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Impact du risque politique sur les investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne

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par Didier Jol Kama N'GBESSO
Université d'Auvergne Clermont- Ferrand1, centre d'études et de recherches sur le développement international - Master 2 2010
  

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Appel aux couturier(e)s volontaires

I.4.4 La gestion du risque politique dans les pays en développement 

Akoli K. J., Chrysostome E. et Sidibé H. (2005) proposent « un modèle de gestion du risque pays liés aux investissements directs étrangers dans les pays en développement »14(*). Ce modèle se compose de quatre composantes que ces auteurs appellent « stratégies de gestion de risque pays »:

1. Coentreprises internationales comme stratégie de gestion de risque pays.

Comme le soulignent Akoli & al. (2005), plusieurs chercheurs (Smiley, 1983; Harrigan, 1985; Contractor & Lorange, 1988; Tatoglu & Glaister, 1998; Demirbag & Mirza, 2000 ) ont insisté sur les coentreprises internationales comme stratégies de réduction de risque. Les coentreprises internationales sont « un choix stratégique pour faire face aux changements du marché » Porter & Fuller (1986) et Glaister & Buckley (1996) in Akoli & al. (2005). Elles permettent donc aux investisseurs étrangers de faire face aux menaces de leur environnement d'opération. Les coentreprises internationales constituent un excellent moyen de réduction du risque car elles permettent d'éviter certaines pressions gouvernementales, permettent de partager les coûts, d'obtenir une économie d'échelle, d'avoir accès aux connaissances permettant de mieux faire face aux exigences de l'environnement d'opération et de faciliter la diversification et la réduction de la compétition (Boateng & Glaister, 1999) in Akoli & al. (2005). Une partie des investissements de la coentreprise internationale appartiennent à des investisseurs nationaux si bien qu'il est difficile aux pouvoirs publics de nuire aux intérêts des investisseurs étrangers sans nuire aux intérêts des investisseurs nationaux. Cette image nationale lui permet également de réduire le niveau de risques courus en cas d'émeutes et de révoltes populaires. Akoli & al. (2005) prennent comme exemple le cas des évènements de 2004 en Côte d'Ivoire où les entreprises saccagées auraient épargnées si elles étaient en copropriété active avec des investisseurs nationaux. Ils indiquent cependant que la coentreprise ne doit être perçue que comme une solution partielle au risque pays car elle n'apparaît pas comme une solution efficace pour prévenir les risques d'attentats terroristes qui semblent pourtant devenir de plus en plus une composante importante sinon majeure du risque pays, en particulier dans certains endroits du monde.

2. Assurances et garanties comme stratégie de gestion de risque pays.

L'assurance et les garanties permettent de transférer les risques potentiels à d'autres organisations telles que les assureurs de créd 9its, mais aussi à certaines institutions internationales dont la vocation est entre autres de faciliter les échanges internationaux et le développement en fournissant une assistance à la gestion des risques (Akoli & al., 2005). L'un des plus grands assureurs du risque politique est l'Agence Multilatérale de garantie des investissements de la Banque Mondiale (MIGA)15(*). Un autre assureur majeur du risque politique est la U.S. Government's Overseas Private Investment Corporation (OPIC). Selon Jensen () les entreprises d'assurance catégorisent le risque politique en trois éléments : guerre et violence politique, expropriation/rupture de contrat, et transferts de risque/inconvertibilité16(*). Jensen attribue deux avantages distincts au risque politique : premièrement, les données d'assurance du risque politique permettent d'isoler les autres éléments des stratégies politiques des firmes ; deuxièmement la couverture d'assurance politique est payé pour des risques politiques spécifiques (violence, expropriation, transfert de risque). Il ajoute par ailleurs que malheureusement l'assurance du risque ne couvre pas tous les types de risque politique, et en plus cette couverture est très chère. Il revient aux entreprises qui investissent à l'étranger d'apprécier les risques auxquels ils s'exposent, puis ensuite de souscrire à une police qui leur offre une couverture efficace (Benmansour & Vadcar, 1995 in Akoli & al., 2005).

3. Politique d'éthique comme stratégie de gestion de risque pays.

L'entreprise doit mettre l'accent sur une plus grande responsabilité sociale c'est-à-dire sa contribution au bien-être de la communauté (Akoli & al., 2005). Cette contribution peut prendre la forme de nouveaux emplois créés, de soutien à la construction d'infrastructures ou à la réalisation de projet de développement à caractère communautaire, de création d'école, de réalisation de projets d'adduction d'eau potable, d'appui aux regroupements économiques et sociaux, d'adhésion à des projets de protection de l'environnement... . Plus l'investisseur étranger contribuera au bien-être des citoyens du pays d'accueil, plus le risque pays auquel il s'expose sera faible (Marois, 1990, Benmansour & Vadcar, 1995; Iankova & Katz, 2003) in Akoli & al. (2005).

4. Couverture de change comme stratégie de gestion de risque pays.

La couverture de risque de change consiste à réduire ou à annuler le risque lié à la position de change de l'entreprise en utilisant des techniques internes ou en transférant le risque à des organismes externes (banques et assurances) Akoli & al. (2005)17(*). En résumé, la couverture de change peut permettre une réduction de risque de change lié aux investissements directs étrangers.

* 14 Voir Akoli K. J., Chrysostome E. et Sidibé H. (2005). Ces auteurs ont élaboré un modèle de gestion du risque pays qui soit plus compatible avec les investissements directs étrangers à direction des pays en développement. Cependant, ils n'ont pas manqué de mentionner les méthodes « traditionnelles » de gestion du risque politique dans leur article. Leur tableau synthétisant les avantages et inconvénients des méthodes traditionnelles existantes de gestion du risque politique est présenté en annexe.

* 15 See Hansen (2004) for a brief overview and history of MIGA and OPIC.

* 16 Voir Jensen () pour plus de détails sur l'assurance du risque politique.

* 17 Akoli & al. (2005) retiennent comme techniques internes le choix de la monnaie de facturation, le termaillage, les clauses d'indexation rédigées, les compensations internes et les "swaps" ; ils retiennent comme techniques externes l'assurance change, la couverture sur le marché des changes à terme, la couverture sur le marché monétaire, les marchés d'options de devises et le marché des changes à terme avec participation.

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