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Problématique d'application de droit international de l'environnement dans la lutte contre les violations de droit de l'environnement par les groupes armés à l'est de la RD.Congo


par Carlos MUPILI KABYUMA
Université de Limoges - Master 2 2011
  

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§9.Les Firmes Multinationales

« L'indignation des Nations Unies et de la presse internationale face à l'exploitation meurtrière du coltan en RDC n'a jamais permis d'assainir la situation. Et pour cause, les coupables désignés ne sont pas ceux situés en amont du problème. Leurs activités, téléguidées, s'insèrent dans l'architecture d'une guerre géostratégique menée par des acteurs de marchés de coltan. Y distinguer, les points névralgiques revient à identifier les leviers par lesquels les Etats gouvernent le marché de l'or gris dans les circuits internationaux : HC Starck(Allemagne),Cabot. Corp., Kemet Corp., et Vishay Intertechnology (USA),ainsi que Sons of Gwalia (Australia) »51(*) En recherchant les causes latentes, il est découvert que cet appétit de pillage de richesses de la RDC par certaines firmes multinationales sans tenir compte de la morale date de longtemps. BARACYESTE explique brièvement que« La guerre du Zaïre (comme celle du Rwanda en 1990) fut présentée comme une guerre interne de libération politique pour destituer le Maréchal Mobutu. L'AMFI apporta un appui financier, militaire et logistique déterminant aux organisations coalisées au sein de l'AFDL. Aujourd'hui, les armes, les munitions, les équipements militaires sophistiqués qui ont permis à l'AFDL de remporter la victoire sur les Forces Armées Zaïroises, continuent d'être mis à la disposition du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi par la même société AMFI, dans la guerre que ces trois pays mènent au Congo(...)D'après les termes du pacte conclu, la révision du tracé des frontières en faveur du Rwanda et de l'Ouganda devait satisfaire simultanément ces deux pays, mais également les desseins géostratégiques de l'AMFI en plein accord avec les ambitions territoriales des régimes mono-éthniques et minoritaires en place à Kigali, Kampala et Bujumbura. D'où l'éclatement de la crise lorsque L.D.Kabila renvoie brutalement le contingent militaire rwandais présent au Congo-Kinshasa(...)L'étincelle qui a mis le feu aux poudres entre les rwandais et Kabila n'est pas due uniquement au comportement barbare des militaires rwandais du FPR mais aussi à la remise en cause des contrats signés avec le consortium Americano-canadien AMFI au profit de l'AAC d'Afrique du Sud. L'autre élément qui a contrarié les projets de l'AMFI en RDC serait due à la dénonciation du contrat de privatisation de la Gécamines que la société avait négocié en avril 1997 avec les nouvelles autorités congolaises de l'AFDL. (...)Cet accord de cession du géant de l'économie congolaise permettait à l'AMFI d'accélérer l'exécution de l'un de ses objectifs: le démembrement du pays et sa partition en de micros états antagonistes, démunis de moyens financiers et d'infrastructures économiques (sorte de balkanisation). Le plan de l'American Mineral Fields Incorporated (AMFI) ne s'est pas déroulé conformément à ses prévisions. »52(*)

Certes, rien ne fait plus l'ombre d'un doute sur la part active des multinationales dans les guerres récurrentes à l'est de la RDC. Plusieurs études, enquêtes et rapports des organisations officielles comme personnalités indépendantes à l'instar de GRAMA53(*), des Nations Unies54(*), Didier FAILLY55(*) et Emmanuel DEBELLEX 56(*)qui ont abouti à des conclusions allant au même sens  que ce sont les firmes multinationales susdites qui se constituent en réseau maffieux en utilisant les pays voisins(le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi) pour cueillir les mines et autres ressources en contre partie du sang et des viols de la population congolaise. Ainsi, la RDC est donc confrontée à une remise en cause globale de son existence même: dans son intégrité territoriale, par toutes les forces "visibles et invisibles" qui l'ont agressé depuis 1996, à partir du Burundi, du Rwanda et de l'Ouganda, et qui remettent en cause les frontières héritées de la colonisation, par la destruction des infrastructures économiques et environnementales et en tant que membre de l'ONU, parce que cette Organisation Mondiale ne condamne pas fermement les trois pays agresseurs, et ne prend aucune sanction contre ces multinationales dont d'ailleurs les adresses de leurs sièges administratifs se trouvent dans les pays qui sont des exemples de la démocratie et du respect de droit de l'homme .

* 51 Ecole de guerre économique, la guerre du coltan en RDC, mémoire de préparation en stratégie d'Intelligence Economique,2008

* 52 P.BARACYETSE,L'enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en RDC,1999,Buzet, Belgique

* 53 GRAMA Groupe de Recherche sur les activités minières en Afrique, la route commerciale du coltan congolais :une enquête. Montréal :Université du Quebec,mai2003

* 54 Nations Unies, nouveau rapport du groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la RDC. New York ;23octobre 2003

* 55 D.FAILLY .,Coltan :pour comprendre in l'annuaire des Grands lacs. Paris :Harmattan,2001.p.3à 27

* 56 E.DEBELLEX, « Du sang sur les portables ».Terra economica .Septembre 2006.24.p.6-8

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