt & Detragiache (1998 et 1999) et Noy (2004) affirment que la libéralisation du secteur financier local accroît la probabilité que le système bancaire devient de plus en plus fragile du à une suppression du plafonnement des taux d'intérêt, du contrôle des crédits et la réduction des barrières à l'entrée des banques étrangères.

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